7.

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La portière claque, Vincent soupire.

Tandis qu’il s’avance vers le banc, la capuche du sweat-shirt bordeaux s’abaisse, dévoilant une nuque brune aux cheveux court.

Perdu au loin, incapable de regarder, Vincent s’assoit sur le banc.

Les bruits de la ville forment une bulle autour d’eux.


— Finissons-en.

La voix de Naïm brise la solennité de l’instant.

Vincent inspire avec force.

— Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

Malgré la nervosité dans sa voix, Vincent reste immobile.

Naïm se tourne vers lui.

Ses yeux s’écarquillent, ses mâchoires se resserrent. Il souffle, se lèche les lèvres puis baisse la tête.

— Je ne sais pas, murmure Vincent.

Naïm soupire.

— Je n’ai aucune idée de comment réagir…

— Vous vous foutez de ma gueule ? J’ai stressé toute cette putain de journée pour vous entendre dire ça ?

Il secoue la tête, la prend dans ses mains.

— Et pourquoi vous portez son sweat préféré ?

Vincent fronce les sourcils.

— Son… préféré ?

Naïm soupire à nouveau. Ses mains claquent sur ses cuisses avant qu’il ne croise les bras.

— C’est le mien ! C’est moi qui le lui ai offert !

Le cœur de Vincent manque un battement.

Il tourne la tête vers Naïm. L’agacement dans sa voix ne colle pas avec ce qu’il lit sur son visage. Ses yeux verts brillent, ses tempes pulsent et son menton tremble.

— J’te demande pardon… je ne savais pas… je ne sais pas grand-chose…

Naïm lève les yeux vers Vincent. Il souffle en déliant ses bras.

— Vous ne pouviez pas savoir.

Les bruits de la ville imposent à nouveau quelques secondes de répit.


— J’aimais Léo… comme je n’ai jamais aimé personne…

Vincent dégluti. Ses mains serrent ses genoux.

— Ç’aurait fait cinq ans le vingt-et-un juin.

— Je me souviens de cette soirée.

Vincent lève la tête, se mord les lèvres.

— Je me souviens de l’expression de Léo quand il t’a présenté à moi.

Naïm l’observe.

Vincent hésite.

— Quand sa mère nous a quitté, je me suis juré de tout partager avec lui…

Naïm baisse la tête.

— Ce n’est pas de sa faute…

Vincent se tourne à son tour vers Naïm qui regarde ses mains jointes devant lui.

— Ma famille…

Il souffle, se frotte les yeux.

— J’ai demandé à Léo de garder le secret…

Un grondement inonde le ciel gris.


— J’ai été égoïste…

Vincent hoche la tête, fronce les sourcils.

Cette distance.

Cette colère.

Cette douleur.

Le poids du silence...

Vincent pose doucement une main sur son épaule.

Leurs regards se croisent.

Naïm lutte pour retenir un sanglot.

Vincent le remarque.

— Pardon, dit-il du bout des lèvres.

Le visage de Naïm se décompose.

Il lâche prise, dans ses bras.

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