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Lycan galopait à travers les rues de Paris. Il avait flairé la piste de Spike et comptait bien s’en occuper dans les plus brefs délais. Mais un détail accaparait son esprit. Il était certain d’avoir vu Axel tituber quand il était parti. Non, ça devait être son esprit qui lui jouait des tours. Axel était le Dragon Rouge, l’homme assez puissant pour raser une ville, rien ne peut le mettre à terre. Il était perdu dans ses pensées quand il bifurqua à l’angle d’une rue avant d’émettre un glapissement de douleur tout en se jetant derrière un bus. Quand il fut à l’abri, il regarda son flanc droit, dans lequel étaient plantés trois dards osseux. Ce n’était pas très profond, deux ou trois centimètres seulement, mais il l’avait senti passé. Il les retira prestement et regarda la chair bourgeonner autour des plaies quand une voix de femme s’éleva.

— Hey, le clébard ! Tu es mort ?

Spike ! Il l’avait trouvé ! Seulement, il était tellement perdu dans ses pensées qu’il avait été négligeant.

— Ouais, je suis mort. Mort de rire parce que tes dards n’ont fait que me chatouiller.

Donc, elle pouvait projeter ses excroissances osseuses ? Ça, ce n’était pas prévu… Spike lui répondit.

— Oh, si tu veux, pour les prochains, je viserais la tête, tu en dis quoi ?

Les babines de Lycan se retroussèrent alors qu’un grondement sourd s’élevait de sa gorge.

— Désolé, je n’ai pas une tête à piercing… Ça ne te dirait pas de te battre, plutôt que de jouer aux fléchettes ?

— Bah, viens, si tu l’oses…

Ce ton dédaigneux… Lycan serra les poings à s’en faire craquer les phalanges.

— Tu parles. Dès que je vais pointer ma truffe, tu vas envoyer la sauce comme un éjaculateur précoce.

— Promis que non !

Comme si une métaterroriste était digne de confiance… Mais bon, il n’avait pas le choix, il fallait bien qu’il sorte s’il voulait l’affronter. Il se décolla du bus et sortit de son couvert pour la découvrir là, au milieu du boulevard, fière, même arrogante. Des épieux osseux dépassaient de ses épaules, de ses coudes et de ses avant-bras alors qu’elle tenait des lames osseuses dans chaque main en souriant.

— Oh, bah c’est un bon toutou, ça… Tu viens donner la papatte ?

Lycan fronça les sourcils. Elle essayait de l’énerver pour qu’il perde son calme. Mais Axel l’avait bien entraîné, il ne se laisserait pas avoir aussi facilement. Il se mit en garde et bondit, vite imité par son adversaire. Celle-ci passa sous sa garde et lui entailla les abdominaux alors qu’il lui brisait les épieux osseux dépassant de ses épaules. Ils s’arrêtèrent tous deux en dérapant avant de se faire face. Lycan porta une main à sa plaie puis à ses yeux en grognant alors que Spike se moquait.

— Ça fait mal ? Parce que moi, je n’ai pas de terminaison nerveuse dans mes extensions. Tu peux les briser autant que tu veux, je ne ressens rien du tout.

— Alors, je briserais tes autres os. Le corps humain en a deux cent six, il y en a bien un que tu sentiras…

Il se remit en garde, les pieds bien ancrés dans le sol, et reprit.

— Allez, viens. Je t’attends !

Spike sourit, un sourire sadique et suffisant, avant de se mettre en route. Elle fonça sur lui et se faufila encore dans sa garde, et Lycan dû admettre qu’elle était plus rapide que lui. Pourtant, il ne lâcha pas l’affaire. Ses griffes fouettaient l’air, bloquant quelques attaques alors que son cuir se faisait lacérer tandis que des épieux sortaient ici et là du corps de son adversaire pour compléter mortellement ses mouvements. Et si Lycan était toujours vivant, c’était plus grâce à ses réflexes qu’à son gabarit de loup-garou. L’échange de coups durait depuis presque une minute quand Spike lui planta un épieu dans la cuisse. Par réflexe, Lycan la balaya d’un revers du bras et la projeta à quelques mètres de lui avant d’arracher le dard. Bordel, son gabarit, sa plus grande arme, était devenu un véritable handicap ! Spike se relevait quand il eut une révélation. Son gabarit. Il pouvait le faire changer à loisir. Mieux encore, quand il reprenait forme humaine, ses poils tombants pouvaient faire diversion. Un sourire carnassier s’afficha sur sa gueule, dévoilant ses crocs acérés alors que de la bave coulait en gouttes épaisses sur le sol alors qu’il faisait signe à Spike de revenir se battre. Celle-ci, le visage tuméfié, cracha du sang avant de partir en courant vers sa cible.

Alors qu’elle allait frapper à la tête de Lycan, celui-ci disparut dans une explosion de poils noirs, pour réapparaître sous sa forme humaine dans la seconde qui suivit. Son poing précéda son corps à travers le mur de poils pour frapper Spike à la mâchoire et l’obliger à reculer. Il ne s’arrêta pas pour autant, et devint un tourbillon de coups, comme Axel le lui avait appris. Les épieux osseux protégèrent Spike pendant quelques instants, mais très vite ils furent brisés plus vite qu’ils repoussaient, et la femme se retrouva à subir le courroux du loup-garou à forme humaine, jusqu’à ce que celui-ci la frappe à la tempe. Spike se raidit alors que ses yeux se révulsaient, et elle tomba face contre terre, inconsciente, alors que Lycan souriait.

— Ça, sale connasse, c’est la Keysi Method ! Si ça marche face à un loup-garou, ça marche face à un porc-épic !

Il sortit des menottes de sa ceinture tactique et lui attacha les poignets dans le dos avant d’activer ses transmissions.

— Hey, Axel, je viens de fumer Spike en Keysi et sous forme humaine ! Tu en dis quoi ? Aucune réponse ne lui parvint, aussi relança-t-il son appel.

— Axel ?

Ce fut le général qui lui répondit.

Le Dragon Rouge est à terre. On ne sait pas s’il est mort ou non, mais vous ne pouvez plus compter sur lui. Sa victoire contre Brasier lui a trop coûté.

Les yeux de Wolfgang s’ouvrirent grands de panique.

— Je vais le chercher.

La voix de Link le coupa.

Non ! On doit mener la mission à terme. Tu sais très bien que c’est ce qu’il nous dirait.

Mais…

Lycan, la cheffe, c’est moi. Je te donne un ordre. Utilise cette colère, mais fais-le avec intelligence, d’accord ?

Wolfgang afficha un masque de colère quand il grogna entre ses dents.

— Reçu…

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