Chapitre 9/2

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Angélique se trouvait, comme la veille, devant la maison des Guillou, cette fois-ci en compagnie du brigadier Arnaud Jaouen. Elle espérait que l’épisode avec les enfants en bas âge n’allait pas se reproduire et c’est avec un pincement au cœur qu’elle sonna. Il était hors de question de revivre la scène du dix-sept janvier, surtout avec Jaouen pour témoin.

Maryse Guillou vint lui ouvrir. Elle avait les yeux rougis et le visage défait. Au grand soulagement de la gendarme, elle semblait seule chez elle.

— Bonjour, leur dit-elle d’une voix faible. Je peux faire quelque chose pour vous ?

— Bonjour, Madame Guillou, nous avons un mandat de perquisition afin de rechercher ce que vous pourriez avoir comme arme de chasse.

La femme s’effaça pour les laisser entrer.

— Allez directement dans le garage, c’est là que je range mes deux fusils. Ça fait quelques semaines qu’ils n’ont pas servi. Mais pourquoi recherchez-vous des armes ? Alain n’est pas mort écrasé par un arbre qu’il coupait ? fit-elle, soudain paniquée.

— Nous allons nous asseoir, si vous voulez bien, lui dit Angélique en l’emmenant dans le salon. J’ai quelques informations à vous donner sur la mort de votre mari.

Arnaud Jaouen hésita entre aller dans le garage ou rester avec les deux femmes. Dans le doute, il se tint dans le couloir entre la pièce de vie et le garage.

Maryse Guillou était en pleurs. La gendarme demeura à ses côtés quelques minutes, le temps qu’elle se calme un peu.

— Dites-moi tout, lui enjoignit la veuve. Je veux tout savoir !

— Vous n’avez eu aucune information de la part des Tanguy depuis hier soir ? Vous n’avez pas lu les journaux ce matin ?

— Non, je ne lis pas les journaux, l’actualité est trop déprimante. Josiane est repartie vers 18 h et depuis je n’ai pas eu de nouvelle.

Étonnant, se dit Angélique. Jean-Michel Tanguy a été interrogé hier soir, sa femme n’a rien raconté à sa copine après ? Cela cachait-il quelque chose ? Puis, se rappelant ce qu’elle avait appris à la caserne sur les différents protagonistes, elle se dit que les Tanguy avaient dû être pris par leurs occupations familiales et leurs deux enfants de sept et dix ans. Elle se lança :

— L’autopsie réalisée, en fin d’après-midi, à Landerneau a montré que votre mari n’était pas mort écrasé, mais d’un coup de fusil tiré à bout portant. L’arbre n’est venu qu’après. C’est ce qu’il y avait aussi ce matin dans le Télégramme de Brest.

Maryse Guillou resta sans voix, comme terrassée par l’information, la tête dans les mains.

— Mais qui aurait bien pu lui en vouloir pour le tuer ? Il n’avait que des amis… balbutia-t-elle.

La vie est souvent bien plus complexe que ça, songea Angélique.

Semblant soudain comprendre la raison de la perquisition, la veuve leva les yeux vers la gendarme, au bord de la crise de nerfs :

— Vous n’imaginez tout de même pas qu’Alain pourrait avoir été tué avec l’un de mes fusils ? demanda-t-elle dans un sanglot.

Ainsi, c’était donc elle qui chassait et pas son mari, se dit Angélique.

— Nous n’imaginons rien, Madame, nous faisons juste une collecte d’armes de chasse dans un premier temps, répondit Angélique d’une voix neutre.

Puis, s’adressant au TCIP qui l’accompagnait :

— Arnaud, tu vas dans le garage, je ferai le tour de la maison en continuant à discuter avec madame Guillou pendant ce temps-là.

Le brigadier disparut dans le couloir, laissant les deux femmes seules.

— Comment vous sentez-vous ? s’enquît Angélique.

— C’est dur de me dire qu’il ne reviendra plus jamais dans la maison, avoua la veuve visiblement très affectée. Savoir que l’on ne s’est même pas fait un petit bisou avant qu’il parte hier matin, je n’arriverai jamais à me le pardonner.

— Je comprends, tenta de la consoler la gendarme.

— Non ! Vous ne pouvez pas comprendre. C’était un homme si gentil, si bon. Pourquoi quelqu’un aurait eu envie de le tuer ?

Maryse Guillou semblait totalement perdue.

— C’est ce que nous allons déterminer avec l’enquête qui débute. Vous auriez une idée de qui aurait pu lui en vouloir ?

— Non, personne ! affirma fortement la veuve.

Forcément, au moins son assassin, songea Angélique.

— Savez-vous si votre mari avait pris une assurance-vie et si oui, qui en sont les bénéficiaires ?

— Oh oui, je sais : il en a deux : une à la Macif et l’autre via son employeur. Je suis l’attributaire des deux. Alain voulait me mettre à l’abri du besoin s’il lui arrivait quelque chose. Qui aurait pensé qu’il serait tué comme ça ? éclata-t-elle en sanglots.

La veuve était donc la seule bénéficiaire des assurances-vie de la victime, élément intéressant, se dit Angélique. En plus, elle possède deux fusils de chasse…

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