Bien entendu
Tes cheveux que j'ai souhaité agripper, tes petits seins que j’ai devinés fermes, ton ventre plat que j’ai entrevu si désirable et sais fécond, ne souffriront plus du poids de mon regard malade.
Tu es libre, belle étrangère.
Bien entendu, que tu es libre.
Tu es tout aussi libre de me fixer que de détourner les yeux. Bien entendu !
Tu m’as captivé, séduit, accroché, scotché… je le répète, par ton simple regard.
Mais, évidemment, tu ne me dois rien.
J’ai été salace, vicieux et pervers. Mes pensées déjà guidées par la crainte de te perdre ?
Mais pour te perdre, encore aurait-il fallu que je puisse… t’avoir ?
Et n'ayant rien entrepris pour avoir le droit de l’espérer, pourquoi y prétendre ?
J’ai été prétentieux, arrogant et bien présomptueux d'imaginer que, par mon simple regard, j'eus été en mesure de te captiver, de t’émouvoir ou de t’enflammer.
D'aucuns diront que je me victimise mais j’ai tant et tant voulu croire... croire que… que je suis parti à la dérive.
On a voulu que je te désire et je t’ai désirée.
Certes, à l'excès.
On ne comptant rien me donner, mes bas instincts se sont dévoilés.
J’ai honte.
Pour simple plaidoirie, je suis un humain.
Dois-je avoir honte... de ne pas même trouver une excuse plus aboutie ?
Les instincts sont parfois primaires et les pensées peuvent de temps à autre s’avérer perverses.
C’est ainsi, et n’est-ce pas un simple fait inéluctable ?
Je n’ai pas honte.
Mes visions indignes sont miennes, dans toute leur simplicité, primaires donc, mais aussi bestiales et incontrôlables.
Voilà ce que je suis.
Un homme ordinaire, plus ou moins meilleur que certains, plus ou moins mauvais que d’autres.
Et bien entendu, je reprends le contrôle, car tout n’était que fugaces pensées ; et bien entendu, elles ne sont rien, rien que le reflet de ma déception et de mon désir primitif de vengance... pour t’avoir déjà perdue, pour m'avoir déjà abandonnée.
Qu’On ne me blâme pas, car je te libère et, bien entendu, jamais, belle inconnue, je ne m’imposerai à toi.

Annotations
Versions