La chasse aux œufs

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Ce récit a été écrit pour « À chacun son histoire », autrefois sur Doctissimo et maintenant sur le forum Slygame. Il faut s'inspirer d'une photo pour écrire un texte, celui-ci est d'abord publié anonymement.

La baronne de Vergniaud-Tolbiac avait convoqué son fils Enguerrand et l’attendait dans son boudoir.

— Mes hommages, madame ma mère, me fîtes-vous mander ?

— Oui, monsieur mon fils, je vous fis bander, pardon mander, lapsus linguae. Vous pourriez me faire la bise, comme quand vous étiez petit.

— Bien sûr, madame.

Enguerrand s’assit, la gouvernante lui servit une tasse de thé et des petits fours avant de s’éclipser pour suivre la conversation dans la pièce adjacente, l’oreille collée contre le mur.

— Mon cher fils Enguerrand, je dois vous parler. Je m’inquiète un peu à votre sujet, oh, rien de grave, rassurez-vous.

— Je vous écoute, madame.

— Voici. À votre âge, les jeunes hommes commencent à s’intéresser aux damoiselles et à les courtiser, vous voyez ce que je veux dire.

— Je vois. Vous savez que je consacre beaucoup de temps à mes études.

— Je sais, le précepteur m’en dit le plus grand bien, je vous félicite.

Enguerrand était pourtant fort peu studieux, il aimait mieux se branler devant le précepteur et le sucer pour que celui-ci fît des rapports élogieux à sa mère.

— Il n’y a pas que les choses sérieuses dans la vie, continua-t-elle, vous devriez aussi vous détendre. Puis-je vous poser une question très indiscrète, mon fils ?

— Bien sûr, madame.

— Je vous ai parlé une fois des petites graines que l’homme offre à sa femme pour avoir des enfants. Auriez-vous, comment dire, un souci pour les produire, un bout de peau trop étroit ? Si c’est le cas, vous pouvez en parler sans crainte au docteur Falguière. Il a l’habitude d’examiner monsieur votre père qui a malheureusement quelques défaillances.

Enguerrand fut surpris, ce n’était pas ce que disaient les jeunes palefreniers, ils prétendaient même que son père avait un plus gros vit que lui. Il en était très vexé. Le baron devait avoir pris cette excuse pour ne plus honorer la baronne.

— C’est donc pour cela que vous avez des amants, madame ma mère.

— Oui, mais ne l’ébruitez point.

— Je vous le promets, madame ma mère, cela restera entre nous. Quant à mon… je vous assure qu’il fonctionne parfaitement et que le docteur Falguière n’a nul besoin de me tripoter pour s’en assurer.

— À la bonne heure !

La baronne but une gorgée de thé.

— Mon fils, nous sommes invités le lundi de Pâques chez la marquise de Censier-Daubenton pour la chasse aux œufs.

— Tout va très bien.

— Vous connaissez sa fille, Aliénor.

C’était donc elle que sa mère lui promettait, se dit Enguerrand, une pimbêche inculte qui n’était pourtant pas trop mal foutue, pour autant qu’il pût en juger. Le frère jumeau d’Aliénor, Mayeul, était lui très bien foutu, la journée ne serait pas perdue.

— Une jeune fille charmante, dit Enguerrand.

— Oh, elle n’a pas inventé la poudre, mais ce n’est pas pour cela qu’on se marie. Je suis sûre qu’elle me fera de superbes petits-enfants.

— Je n’en doute pas une seconde, madame ma mère.

— Je vous prie donc d’être très poli avec elle et de lui faire la conversation. C’est important, nous pourrons rénover l’aile du château où vous habiterez, le marquis contribuera aux frais.

— Je comprends.

— La marquise m’a assuré qu’elle était vierge. Je vais vous donner des conseils pour la nuit de noces.

Enguerrand écouta distraitement, ce ne devait pas être plus difficile que d’enculer un palefrenier, pensa-t-il.

Enguerrand quitta sa mère et retourna dans ses appartements pour se branler en pensant à Mayeul, cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait plus vu à poil, sa queue devait avoir grossi. Ils pourraient peut-être se baigner dans l’étang du château s’il ne faisait pas trop froid.

