Libération

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Et vous contez me suivre jusqu'au comme ça? Je ne l'ai pas votre dossier, vous perdez autant votre temps que moi ma patience. Au fait, vous savez ce qu'il se passe depuis tout à l'heure? Ça crie trop à mon gout, déjà que je dois les côtoyer...

Une fuite dans un des locaux, je ne sais pas si c'est du à une faille de sécurité ou une erreur humaine.

Dans les deux cas le problème est l'humain, soit ils sont pas foutus de garder un secret soit incapable de programmer. Tu sais de quel local ça vient précisément?

Non, ils m'ont envoyé chier, j'ai juste compris que ça venait du sous sol 3.

Là où ils font les fameux...

Une coupure de courant brutale les stoppa dans leur réflexion, le protocole de quarantaine se déclencha, verrouillant les portes, bloquant les ascenseurs, lâchant les volets derrière chaque fenêtres, allumant des sirènes de fond et des lumières rouges; le tout, comme à chaque fois, accompagnés de profonds soupirs blasés.

Ils me les brisent avec leur incompétence. C'est quoi leur problème à la fin? Cinq fois en un mois!

Je commence à m'inquiéter sur la sécurité de leur truc.

Ils ont perdu son contrôle pour toi?

Ça dépend déjà de quel local c'est.

Dans tous les cas c'est mauvais signe.

Où alors ils font juste des tests de sécurité pour vérifier qu'ils manipule correctement.

Il y a des choses qu'on devrait laisser, arrêter de vouloir tout contrôler. Surtout quand on est incompétents.

Lazare je sais que tu ne peux pas les encadrer mais...

C'est leur façon d'agir dans leur travail, toujours à croire qu'ils dominent tout qui m'insupporte, une seule erreur et certains peuvent nous condamner.

Lucien sourit gêné, il savait qu'il avait raison, la peur le plongeait souvent dans le déni, mais ce jour là, elle le laissait affronter la réalité: ce n'était pas un exercice.

Mais c'est quoi ce bordel?!

Tu as des nouvelles?

Ils nous vire. Faut qu'on rentre chez nous et qu'on se confine, ils ont vraiment merdé en bas et condamné tout le bâtiment.

On va devoir changer d'immeuble? A ce point?

Il parait.

On ne risque rien?

Moi je vois juste qu'on va encore perdre des journées de taff à cause d'eux et devoir délocaliser. C'est pourtant pas compliqué de fermer une porte!

Tu ne crains pas qu'on soit touché par ce qui s'est échappé?

Si ils nous laisse sortir c'est que ce n'est pas un microorganisme, ça doit être un gaz, un produit chimique, un truc dans le genre.

Pourquoi changer de lieu pour ça?

Car ce sont des abrutis et que si c'est un gaz par exemple il a du passer dans les canalisation et ils ne peuvent pas l'évacuer; si ils le laissent il risque de nous faire exploser et si ils l'évacuent dehors ça va tuer des passants. Ils ont déjà assez de problèmes juridiques en ce moment. Bon, on reprend en visio demain, en espérant retrouver un repère rapidement.

Lazare rentra chez lui, seul, il lança sa veste sur son canapé, enleva sa cravate qu'il avait mal mise comme tous les jours pour la poser sur la commode, alluma sa machine à café sans être convaincu d'aimer totalement ça, mais il en avait besoin pour finir ses recherches. Il n'avait personne, mais beaucoup de curiosité. Ses soirées étaient résumées à soit une tasse de café devant l'ordinateur à parcourir plusieurs sites ou à regarder des séries de survies.

Lucien lui rentra au près de sa femme, elle l'accueilli chaleureusement avec son doux sourire, il l'embrassa en lui demandant comment ça allait, la regarder lui enlevait tout le stress de sa journée. Il alla ensuite prendre dans ses bras Morgane sa fille et écouter ce qu'elle avait appris dans la journée. Diane lui parla d'une de ses patientes, elle débutait une grossesse et cela la rendait très heureuse et fière car elle avait eu du mal pendant deux ans à tomber enceinte. Lucien repensa au jour où il avait appris pour l'existence de Morgane, la souleva sur ses épaules et joua avec elle jusqu'au repas.

Ils avaient des vies, visions et réflexions opposées, mais Lazare et Lucien était amis un peu malgré eux depuis la fac. Ils avaient finit ensemble dans un travaux de groupe et étaient restés à côtés après, ne connaissant personne d'autres. Ils sont complétaient très bien et ne se disputaient pas, pas entre eux en tout cas.

Ils s'endormirent chacun chez eux, tendus malgré les messages du travail visant à les rassurer. Lazare se réveilla très tôt encore une fois, resta dans le noir, déjeuna en fixant le vide et jeta un coup d'oeil aux nouvelles. Le journal parlait d'une faille de sécurité dans sa boite, un piratage informatique qui aurait permis d'ouvrir à distance un coffre. Rien de grave il se dit, il avait du se tromper dans son ressentit, le déménagement était surement pour protéger les coffres forts pleins de réserves financières; comme il y a cinq ans d'après les archives. Lucien lui, n'était toujours pas rassuré, il le cacha à sa femme, déposa sa fille à l'école entendit que d'une oreille qu'une baby sitter devait aller la chercher ce soir et alla chez son ami.

On avait dit visio.

Toujours aussi social toi. Tu as vu pour l'entreprise?

Oui, je te l'avais dit qu'ils étaient incapables.

