15-Un an dans l’ombre

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Passer un an sans se montrer et rester dans l’ombre avait permis à Dylan de renforcer le projet de Lincole ainsi que les bureaux de l’agence.

Il en avait profité pour recruter plusieurs agents assassins ainsi que des mages que le vieux avait conseillés à Dylan. Ce vieux avait même fini par prendre ses aises, mais Dylan ne pouvait ignorer que son agilité au combat, malgré son âge, était plus que remarquable, ainsi qu’utile pour ses hommes qui, grâce à lui, s’étaient améliorés dans l’art du combat rapproché.

— Bon, ton rapport ?

— Rhooo, laisse-moi le temps de me lever…, soupira Alexandra, vautrée sur son lit.

— De plus, il est seulement 7 heures, tu abuses franchement !

Dylan lâcha un soupir avant de tourner le poignet et lancer un jet d’air qui la fit tomber du lit.

— OK, OK, j’arrive ! hurla-t-elle en lui balançant un oreiller alors qu’il sortait de la pièce.

— Toujours aussi bruyante…

Matheo l’attendait à la sortie de sa chambre.

— Elle ressemble à ma mère…, souffla Dylan.

— Je ne sais pas comment ça peut être ta grande sœur, franchement.

— Je ne sais pas non plus.

Elle finit par sortir au bout d’une quinzaine de minutes, les cheveux complètement trempés, avec son uniforme dont le haut qu’elle avait attaché avec les manches à sa taille. Dylan et Matheo la regardaient de travers.

— Il fait chaud dans ton trou… franchement, quelle idée de faire ta base sous terre…

Matheo s’avança, confiant, avant de répondre :

— Elle est bien camouflée. De plus, il ne fait pas chaud, c’est toi qui n’es pas normale…

— Fais encore le malin et je te ramène en entraînement, Matheo, répliqua Alexandra.

— Calmez-vous… Matheo, arrête de la chercher, tu vas te plaindre encore une fois en sortant du ring.

Matheo souffla avant de les devancer.

— Vous n’êtes pas marrants.

Dylan avait fini par rejoindre son bureau en donnant les directives à Matheo avant qu’il s’en aille pour le siège de Lincole. Il se contentait de prendre les grosses décisions pour l’entreprise et avait laissé Matheo se charger du reste.

— Tu pars pour Milan ?

— Oui, répondit Alexandra en attrapant sa ceinture et son sabre.

Dylan se leva, attrapa son poignet et lui enfila un bracelet.

— J’ai mis de mon énergie, tu pourras utiliser l’énergie du feu.

Une légère lueur rouge se mit à scintiller sur la perle du bracelet quand elle le toucha.

— Même sans pouvoir, je peux me débrouiller, Dylan.

— Je sais, mais il s’agit d’Isac, cela me rassurerait que tu le portes.

Alexandra lui tapota l’épaule.

— Je le garderai alors.

Elle le salua de la main avant de sortir rejoindre son unité. Dylan l’observa d’en haut donner ses ordres. Elle se retourna avant de monter sur sa moto à son tour et le salua d’en bas, il lui rendit son salut.

— Lucian a fini de faire livrer les derniers chars et drones, et il t’informe que le vice-président a de nouveau insisté pour te rencontrer.

— Il me demande de m’occuper d’Isac et en plus il met un coup de pression…

— Cela fait plus d’un an, j’aurais tout autant été frustré qu’aucun retour ne lui ait été fait, souffla Matheo à travers le téléphone.

— J’enverrai les derniers renseignements… malheureusement, il se fait tout petit depuis le début d’année, je m’en doutais vu la situation et le vacarme au bar de Bryan…

— Alexandra continue de fouiller… ?

— Oui…

Un silence s’installa.

— J’ai peur qu’il finisse par la piéger.

— Tu crois sérieusement qu’il pourra faire quoi que ce soit ?

Il marqua une pause.

— De plus, s’il ose, il sait très bien ce qui l’attendra.

— J’espère qu’elle ne craint rien alors…

— Mais je rêve ou mon meilleur ami s’inquiète pour ma sœur ? ricana Dylan.

