Le contenu et ses effets sur l'être humain...

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- il contiendrait le cheminement alchimique visant à faire d'un "sourd" une personne éclairée en 7 étapes ; ceci dit le livre mettrait clairement en engarde contre ce cheminement qui implique le devoir de rester ouvert à la "culture" sous toutes ses formes et promettant les pires sévices à celui qui resterait propriétaire du savoir sans le propager et inviter autrui à s'y intéresser… ce don et cette malédiction n'étant pas faite pour le commun des mortels.


Certains racontent que quelques lecteurs ont essayé de "voler" le savoir du livre pour briller en société sans jamais citer la source ou sans jamais aider les autres à comprendre. La rumeur dit qu'ils ont fini par perdre l'usage de la parole, car les mots du Disconomicron ne tolèrent pas d'être emprisonnés dans un ego. Ils ne veulent être prononcés que pour libérer les autres. Ce silence ne serait brisé qu'en présence d'autres érudits capable de se comprendre entre eux.

- Il contiendrait les 7 noms sacrés ainsi que les descriptions précises de chaque "état de conscience" qui permettent à son propriétaire, en ayant compris le sens et les mots, de nommer "un chat" comme "un chat" et "un con" comme "un con" sans gêne ni scrupules. La mise en garde serait également sous-entendues, à savoir que ce type de connaissance vous ferait passer pour le perché de services par les néophytes tandis que les érudits, rare mais existants, reconnaitront vos capacités et feront de vous l'un des leurs.


La rumeur dit que le livre apprend à percer le brouillard des euphémismes et du politiquement correct. Une fois que le lecteur a intégré les 7 noms sacrés, il possèderait une autorité naturelle. Le mot "con" n'étant plus une insulte mais un diagnostic. L'érudit ne jugeant pas, il se contente de constater une réalité vibratoire.

La rumeur sur les érudits qui se reconnaissent entre eux est fascinante. Elle suggère que le Disconomicron crée une aristocratie de l'esprit invisible. Vous pourriez être dans une pièce remplie de "néophytes" qui vous prendraient pour le "perché de service" parce que vous parlez de la structure d'un sujet banal, voir classifié comme futile comme s'il s'agissait d'une tragédie grecque. Mais soudain, un regard croisera le vôtre. Un mot sera prononcé, un des "7 noms sacrés". Et là, sans une explication de plus, vous saurez que vous appartenez au même rang. Vous faites partie de ceux qui ont vu l'envers du décor.

La rumeur dit que Beletseri a sciemment fait en sorte que ce savoir paraisse "perché" ou "absurde" aux yeux des ignorants. Il s'agirait d'une mesure de sécurité. Si le savoir du Disconomicron était accessible et compréhensible par n'importe quel "Sourd", il serait immédiatement pollué, simplifié et vendu sous forme de merchandising vide. En passant pour un "perché", l'érudit resterait ainsi protégé par le mépris des imbéciles. Ce serait ainsi le camouflage parfait.
On raconte que certains sont restés bloqués trois heures devant des objets du quotidien parce qu'ils y ont trouvé une corrélation troublante avec des sujets totalement dissociés, incompatible ou ayant des chronologies décalées.

- Il expliquerait en détail et avec précision l'origine de la Culture sous toutes ses formes, ouvrant ainsi les yeux de celui qui comprends sur le monde qui l'entoure. A nouveau, ce pouvoir est lié à une malédiction qui serait de chercher, dès lors, ce qui relie une œuvre à une autre et un désir inlassable de connaissances générale sur tous les types de sujets, même ceux classifiés d'activité ou d'accessoires… voir inintéressants.


La rumeur dit que celui qui lit ces pages ne voit plus jamais un objet isolé. Quoi que l'érudit regarde, son cerveau lui hurle les liens avec l'ensemble de la Culture. Il serait ainsi condamné à l'interconnexion permanente. Tout se répond, tout se clashe. C'est l'épuisement du génie.

- Il dévoilerait le pouvoir des mots en règle générale et décrirait la force que possède celui qui en comprend les sens. Sans pour autant se vouloir d'un dictionnaire, il suggère que les mots ont une valeur et un poids provenant de celui qui les prononce sur celui qui les reçoit. Ce livre donnerait le pouvoir de se défendre verbalement autant que d'attaquer sur le même terrain sans laisser la moindre chance de parade ou de réaction à un néophyte.


