27
Il s’écoula une semaine, pendant laquelle les héros apprirent à vivre en uniforme, avant qu’une puissante alarme retentisse à travers la base. Ils étaient à l’ordinaire quand ils levèrent tous la tête, avant de tous dévisager Axel qui, le visage fermé, fixait son assiette. Wolfgang finit par demander, une pointe d’anxiété dans la voix.
— C’est bien ce que je crois ?
Axel acquiesça d’un petit mouvement de tête. Il avait subitement la nausée. Mais il allait devoir ravaler son vomi très vite et se reprendre. Il posa les deux mains sur la table avant de s’exclamer.
— Enfilez vos oreillettes et foncez à l’héliport. Maintenant !
Ils se levèrent tous pour partir en courant, suivis de près par Axel, et se rendirent à l’héliport, où leu Vautour, Boeing-Bell V-22 Osprey de la première équipe, faisait tourner ses moteurs. Le général les y attendait, et quand ils furent à proximité, il les appela à lui avant de parler assez fort pour couvrir le bruit des moteurs.
— Bon, les enfants, on va faire simple. Goliath et sa bande ont attaqué la banque de France, dans Paris. Les forces armées en place ont reçu pour consigne de vous assister. Le Vautour va vous déposer pas loin, puis reviendra ici récupérer le piège pour Terraformer. Ce qui devrait prendre quarante-cinq minutes. Ça lui laisse beaucoup trop de temps pour détruire Paris. Il vous faudra trouver une solution. Vous aurez un briefing plus complet par transmissions pendant le vol. Embarquez.
Axel s’interposa.
— Écoutez-moi. Restez calmes, vous êtes largement capables. Et ne jouez pas aux héros. Respectez les stratégies qu’on a développées, d’accord ?
Ils acquiescèrent tous, et il s’écarta pour les laisser se diriger vers leur destin. Victorine vint l’enlacer.
— Ce serait quand même mieux avec toi…
Axel pinça les lèvres.
— Pas sûr…
— Hey, ton père ne t’avait pas dit de ne plus jamais douter de toi ?
Elle l’embrassa tendrement et reprit.
— Si seulement tu te voyais comme on te voit, tu n’hésiterais pas une seule seconde…
Axel lui sourit avant de lui embrasser le front.
— Fais attention, d’accord ?
Victorine opina du chef avant de rejoindre son équipe en rabattant son masque, et l’avion décolla alors qu’Axel allait rejoindre Henri dans le QG. Le vol dura dix minutes, pendant lesquelles les héros eurent un briefing plus poussé. Chacun d’entre eux était concentré et focalisé sur la mission à venir, prêt à se battre jusqu’au bout s’il le fallait. L’avion fit pivoter ses rotors au-dessus de Paris pour descendre à deux mètres du sol non loin de l’hôtel de Toulouse, alors que tout le monde alentour observait l’appareil avec espoir. Ils avaient reconnu l’engin de la FAMH et espéraient le retour des héros. Quand la FAIMH posa les pieds à terre et commença à s’avancer alors que l’engin volant redécollait, les acclamations fusèrent. Les jeunes héros s’approchèrent du cordon de police, et un gradé vint les trouver.
— Commissaire Glorieux. Putain, je suis vraiment heureux de voir des super héros en vrai !
Victorine lui sourit.
— On va faire ce qu’il faut. Mais, essayez d’éloigner encore plus les badauds. On ne peut pas risquer que Terraformer fasse s’effondrer tout l’arrondissement avec eux dans le lot.
— Oui, madame. Autre chose ?
Victorine pinça les lèvres.
— Non, ça ira. On va rentrer.
— Très bien.
Le groupe s’avança, franchissant le cordon de police alors que Wolfgang se transformait, avant de rentrer par l’immense double porte en bois de la banque de France. Pendant quelques secondes, il ne se passa rien, puis, subitement, une explosion arracha la porte qui alla s’écraser contre les voitures en laissant sortir un nuage de flammes tandis que Clarice s’envolait, Terraformer captif de ses serres. Le combat venait de commencer.

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