Le Château Enchanté

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Il était une fois…

Il était une fois un château,

Situé sur de hauts plateaux,

Où vivait une princesse

Qui espérait sans cesse

Qu’un grand chevalier

Vienne la libérer

De son terrible geôlier :

Un dragon doré.

La Princesse

Belle comme le jour,

Elle inspirerait l’amour

Si quelqu’un daignait

Venir la visiter.

Ses yeux de velours

Tristes dans cette tour,

Ne faisaient que pleurer

L’hypothétique guerrier.

Tout à coup l’espoir !

Que peut-elle bien voir ?

Au prisme de ses larmes,

Elle voit un homme sans arme.

Le Chevalier

Horreur ! Mais qui est-ce ?

Que fait ce gringalet sur ce brave destrier ?

Il va se faire tailler en pièces !

Ô terrible espoir mensonger !

Le garçon s’avance,

Secoué dans tous les sens.

Son armure d’air vibrant,

Murmure un air reposant.

Son épée imaginaire

N’est qu’une vague idée

De l’esprit prolifère

Du jeune homme balloté.

Le Dragon

Ses écailles rutilantes

Reflètent le Soleil.

De sa position dominante

Son intérêt s’éveille.

« Qui donc me défie ?

Moi, le plus puissant.

Il ne tient pas à la vie,

Pour provoquer le plus grand.

Mes écailles me protègent

De ses attaques ridicules ;

Mon souffle désagrège

N’importe quel homoncule. »

Ses écailles glissent

D’un mouvement uniforme

Ses larges ailes lisses

Se tendent et prennent forme.

Le lézard volant fond sur sa proie,

Ses écailles brillent grâce au jour.

Le misérable s’effraie de ce qu’il voit,

Mais lève son bras et entame ce discours.

La Rencontre

« Hideuse créature,

Tu ne feras pas loi.

Tu es une moisissure

Écarte-toi de moi.

Je ne me soumettrai

En aucun cas.

Que tu sois seul ou bien milliers,

Ça ne changera pas.

Les écailles qui te constituent

Sont bien trop solides,

Chacun des coups reçus,

Serait comme dans le vide.

Tes serres acérées,

Exécutrice de tes pensées

Sont trop aiguisées

Pour qu’on puisse s’en protéger.

Alors sans armure et sans épée,

Je viens me présenter,

Mais je vais te terrasser

Serpent volant damné ! »

A ces mots, le dragon se sent de joie

Ouvre de larges serres, et tombe sur sa proie.

La Victoire du Dragon

« Humain idiot !

Tu t’es cru héros !

Par le défi

Tu es devenu charpie. »

La princesse horrifiée

Entend le dragon se rengorger,

Se flatter de sa supériorité,

Apprécier de son impitié.

« Il était faible c’est vrai,

Pourtant il m’aimait.

Sa plus grande qualité,

Est celle qui l’a tué :

Son courage de dire non

A toi, satané dragon !

Pourquoi l’avoir tué ?

Jamais il ne te menaçait.

Son trépas ne t’avance en rien,

Dans aucun de tes desseins. »

« Tu te trompes, ma dulcinée.

Dans ce château que j’ai érigé,

Je t’ai enfermé, sans hésiter.

Ta liberté risque de me tuer.

Ici tu es tranquille,

Handicapée, ma fille.

Tu ne peux passer les murs

Que j’ai placé, sois-en sûre. »

« Je n’ignore ma captivité,

Fruit de tes idées malsaines,

Bien que je ne comprenne

Ma dangerosité. »

« Je vais t’expliquer,

Tu dois m’écouter »

Le secret du dragon

« Sais-tu d’où naissent les humains ?

De mes écailles perdues en chemin.

Ils sont à moi, je fais la loi,

Ils doivent respecter leur roi.

Lorsqu’ils me fuient,

Ou pire, qu’ils deviennent mes ennemis,

Je me dois de les tuer ;

C’est la juste vérité.

Je ne sais pourquoi,

Mais ils n’aiment que toi.

Ils se réunissent sous ta bannière,

Puis crient de colère.

Ils m’arrachent d’autres écailles,

Me maltraitent, comme du bétail !

Pour me préserver,

Je t’ai donc capturée.

Depuis des années,

J’ai alors prospéré.

Les humains pour espérer,

Redeviennent mon bouclier.

Mais ceux qui se souviennent,

De ton nom, de ton identité,

Ils s’arrachent à mon corps en peine

Et osent m’attaquer !

Je ne dois pas perdre d’écaille,

Car plus j’en ai, plus je suis grand.

Plus je suis grand, plus je suis puissant,

Alors, je tyrannise cette marmaille. »

Le Château enchanté

La Princesse retourne,

Dans sa tour où elle tourne

En rond, comme la tour.

Elle prend sa forme, son contour.

Le Dragon rentre,

Il s’allonge dans son antre,

Sa peau mue, se forme, se déforme,

Jusqu’à ce que naisse un être informe.

Il court au loin, plein de chagrin,

Poussé par le souffle endormi du dragon d’airain.

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