Lettre à Charlotte
Charlotte,
Je n’aurais jamais cru t’écrire ça un jour. Vraiment. J’ai hésité longtemps, mais je n’arrive plus à me taire quand tout le monde voit la même chose et que toi, tu fais comme si de rien n’était.
Ce qui s’est passé est grave, oui. Mais ce que tu laisses entendre l’est tout autant. À force de silence, d’attitude floue, de ne rien dire clairement, tu donnes l’impression que tout est permis. Et je suis désolée, mais moi, je ne peux pas cautionner ça.
Tu sais très bien ce que les gens pensent. Tu sais très bien comment ça te fait passer. On ne peut pas jouer les victimes d’un côté et agir comme si tout était normal de l’autre. À un moment, il faut assumer l’image que l’on renvoie. Et cette image-là, elle est sale.
Je pensais te connaître. Je pensais que tu avais plus de dignité que ça. Aujourd’hui, j’ai surtout l’impression que tu te complais là-dedans, que tu acceptes ce regard, que tu l’entretiens presque. Et oui, je vais le dire : à force, tu fais pute. Pas parce que ça t’est arrivé, mais parce que tu refuses de réagir comme il faudrait.
Je ne t’écris pas pour te consoler. Je t’écris pour te dire que je ne veux plus être associée à ça. Réfléchis à ce que tu montres. Réfléchis à ce que tu détruis autour de toi.
Maryse

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