Ils continuèrent leur travail, Lucien soucieux mais consciencieux, Lazare rêveurs, blasé de ses tâches. Ils furent interrompus par Diane qui l'appela en panique.

Qu'est ce qu'il se passe? ... quoi? ... tu es sérieuse? ... non non ne t'en fait pas je suis chez Lazare. ... oui heureusement. ... ha ce soir oui reste prudente.

Lazare le fixa, il n'aimait pas poser les questions avec les mots, sauf lorsqu'elles comprenaient des insultes dedans.

Nos locaux ont brulé, fuite de gaz, elle avait peur que je m'y trouve.

Ils ont réussit à cramer ces trucs? pas mal.

Pas plus choqués que ça ils finirent; au moment de partir Lazare se dirigea dans sa cuisine et Lucien vers la porte, ils ne se disaient jamais au revoir. Il l'ouvrit et resta un instant sur le pallier, repris son souffle, recula, rentra en la claquant, sortit son portable et appela sa femme.

C'est ton tour d'être en panique? Qu'est ce que t'a?

Il lui fit signe de regarder dehors. Lazare alla à sa fenêtre et vu un groupe courir après un couple.

Les flics ne répondent pas.

Ils doivent être au courant ils étaient pleins de sang, encore un groupe de chieurs qui veut faire sa loi. Reste le temps qu'ils s'éloignent ou que tu ais une réponse. Ça va donner un sujet aux journalistes locaux, ils n'ont plus d'idées depuis une semaine.

Lucien alluma la télé et regarda les informations qui montraient le centre ville rempli de gens perdus, curieux, rassemblés autour de personnes blessées et d'autres agressives en train d'attaqués des passants.

Ca leur troueraient le cul de les aider?

Encore une manifestation qui a dérapé?

Surement. Ta femme va avoir du taff ce soir aux urgences.

Heureusement qu'on habite pas au centre ville, Morgane serait terrifiée. Je ne suis pas rassuré quand même.

Elle est gardée par qui?

J... J'étais trop dans mes pensées ce matin...

Et demander à Diane est impossible vu que son service va vite être pleins. Appelle chez toi un coup.

Tu n'es pas qu'un con tu sais.

On décrocha, le rassura et lui conseilla de rester où il était pour éviter de se retrouver coincé dans une foule.

Une certaines Lina, ado qui l'a déjà couché.

Elle va être payée à regarder ta télé, parfois je me dis qu'on a vraiment fait trop d'études.

Ils entendirent plusieurs sirènes d'urgences passer, autant d'ambulances que de pompiers et policiers.

Sacré truc au centre ville. Content qu'on ait plus de locaux finalement, aller au taff au milieu des trucs cramés de la veille ça ne me met pas en joie.

Bon, je suppose que je dois te nourrir.

Tu suppose bien.

Quand il voulu de nouveau rentrer Lazare le retint en pointant les infos: les autorités conseillaient de rester chez soi, les agressions se répandaient très vite; Lina accepta très vite de rester toute la nuit garder Morgane, sans oublier de préciser que ça allait être des heures payées, prétendant faire un prix en offrant une heure.

Tu peux dormir dans la baignoire, sur le canapé ou dans le bureau sur un lit gonflable au choix.

Va vider tes poumons.

Il lui lança une couverture et partit se coucher le laissant gonfler lentement.

Le lendemain, une voiture était retournée dans la rue et brulait encore, des voisins partaient avec des sacs, la police continuait de passer à toute allure, les infos montraient pleins de scènes de violences et le sang pleins les rues.

Lina ne répond pas.

Elle doit encore pioncer. T'as des nouvelles de Diane?

J'essaye. ... Calme toi. Explique moi clairement. .... Et tu es où là. ... ok je viens te chercher. ... je ne vais pas te laisser coincer avec des malades! enfin pas des comme ça! ... d...d'accord, rappelles moi vite.

Ils ont reçu des gens toute la nuit, Ils avaient des blessures des griffures, coups et morsures.

Morsures? Ils sont ravagés les gens.

Tous ceux attaqués par morsures ont eut les veines noires autour de la blessures, des hallucinations, délires, fièvres, convulsions dans certains cas. Ils ont finit soit dans un état second à devenir parano, à courir dans tous les sens, à se prendre des murs, à crier avec les yeux gris; soit dans un coma radical avec les iris toutes pales soit avec les regards assombris à attaquer le personnel. Elle et son équipe sont coincés dans une salle d'opération en attendant qu'ils se calment. Elle dit que je ne peux pas approcher l'hôpital qu'il y a trop de fourgons.

Tu crois que nos boulets auraient pu laisser s'échapper une drogue ou un gaz?

Espérons que ça soit ça, que ça se calme vite.

Je vais remplir la baignoire en stock d'eau au cas ou.

Tu regardes trop de films de zombie ou d'apocalypse.

Et toi pas assez.

On frappa à la porte, des coups de panique avec des supplications. Lucien alla voir et Lazare prendre un pied de biche. Quand la porte s'ouvrit, une voisine entra en catastrophe en se tenant le cou.

Qu'est...

-Mon mari! il... il m'a attaqué!

Lucien regarda le cou ensanglanté et la rattrapa quand elle tourna de l'oeil.

Pose la sur le fauteuil.

Ils observèrent que ses veines devinrent noires et qu'elle tremblait en même temps que Diane rappelait et que la télé montrait une caméra de direct tombée après que les journalistes se soient fait attaquer.

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