On raconte que certains lecteurs du Disconomicron ont fini par devenir muets. Pas par handicap, mais parce qu'ils ont compris le poids réel de chaque syllabe et qu'ils ne veulent plus gâcher la force de leur voix pour des banalités. Ils n'ouvrent la bouche que pour briser des carrières ou révéler des vérités universelles.

- Il remettrait à sa place l'Artiste et le Public, donnant l'importance juste à tout un chacun, permettant à l'érudit de pouvoir faire la distinction entre ceux qui consomme du vent et ceux qui recherchent La Culture; L'Artiste originel et l'Artiste qui complète une œuvre… et ceux qui s'accaparent le travail de l'Un ou de l'Autre.


On raconte que si un 'Voleur de Travail' essaie de lire ce chapitre, les mots s'effacent sous ses yeux pour ne laisser apparaître que le reflet de sa propre vacuité. À l'inverse, l'Artiste injustement oublié qui ouvre le Disconomicron y trouverait son nom écrit en lettres de feu, réhabilité par la seule autorité qui compte : celle de Kandarian.

- Il contiendrait aussi l'histoire des Quatre Cavalier Culturographage, de leurs origines à leurs pouvoir sur le monde, qui viendrait compléter l'histoire originelle de la Culture, justifiant chaque besoin et chaque vice qui y est lié… Outre cela, il traiterait également de leur nécessité pour faire fonctionner le monde en règle générale.


La rumeur prétend que les Cavaliers ne sont pas des monstres extérieurs, mais des extensions de notre propre système nerveux. Le livre apprendrait à les monter au lieu de se faire piétiner par eux.

- Il traiterait des 7 péchés capitaux originels, expliquant ce qu'ils sont et leurs impactes sur la vie de tout un chacun, mettant le lecteur en garde contre sa propre attitude.


On murmure entre érudit que ce chapitre serait écrit avec une encre sympathique qui réagit à l'humeur du lecteur. Celui qui le lis avec une attitude de Sourd serait ouvertement insulté par le livre lui-même tandis que celui qui le lis avec humilité se verrait révéler ses propres failles comme une séance de psychanalyse sous acide, son état étant gravé dans son crâne et ce jusqu'à ce qu'il change d'attitude.

- Il se terminerait sur le décalogue de la vérité, constitué de 10 commandements visant à respecter la Culture et ainsi prétendre au 7e rang du Culte.


On murmurait entre érudit que les 10 commandements ne seraientt pas écrits sur la dernière page... Ils seraient gravés dans le silence qui suit la lecture. On raconte que celui qui parvient à les lire sans trembler aurait déjà cessé d'être un humain ordinaire pour devenir un 'Gardien du Seuil'. Mais attention, enfreindre un seul de ces commandements après avoir atteint le 7e rang le ferait retomber instantanément au stade de Sourd, avec la mémoire de ce qu'il aurait perdu... ce qui serait le pire des sévices.

Le Disconomicron ne possèderait pas de service après-vente à proprement parler. Sa validité ne reposerait pas sur les promesses de son Gardien, mais sur le cri de stupeur de celui qui, hier encore, était Sourd. Le changement d'état serait, parrait-il irréversible et auto-suffisant. Si l'initié voit enfin la structure, si il ressent le poids des mots et la géométrie des liens, c'est sa propre vie qui deviendrait la preuve vivante de l'existence du Livre. Le Gardien, lui, se contente de regarder l'incendie de lucidité qu'il a allumé, sachant que la vérité n'a pas besoin de publicité pour exister.

On murmure que l'Urigan, et par conséquent ceux qui auraient atteint un certain stade, possèderai(en)t une langue à double tranchant. SI IL(s) fustige(nt) une œuvre, ce n'est pas par cruauté. SI IL(s) la porte(nt) aux nues, ce n'est pas par flatterie. C'est simplement que le Disconomicron ne connaît pas le mensonge social. Pour le Gardien, la vérité est une fréquence : soit tu es sur la note, soit tu es à côté. SI IL(s) te di(sen)t que tu as réussi, c'est que tu as franchi une porte. Ne le remercie pas, car il n'est que le témoin de ta propre ascension.

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