Chapitre 10/2

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Quand Clélia Le Cleac’h laissa Morvan au lieu de coordination de l’enquête de voisinage, qui était un simple Kangoo équipé des moyens de liaison radio et téléphonique, celui-ci y retrouva sa collègue qui était arrivée sur place quelques minutes plus tôt.

— Alors, Angélique, la pêche a été bonne, ou plutôt devrais-je dire la chasse ? fit-il dans un sourire.

— Plutôt, oui, deux armes de chasse calibre 12, un Yildiz à canons superposés et un semi-automatique Pointer, il me semble.

— Ah, tous de calibre 12, apparemment… songea-t-il à voix haute.

— Pardon ? demanda l’adjudante interloquée.

— Ah oui ! On dirait bien que les quatre fusils découverts chez les Tanguy et les Guillou sont tous du même calibre, des calibres 12. Pourvu que les TCIP aient pensé à prendre aussi les boites de cartouches qu’ils ont pu trouver sur place.

Calibres identiques et la victime avait été tuée par du plomb et pas par une balle, impossible de reconnaître l’arme par les rayures venant du canon. La tâche se compliquait.

— Tu peux leur faire confiance pour ça, Paul. Ils connaissent leur boulot.

— Espérons qu’ils n’utilisent pas tous le même type de munitions.

— On va croiser les doigts.

Morvan sourit en lui montrant ses doigts croisés.

— Sinon, j’ai découvert un fait intéressant : la veuve Guillou est bénéficiaire des deux assurances vie de son mari : une via l’employeur, Naval Group et l’autre avec la Macif, annonça Angélique.

— Donc, en première approche, si on se demande à qui profite le crime, la réponse, c’est Maryse Guillou ?

— C’est ça, confirma-t-elle.

Voilà sans doute une piste de plus à creuser., songea le capitaine.

— De mon côté, j’ai un peu papoté avec Josiane Tanguy et il semble qu’Alain Guillou avait un certain succès auprès des femmes, ajouta-t-il.

— Ah bon ?

— Elle ne m’a pas dit qu’il était coureur, mais que c’était peut-être plutôt lié à ses fonctions syndicales au sein de son entreprise : il dirigeait une commission sur l’égalité hommes-femmes chez Naval Group et s’est occupé de quelques cas de discrimination.

— Ah ? C’est pas du succès alors, c’est simplement qu’il s’intéressait au statut des femmes dans le monde du travail ?

Parfois les hommes peuvent avoir des jugements hâtifs sur leurs congénères qui n’étaient pas tous de gros machos. Pourtant, Paul n’était pas de ceux-là, se dit-elle. Peut-être avait-il senti quelque chose ?

— Peut-être bien, oui. Je me dis quand même qu’elle avait l’air particulièrement affectée de la disparition de Guillou, s’ils n’étaient pas « juste des amis ».

— Oh, tu soupçonnes quelque chose entre eux ? s’interrogea-t-elle.

— J’en sais rien, il faudra creuser ça sans doute demain. Je l’ai convoquée pour un entretien formalisé dès neuf heures.

— De ton côté, j’ai mandé Josiane Tanguy à onze heures, comme on l’avait calé.

— Parfait. Il nous restera à faire venir le mari en début d’après-midi.

— Je passerai le voir en fin d'enquête de voisinage, acquiesça Angélique.

Le lendemain serait une grosse journée. Les interrogatoires étaient toujours une partie de leur boulot requérant beaucoup d’énergie parce qu’il fallait demeurer concentrés durant un long moment, à l’affut du moindre geste, de la plus insignifiante réaction. Comme son chef, elle adorait ça : le frisson de l’apparition de la vérité, quand on met un prévenu face à ses contradictions, devant des preuves irréfutables qu’il n’a plus d’autre choix que d’avouer.

Bientôt espérait-elle, même si la découverte de la victime datait d’à peine plus de vingt-quatre heures.

— Bon, Merlot, on en est où ? demanda Morvan en se tournant vers l’adjudant-chef.

Celui-ci était sorti de sa voiture lors de l’arrivée d’Angélique quelques minutes plus tôt, mais il n’en avait pas placé une depuis que le capitaine les avait rejoints.

— C’est parti depuis neuf heures avec huit militaires. Jusqu’à maintenant, on a bouclé le cercle des 300 mètres autour du lieu de découverte de la victime. On commence à élargir à 500 mètres.

— Combien de personnes vues ?

— Dix-huit, à cette heure-ci.

— Pas mal. Bon vous nous affectez des domiciles à Angélique et moi ?

Merlot saisit le plan de Dirinon qu’il avait agrandi et leur désigna à chacun un groupe de maisons.

— On se retrouve ici vers midi trente, lança le capitaine en partant vers les habitations qu’il devait aller interroger.

— Ça marche ! répondit Angélique en s’éloignant à son tour.

— Vous me faites un point téléphonique après chaque visite ? rappela Merlot.

— Mais oui, on fait comme on a dit ce matin, l’assura Morvan.

Angélique hocha la tête. Fallait bien qu’il serve à quelque chose, l’adjudant-chef…

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