Le lundi de Pâques, vers 11 heures, la chasse aux œufs commença dans les jardins du château de Censier-Daubenton. Enguerrand fit semblant de s’y intéresser tout en matant la braguette de Mayeul, soit il avait une grosse queue, soit son tailleur était habile. Heureusement, Aliénor avait trop chaud et elle s’assit à l’ombre d’un arbre. Son frère et son promis la rejoignirent. Un domestique étendit une nappe blanche sur l’herbe et la couvrit de porcelaine de Sèvres, d’argenterie, de cristal de Bohème et de victuailles pour accompagner les œufs, il sabra une bouteille de champagne.

Jeannot, un lapin blanc, vint se servir de carottes sur la nappe en laissant une crotte.

— Mademoiselle Aliénor, dit Enguerrand, comme il est mutin votre lapinou.

— N’est-ce pas, monsieur Enguerrand ? Je l’adore.

— C’est la nouvelle lubie de ma sœur, dit Mayeul, elle a déjà eu des chats, des chiens, des hamsters, un anaconda, un raton laveur et j’en passe. Elle les abandonne au bout d’un mois.

— Ne faites pas attention à mon frère, dit Aliénor, il est parfois un peu rustre.

— Au moins on pourra recycler Jeannot en civet.

— Tu es un monstre. Avez-vous aimé la chasse aux œufs, monsieur Enguerrand ?

— C’était passionnant, mademoiselle Aliénor.

— Tu veux dire que c’était chiant, fit Mayeul. Aliénor, tu ne voulais pas voir les œufs d’Enguerrand ?

— Vous les avez vus, dit celui-ci, et je les ai mangés.

— Pas ceux-ci, ceux que tu as dans ta culotte. Tes couilles.

— Mayeul, dit Aliénor, tu es insortable. Tu n’as pas à répéter nos conversations privées à mon invité.

— C’est pourtant ce que tu m’as dit.

— Excusez-moi, monsieur Enguerrand, je vais tout vous expliquer. J’ai une très bonne amie, mademoiselle Sixtine de Faidherbe-Chaligny, vous la voyez là-bas avec son fiancé, monsieur Hugues de La Tour-Maubourg. Elle m’a dit qu’il ne voulait pas se déshabiller devant elle avant la nuit de noces. Elle sera verte de jalousie si je lui dis que vous l’avez fait lors de notre première rencontre.

— Je comprends, dit Enguerrand en riant. N’avez-vous pas peur que j’abuse de la situation ?

— Mon frère nous accompagnera pour me chaperonner.

Les jeunes gens terminèrent le repas et se dirigèrent vers l’étang. Jeannot les suivit. Ils entrèrent dans une maisonnette où se cachaient les amants adultères. Après avoir regardé par la fenêtre que personne ne les avaient suivis, Enguerrand baissa sa culotte.

— Oh, monsieur Enguerrand, que votre vit est gros !

— Il bande, dit Mayeul, il faut bien pour qu’il dépose la petite graine.

— Je peux toucher ?

— Vous pouvez, mademoiselle Aliénor.

Elle approcha prudemment sa main, effleura le membre dressé et les œufs de Pâques.

— Je suis confuse, dit-elle, je vais arrêter, j’aurais peur qu’il y ait une émission incontrôlée de semence, je n’aimerais pas que vous soyez dans le péché par ma faute.

— Ne vous faites pas de souci pour cela, mademoiselle Aliénor.

— Je vous laisse, il faut que j’aille immédiatement tout raconter à Sixte.

Aliénor sortit de la maisonnette, suivie par Jeannot.

— Quelle calamité, une sœur, dit Mayeul. Et dire que tu vas devoir la marier…

— Rien ne presse, je n’ai pas dit à ma mère que je vais faire un long voyage avant, un très long voyage pour découvrir le monde. Aliénor se lassera avant que je revienne et en trouvera un autre.

— Excellente idée. Dis, c’est à cause d’elle que tu bandes ?

— Euh… non, c’est à cause de… de toi.

— C’est bien ce que je pensais, j’ai surpris une conversation de ta mère avec la mienne, elles pensent que tu es un…

— C’est exact, je suis un…

— Tu veux voir mes œufs ?

— Je n’osais pas te le demander.

— Tu pourras toucher, je ne crains pas les émissions incontrôlées de semence. On le fera ensemble ce voyage ? Ma mère veut que j’épouse mademoiselle Faustine de Faidherbe-Chaligny, la sœur de Sixte. Elle est aussi bête qu’Aliénor, en plus moche.

Mayeul baissa sa culotte.

— Oh, monsieur Mayeul, que votre vit est gros !

— C’est pour mieux te baiser, mon enfant !

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