Chapitre 15 : Un plaisir oublié
Après un dîner en tête-à-tête, nous nous installons sur le canapé du salon. Le crépitement du feu se mêle aux chansons romantiques. Je tiens un verre de whisky, assise sur le côté, les jambes repliées, captivée par le récit de Jared.
Le reflet des flammes danse sur sa joue. Je porte une gorgée à mes lèvres et savoure les arômes de caramel blond et de sirop d’érable. Le liquide réchauffe ma gorge. J’effleure instinctivement le coussin en velours qui repose sur mes genoux, puis je pose mon verre sur le guéridon.
Je retire mes chaussures et me lève dans un geste lent pour me rapprocher de lui.
« Je veux me blottir contre toi… » Lui chuchotais-je tout bas.
Jared prend place sur la méridienne, le dos droit, les jambes légèrement entrouvertes pour que je glisse contre lui, une jambe relevée. Mon dos se pose contre son torse. Ses bras m’enlacent sous la poitrine ; je m’y love comme dans une couverture.
Le confort de l’instant et l’alcool m’appellent à fermer les yeux, mais je résiste. Ses doigts glissent dans mes cheveux, s’aventurent dans la courbe de mon cou à plusieurs reprises. Ici, aucune tension sexuelle : juste de la tendresse, des sentiments tus mais profondément ressentis.
Sa main guide mon visage vers lui. Ses yeux scintillent d'une douceur consumante quand il murmure :
« Qu’on me fasse endurer toutes les épreuves, pourvu qu’on ne t’enlève jamais à moi. »
Mes yeux s'embuent. Toute la force de son amour concentrée en une seule phrase. Je reprends, la gorge nouée :
« S’il t’arrivait malheur, je mourrais avec toi, car je sais que toi et moi, nous ne faisons plus qu’un… »
Je marque une pause, ma main posée sur son cœur.
« …Si tu meurs, je meurs. »
La profondeur de ces mots se peignent sur son visage. Il resserre sa main dans ma nuque et m’embrasse comme jamais il ne l’avait fait.
« Je t’aime. »
Un silence tremblant succède à ses mots. Ma main caresse sa joue avant que je réponde :
« Je t’aime plus encore. »
Ma poitrine se serre : mon cœur déborde d’un amour immense, mêlé à la peur de le perdre, à la douleur qu’inspire cette idée. Un mélange complexe, doux et amer.
Je me redresse et m’agenouille sur ses jambes, la pluie prête à tomber de mes yeux. Nos bouches se cherchent, se soudent comme si nos vies en dépendaient, le sel de mes larmes glissant de ma joue à nos lèvres.
La passion, autrefois torrent impétueux, se mue ce soir en murmure de pleine conscience. Le temps devient notre allié : nous savourons chaque contact, chaque baiser, chaque regard, rendant l’instant plus précieux encore.
Nos doigts s’entrelacent. Sans un mot, je l’entraîne vers notre chambre.
La porte s’ouvre sur la douce lueur des bougies parfumées d’ambre et de musc. Le lit, face à l’entrée, est drapé de housses taupe en coton égyptien. Sur la commode, des fleurs séchées insufflent une note bohème, et des esquisses ornent les murs d’une touche artistique. Le parquet sombre est frais sous mes pieds. La musique, dans son écho, résonne d’un volume parfait qui rythme nos mouvements.
Chaque seconde porte sa propre intensité. Face à face, nos regards se confondent, porteurs de mille déclarations silencieuses. Je défais un à un les boutons de sa chemise, dévoilant sa peau. Ma gorge se noue, comme si je le découvrais pour la première fois. Ses doigts effleurent mon menton avant de le lever vers lui, pour m’offrir un baiser aussi léger qu’une plume.
Les bretelles de ma robe cèdent sous un effleurement imperceptible ; elle se laisse choir avec grâce. Mon cœur s’emballe quand ses doigts caressent mes seins, tandis que sa chemise tombe en murmure. Je grave ma peau contre la sienne, ne laissant aucun espace vide. Il glisse son pantalon au sol dans un souffle silencieux et me soulève doucement pour m’allonger sur le matelas. Le tissu s’étire sur ma peau, ma tête s’enfonce lentement dans l’oreiller.
Il se place au-dessus de moi, l’avant-bras posé sur mon coussin, ses doigts caressant mes cheveux, son autre main m’effleurant la pommette. Je me love dans sa paume. Mes yeux lui disent « je t’aime » à chaque battement, sachant que ces mots restent insuffisants. Mon pouce effleure sa lèvre inférieure. J’approche son front du mien : je perçois nos cœurs battre à l’unisson. Un nouveau baiser, mais cette fois il chérit mon cou de ses lèvres, en dessinant chaque contour. Sa volonté de s’offrir à moi est palpable.
Sa route se poursuit le long de mon buste jusqu’à mon bas-ventre. Sa langue remonte ensuite, m’invitant à de nouveaux baisers. Mon ventre se contracte à chacun de ses passages. Il cultive la tension, attise ma frustration pour mieux nourrir mon empressement. Son souffle chaud caresse mon entre-jambes, glisse entre mes cuisses et provoque des contractions incontrôlables. Sa langue explore avec malice cette zone vulnérable, ce qui le fait sourire. J’agrippe les draps de désir quand enfin il s’offre à me goûter ; je laisse échapper un gémissement retenu. Ses gestes précis confirment son expérience : index et majeur s’unissent à sa pratique pour un plaisir décuplé. J’accueille chacun de ses mouvements dans des contorsions involontaires et des gémissements étouffés. Mes mains resserrent leur prise sur le tissu.
Alors que l’extase menace, il ralentit. Sa bouche retrace un circuit de baisers avant de revenir à la mienne dans une passion intense. Mes jambes s’écartent sous son ordre silencieux. Il guide son membre à l’entrée de mon intimité, l’enduisant doucement de son humidité.
Une pensée fugace me rappelle que je n’ai pas eu de rapports depuis presque deux ans : j’en ai oublié la sensation réelle.
Ses yeux me demandent la permission, qu’il obtient sans insister. Nos langues se mêlent, mes mains s’accrochent à son dos vaste et puissant. Le relief de ses muscles tendus est délicieux sous mes doigts. Je me cambre vers lui dans un cri lorsqu’il s’insère lentement, me laissant sentir chaque centimètre de son anatomie. Sa respiration se saccade. Je lis toute sa hâte de continuer dans son regard. Il engage alors une succession d’allers-retours, lents, frustrants et pourtant si délicieux. Il me remplit entièrement, comme la pièce manquante d’un puzzle unique.
Nos échanges de regards sont nombreux et fusionnels. Je l’aime davantage à chaque seconde, à chaque toucher, chaque baiser, chaque coup de rein. Je pourrais mourir de trop l’aimer. Le rythme s’accélère au tempo de nos respirations, mes gémissements trahissent le point de non-retour. Il s’insère plus profondément à chaque poussée, démontrant une puissance proche de l’extase. Nos corps ne font plus qu’un, synchronisés pour atteindre l’orgasme. Une décharge, un spasme, et un relâchement. Jared s’écroule sur moi, retenant partiellement son poids. Son visage se love dans mon cou, sa main posée contre mon épaule. Mes bras se resserrent autour de lui. Nous restons ainsi, haletants, nos corps soudés. Je ne veux pas qu’il se retire. Mes lèvres trouvent les siennes et brûlent d’une passion qui ne s’éteindra jamais.

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