Chapitre 19

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Véerème-city, Véerème, Utopia, 7 juillet 1990, environ 14h30

Le général Timeli des forces armées Véerèmes était attendu au conseil stratégique, celui qui décidait de toutes les interventions militaires du pays. Le commandement spatial lui avait relayé l'appel à l'aide de la Résistance dalkienne.

Pour lui, il était nécessaire d'intervenir. Non pas parce qu'il avait l'âme d'un guerrier ou qu'il voulait anéantir le Efdéème, bien qu'il considérait personnellement que ce pays devait être rayé de la carte, pour toutes les atrocités qu'il avait commises ces dernières décennies, mais parce que si le Véerème n'agissait pas, quelle image enverrait-il au reste du monde ?

Le Véerème incarnait la liberté des peuples. Il symbolisait l'Espoir. Au cours de son histoire c'était lui qui avait aidé les Elfes de Pacifia à repousser les Elfes noirs hors de leurs frontières. C'était également lui qui était sorti grand vainqueur de la guerre qui l'avait opposé au Efdéème trente ans plus tôt et qui avait libéré Mélonia et Katalonia de l'occupation Efdéème.

Les deux seules choses que le Véerème ne pouvait pas se vanter, c'était d'être la nation humaine qui fit entrer Utopia dans l'ère de domination des Hommes et d'être les premiers à avoir envoyé des individus dans l'espace. Sur ces deux points, l'Empire les avait devancés. Cependant, ce dernier n'était aujourd'hui plus qu'une puissance régionale et une puissance militaire de second plan qui n'avait plus d'empire que le nom.

Le Véerème lui, était la deuxième puissance économique du monde derrière Pacifia et la deuxième puissance militaire derrière le Efdéème, bien que certains aimaient en discuter. Car l'une des seules choses qui faisaient pencher la balance côté Efdéème en termes de supériorité militaire, était la Force Ecarlate et son équipement ultra-sophistiqué. Même si, sur Utopia, le budget militaire n'entrait pas en compte pour le classement des puissances armées, si ce critère était appliqué, le Efdéème serait encore devant.

Timeli entra dans une immense salle éclairée par la lumière naturelle. Le sol et les murs étaient blanc. Au centre de cette pièce se trouvaient un bureau et trois sièges où étaient assis, Loreno Danys président de la République Véerème, un homme blanc, les cheveux et courts, presque aussi grand que l'homme assis sur sa droite, l'Amiral Stone, chef des armées, un homme d'une quarantaine d'années, les cheveux longs et grisonnants, barbu et à sa gauche, D'Leh Kenaud, ministre de la Défense, plus petit que les deux autres, vêtu d'un costume noir, les cheveux courts et noirs. Autour se trouvaient quelques haut gradés de l'armée et de la marine Véerème. Timeli devait leur faire part de la situation à Dalkia, du message et leur donner son propre avis.

— Monsieur le président, monsieur le ministre, Amiral... Hier, le commandement de nos forces spatiales a reçu une transmission venant d'une résistante dalkienne. Nous savons que Dalkia est occupé, depuis un peu plus de huit mois maintenant, par le Efdéème et que depuis sept mois, la Résistance lutte pour que Dalkia retrouve sa liberté. Jusque-là sans succès. Les MOCH que nous avons payés pour nous faire un compte rendu de la situation, ont engagé le combat aux côtés des résistants. Ils en appellent à nous, dit-il avant d'être interrompu par le ministre de la Défense.

— S'engager dans une guerre aujourd'hui et qui plus est, contre le Efdéème serait une catastrophe économique pour nous. Nous ne pouvons pas décider comme ça sur un simple coup de tête, d'intervenir dans des affaires qui ne concernent que les Dalkiens et les Efdéèmois.

