La faucheuse…

2 minutes de lecture

Elle apparut dans la nuit,

Alors qu’il était étendu dans son lit,

Drapée d’un long habit

De moine noir

Avec sa capuche noire

Qui cachait sa tête de mort aux cavités noires

Dans sa main de squelette aux ongles effilés

Elle tenait sa faux et souriait avec méchanceté

De ses mâchoires sans peau, sans vie, édentées

« Bientôt, je viendrai te chercher, l’ami…

Hi ! Hi ! Hi ! »

Menaça-t-elle de sa voix écorchée, sortie

Tout droit de l’enfer

« Il n’y a rien à faire,

Ton tour est venu, mon frère… »

Terrorisé, il se mit à suffoquer

Il manquait littéralement d’air

Et il était sûr d’y passer

Il se dressa dans son lit, en ouvrant des yeux exorbités

Et tourna la tête de tous le côtés

À la recherche de la faucheuse édentée

Mais elle s’était volatilisée

En fait, il comprit qu’il avait rêvé

Du moins, c’était là sa pensée

Qui avait l’heur de le réconforter

Sans toutefois totalement le rassurer

L’idée de la mort, depuis longtemps déjà,

Il l’avait acceptée et se sentait prêt pour l’au-delà

Même si, bien sûr, rien ne lui prouvait une autre vie

Après celle-ci, malgré qu’il en avait la croyance, la foi

Mais qui, sur Terre, pouvait lui offrir une telle garantie ?

Absolument personne, ni aucune religion, selon lui

Oui, il avait la conviction d’être préparé

Pour affronter la mort, l’ultime départ

N’empêche qu’il ressentait une barre

Lui traverser la poitrine de part en part

Quand il pensait au glas quand il aura sonné

Ayant vu ses parents souffrir avant de trépasser,

Leurs derniers moments, sa mémoire, ayant marquée

Il était loin de se sentir enthousiasmé par cette idée

De vivre, comme eux, ces instants de « supplicié »

Et puis, cette notion

De sa propre disparition

Pour toujours

Lui jouait des tours

Car il ne parvenait pas à l’imaginer

Ni surtout à la digérer

Comment se figurer sa propre inexistence ?

Sa propre extinction ?

N’était-ce pas là de la pure science-fiction ?

Cet exercice se voulait si contraire, par essence,

Au principe même de l’instinct de conservation

Que pour sa pauvre et craintive imagination,

Cette hypothèse s’avérait hors de question

Quel affreuse réalité que ce néant après la vie

Quel incroyable mystère qu’incarne la vie

Heureusement, il croyait en une Entité créatrice éternelle

De même qu’en sa sublime âme immortelle

Ce qui lui meublait, au bout du compte, l’esprit

D’un doux espoir salvateur, béni, chéri

Mais il restait cependant

Qu’au fond de lui, il appréhendait

Plus que jamais

Ces derniers instants

De vie

Et ainsi

De sombrer dans l’oubli

De ce monde-ci

Qui serait fini

À l’infini

Pour lui

Disparu

Ni vu

Ni connu

Tu ne vis plus

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