— Dis pas n’importe quoi… s’il lui arrive quelque chose, je devrais subir ton courroux.

— Effectivement.

La suite de l’appel se conclut par quelques instructions données par Dylan.

— Tu es prêt pour demain… ?

— Oui, répondit Dylan sans détour.

— Je n'en doute pas, un an que t’es dans l’attente.

— J’aurai ce que je cherche cette fois…

— Je n'en doute pas, dit Matheo en raccrochant.

La journée passa plutôt vite et le lendemain arriva.

Eric arriva et ouvrit la porte de la voiture à Dylan.

— Pour les prochains jours, je prendrai une voiture. Trouve-moi donc une voiture plutôt discrète et simple, ainsi qu’un coffre assez large pour y ajouter une cage pour Oscar ainsi que le nécessaire pour un chien.

— Tu vas ramener Oscar avec toi ?

— Oui, je ne le laisserai pas seul ici.

— Un logement non loin du centre Saint-Laurent aussi.

— Ok, répondit Eric, tout autant discret ? reprit-il en démarrant.

Dylan hocha la tête en répondant :

— Exactement.

Eric appuya sur le panneau de commande, puis posa son doigt sur le lecteur d’empreinte digitale de la porte de sortie n°101 du hangar. Un déclic discret se fit entendre avant que l’imposante porte ne s’ouvre lentement, révélant une sortie parfaitement camouflée dans l’immense forêt qui se dessinait devant eux.

Une fois le véhicule engagé à l’extérieur, la porte se referma automatiquement derrière eux, effaçant toute trace de leur passage, et les voilà désormais en route en direction de Saint-Laurent.

Arrivé devant le grillage du centre de formation, Dylan ralentit légèrement sans trop savoir pourquoi. Une sensation étrange s’installa dans son ventre, une sorte de tension qu’il n’avait pas l’habitude de ressentir. Il fronça légèrement les sourcils, essayant de l’ignorer, puis jeta un rapide regard autour de lui.

Le lieu était calme, des élèves entraient et sortaient sans vraiment faire attention à ce qui les entourait.

Une fois le chauffeur parti, Dylan resta quelques secondes immobile avant de franchir le portail. Il s’engagea ensuite dans le grand couloir, suivant les pancartes qui indiquaient le bureau du directeur, avançant d’un pas calme comme à son habitude.

Alors qu’il avançait, Dylan remarqua rapidement une discussion un peu plus tendue que les autres. Il ralentit légèrement et posa son regard sur la scène.

Avant qu’il ne puisse vraiment analyser la situation, la jeune femme attrapa son bras, comme si c’était la première solution qui lui était venue.

Son regard resta posé sur elle quelques secondes de plus, ce visage lui disait quelque chose.

Il plissa légèrement les yeux, essayant de remettre un souvenir dessus, ce n’était pas seulement une impression vague, il était presque sûr de l’avoir déjà vue ailleurs.

— Tu dois m’accompagner mercredi… tu as oublié… ?

Dylan comprit immédiatement qu’elle improvisait.

Il jeta un bref regard vers le jeune homme, notant la tension dans sa posture, puis revint sur elle.

— Oui… c’est vrai.

Il n’ajouta rien de plus.

La voyant le dévisager en tenant encore fermement son bras, cela lui plut malgré lui. Mais lorsqu’il aperçut le directeur entrouvrir la porte, il lui demanda poliment de le lâcher, ce qu’elle fit immédiatement en s’excusant.

Il se reprit aussitôt avant d’entrer dans le bureau du directeur.

— Tu me revaudras ça.

Puis il entra.

— Je vous attendais, Monsieur Shelder.

— Bonjour, monsieur le directeur. Vous vous êtes déjà fait des amis ? demanda-t-il en refermant la porte derrière lui.

— Bof… j’ai davantage l’impression de rendre service que de réellement me faire des amis.

— Je suis certain que cela viendra très vite.

Dylan prit place sur la chaise face au bureau, observant le directeur sortir plusieurs documents d’une pochette soigneusement rangée.

— Excusez-moi, mais j’aurais une question… demanda Dylan.