— Je sais, continua Timeli. que vous voulez à tout prix éviter une nouvelle guerre contre le Efdéème, au vu des pertes et des sommes colossales que le dernier conflit a engendré. Mais je sais aussi que nos valeurs, nous obligent à intervenir. Nous sommes restés trop longtemps les bras croisés à ne rien faire et à fermer les yeux, pensant qu'un nouveau conflit contre le Efdéème n'aurait jamais lieu. Mais il semble inévitable. Et lorsqu'il commencera, et cela arrivera croyez-moi, le monde nous regardera et attendra qu'on lui montre la voie. Il en revient à vous de décider quelle image de notre nation nous voulons donner au monde et à nos descendants ? Vous monsieur le président : Est-ce que vous voulez être le président Véerèmois qui a fermé les yeux, condamnant des millions de personnes à passer sous le joug de notre ennemi, ou le président qui a dit non, le président qui, une fois encore à montré que le Véerème était présent, que le Véerème ne laisserait pas une puissance autoritaire telle que le Efdéème, répandre sa mainmise sur notre planète ?

Le discours était clair et assez inattendu. L'assemblée était touchée. Gagnée par ces mots. Timeli avait raison. Le Véerème devait agir.

— Général Timeli ! cria le ministre de la Défense, s'en est assez ! Vous vous adressez au président !

Le président de la République se leva, ignorant la remarque de Kenaud et après quelques secondes qui parurent une éternité pour Timeli, il prit enfin la parole.

— Pensez-vous que l'on puisse vaincre une fois encore le Efdéème ? demanda le président à l'Amiral Stone, surprenant D'Leh Kenaud.

— Nous pouvons en effet, répondit Stone. La qualité et la force de notre armée ne sont plus à démontrer. Cependant, je rejoins en partie Monsieur le Ministre de la Défense. Sur le plan financier, l'opération à Dalkia ne devrait pas nous coûter cher, mais si elle entraîne une guerre plus longue face au Efdéème, les dépenses risquent alors d'être colossales. Mais si vous voulez mon avis, je crois qu'il est nécessaire d'intervenir. Pour le bien de Dalkia et la paix du monde. Il est temps d'en finir avec le Efdéème.

— Alors nous interviendrons, dit le président convaincu.

Le ministre de la Défense se leva, visiblement en désaccord avec la décision du président.

— Mais enfin monsieur le président, réfléchissez ! Entrer en guerre aujourd'hui, nous mènerait à la catastrophe financière. La guerre sera longue. Nous nous remettons à peine de la dernière et...

— Dalkia nous a demandé notre aide, monsieur le ministre. Et le Véerème répondra, l'interrompit le président. On ne m'a pas élu pour que je laisse le Efdéème nourrir ses ambitions impérialistes, menaçant l'équilibre de notre monde. Si la guerre est inévitable alors nous nous préparerons, annonça-t-il avant de se tourner vers l'Amiral Stone toujours assis sur sa droite.

— Amiral, préparez la flotte et attendez les ordres. Quant à vous Général Timeli, dit-il en se tournant vers l'intéressé, vous prendrez le commandement de nos forces au sol.

— Oui Monsieur le président, répondit Timeli. Pourquoi ne demanderait-on pas l'aide de l'Empire ou du Nord-Véerème ?

— Ils ne viendront pas, répondit le président.

Pour cette opération, le Véerème ne pouvait pas compter sur ses alliés. Le Nord-Véerème ne disposait pas d'une grande armée. Militairement, il n'était lui aussi qu'une puissance régionale. Concernant l'Empire, il n'était pas interventionniste. Habilement ou pas, il avait réussi à éviter tous les conflits majeurs depuis la Révolution Impériale du siècle dernier. Lui non plus ne disposait pas d'une très grande armée. Bien que disposant d'une flotte militaire respectable, l'armée Impériale au sol, était comme celle du Nord-Véerème : limitée. Le Véerème serait donc seul.

Quelques heures plus tard le Véerème avait mis au point sa stratégie. Ils s'empareraient de la capitale, Seed, pour qu'officiellement Dalkia redevienne un état souverain.

Bien sûr il faudrait ensuite repousser la présence efdéème hors des frontières dalkiennes mais le Véerème avait bon espoir. Ce qu'il craignait en revanche, était ce qu'il se passerait ensuite, une fois tout cela terminé. Si le Véerème et la Résistance dalkienne parvenaient à repousser le Efdéème, il était fort à parier qu'il ne resterait pas sur cette défaite. La guerre serait très certainement inévitable comme le prévoyait le général Timeli.

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