Les mots de Matheo résonnèrent immédiatement dans son esprit : « Ne crée pas de problème… fais-toi discret. »

Trop tard pour ça, pensa-t-il.

— Je vous écoute, Adrien.

— La jeune fille qui se trouvait devant votre bureau…

— Sarah ?

À l’instant où le prénom fut prononcé, Dylan sentit une tension lui serrer la poitrine. Ce visage devant la porte lui revint en tête.

Une pointe de déception traversa son regard. Le nom ne correspondait pas. Peut-être l’avait-elle changé… pourtant, lors de leur échange, il n’avait rien ressenti de similaire à cette sensation troublante éprouvée dans le bus, il y a plus d’un an, qu’il ne pouvait oublier. Même lorsqu’elle lui avait pris le bras, rien. Et elle ne semblait pas l’avoir reconnu non plus.

Alors non… ce ne pouvait pas être elle.

— Pourquoi cela vous intéresse-t-il ?

— Elle m’a proposé de l’accompagner quelque part, sans vraiment préciser où.

— Étonnant… je pensais qu’elle aurait proposé à Theo.

— Theo ?

— Oui, son petit ami, il me semble…

Il marqua une pause avant d’ajouter :

— Quoiqu’ils aient plutôt l’air en froid ces derniers temps.

— Je vois… vous semblez bien informé, remarqua Dylan avec un léger détachement.

Le directeur esquissa un sourire en lui glissant deux fiches à remplir.

— Disons que j’observe beaucoup.

Il reprit ensuite, plus sérieusement :

— Il vous faudra également un certificat médical pour la pratique du sport… même si, à première vue, vous n’en avez pas vraiment besoin vu votre carrure.

Dylan signa rapidement le livret d’accueil ainsi que les différents documents, avant de les lui rendre.

— Vous pouvez maintenant rejoindre la salle C011 pour votre premier cours. Ensuite, une visite de l’établissement est prévue.

— Très bien, merci.

— Et je vous dis à mercredi.

— Que se passe-t-il mercredi ?

— L’événement régional des beaux-arts. Vous accompagnerez Sarah.

Dylan marqua un court silence avant de répondre :

— Très bien… à quelle heure ?

— À 9 heures, devant la grille principale.

Le directeur lui tendit la main.

— Bienvenue à Saint-Laurent.

Dylan se leva et la serra brièvement.

— Merci, monsieur.

Il quitta le bureau avec, malgré lui, un léger sourire au coin des lèvres.

— Eh bien… tu m’as l’air plutôt satisfait.

Dylan releva la tête et aperçut le jeune homme que Sarah semblait vouloir éviter plus tôt, ce fameux Theo.

— Ça dépend. Tu veux quelque chose ? répondit-il d’un ton froid.

« Ne crée pas de problème… »

La voix de Matheo semblait encore résonner dans son esprit, l’obligeant à contenir son irritation.

— Quelle est ta relation avec Sarah ?

— Ça ne te regarde pas.

— Si, justement. C’est ma copine.

Dylan laissa échapper un léger sourire, presque amusé.

— Ta copine ? Ce n’est pas vraiment l’impression qu’elle donnait tout à l’heure, quand elle s’est accrochée à moi en me demandant de l’accompagner.

Le visage de Theo se durcit immédiatement, sa colère prenant le dessus.

— Enculé, je vais te…

— Que comptiez-vous faire, jeune homme ?

Une femme d’un certain âge s’avança calmement, interrompant la tension naissante. Theo se contenta de lancer un regard noir à Dylan avant de s’éloigner sans un mot.

— Enchantée, je suis la femme du directeur et professeur de français.

— Enchanté, madame…

— Appelez-moi simplement Christelle.

— Très bien, enchanté, Christelle.

— Je vais vous accompagner jusqu’à la salle C011, puis vous faire visiter l’établissement.

Dylan ajusta son sac sur son épaule et la suivit à travers les couloirs. De grands cadres ornaient les murs, alternant avec des portes numérotées C009, C010, jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent devant la salle C011.

Christelle se tourna vers lui et ouvrit légèrement la porte.

— Vous pouvez entrer.

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