Amour toujours

3 minutes de lecture

Imposture ? Je ne connais que ça ! Ma femme est une imposture, même je pourrais le dire sans exagérer, une imposture totale, digne d'une démocratie de droit, socialiste dans l'âme, hypocrite par nécessité, assistée sociale viscéralement, handicapée de l'intelligence, qui vénère la paresse comme un trésor national, lumière du monde... bon tu as compris que je parle de la France...

J'accuse ! Je dénonce ! Je m'indigne ! C'est un volement de l'innocence d'un homme bon et honnête. Voilà ! Tout est dit.

Hein ? C'est un peu court ? On pouvait dire, en somme... OK OK ! Je raconte !

Quand on s'est rencontré avec la Maryse, elle disait : "je t'aime et je t'aimerai toujours, t'es trop bô, mon Lorenzonounet !" avec des yeux de langouste avariée. Mais, j'étais pas dupe, tu penses. Pas un mec burné comme moi.

— On pourra baiser tous les jours ?

— Évidemment ! C'est l'amour fou !

— C'est sûr ? Nan parce que j'en ai connue qui...

— Puisque je te le dis ! Juré craché !

— Mmm...

Non, je n'étais point totalement convaincu. J'étais dubitativement dubitatif. En réalité, je me grattais les couilles en songeant (ça stimule l'hyppocampe).

— Dis la Maryse, flatte-moi.

— Hein ?

— Flatte-moi !

C'était un piège subtil pour la démasquer. Mais la bougresse, sans barguigner, pure Française, génétiquement modifiée par des années de monarchie absolue, courtisanerie française breveté, se mit en devoir de me satisfaire au-delà de toutes mes espérances.

— T'es bô Lorenzo ! Si bô que toutes les femmes se pâment pour toi !

— Ah... Certes. Ce n'est pas faux.

— Et au lit... Pfff ! Tu es le roi !

— Le meilleur ?

— Le meilleur ! C'est indiscutable.

— Meilleur que...

— Y a pas mieux ! Cherche pas.

C'est sûr, elle savait y faire. Bien que je ne sois pas sensible à la flatterie, il faut reconnaître que cela fait du bien à son homme. Surtout quand c'est vrai et frappé au coin du bon sens. Mais je n'étais pas encore convaincu.

— Tu simules avec moi, la Maryse ?

— Nan ! Jamais ! C'est trop... Enfin nous deux, c'est l'orgasme absolu.

— Mmm...

C'était un sans-faute pour elle. Mais je n'en avais point encore terminé. J'abattis mon atout :

— Tu me trouves intelligent ?

— Génial ! Tu es un génie ! Tu es trop fort !

— Ah... C'est sûr ?

— Mais oui ! Tu crois que je pourrais te mentir, les yeux dans les yeux ? Tu me prends pour une ministresse ? D'ailleurs, avec ton intelligence tu me démasquerais aussitôt !

— En effet. Me mentir serait pure folie.

En somme, je trouvais la Maryse fort acceptable, certes un peu bête, mais on n'a pas demandé aux femmes d'inventer l'eau tiède.

Et c'est ainsi, que je fus sadiquement imposturé ! Parce que maintenant si j'ai un besoin naturel de réconfort :

— N'y pense même pas, vicieux !

— Moi vicieux ?

— Tu es une queue ! Ton regard libidineux me dégoûte ! Tu es un #porc !

— J'ai rien fait !

— Tu sais que toute femme qui a eu un rapport sexuel peut revendiquer (à raison) le viol ?

— Nan...

— Si ! Et même l'intention concupiscente, suffit !

— La misère ! Mais dans quel monde vit-on ?

— Silence ! Je te préviens Lorenzo, je t'aurais prévenu !

Inutile de lui demander de me flatter, c'est pas en option.

— Va bosser, fainéant ! Arrête de jouer à la console ! Tu me fais honte Lorenzo ! Vivre aux crochets de ta femme... On est trop pauvre !

— On est Français, c'est normal, c'est le socialisme... C'est culturel...

— Pas toi ! Tu ne votes jamais, tu n'es pas vax ! Tu n'aimes pas la France !

— Peut-on aimer la France ? Raisonnablement ?

— Silence ! Anarchiste ! Terroriste !

Voilà comment on traite un honnête homme.

L'amour ? Il reste l'amour me direz-vous ?

Dites-le à ma femme, parce qu'elle s'est barrée la méchante.

— Lorenzo, je te quitte, j'ai pris un amant ! Voilà ! Tcho !

Sur le moment, j'étais heureux. Libéré, délivré... Je dansais comme une tarlouze... Mais quand j'ai vu qu'elle avait tout emporté, même mes slips... alors là... j'en ai chialé. C'était trop ! C'était abusé !

Alors vous vous demandez ce que je fis ? J'ai demandé une cellule de crise psychologique que j'attends toujours...

J'ai tenté ma chance sur Tinder : mais on me swipe à gauche tout le temps.

J'ai tenté d'émigrer... on m'a jeté en me traitant de "Français".

Voilà. Je suis un homme détruit.

J'en demandais pas beaucoup, je ne suis pas exigeant. Le strict minimum, la misère qu'on laisse aux Français, quoi. Mais c'était encore trop.

Maintenant, tous les jours, je tremble, parce que j'ai peur qu'elle revienne. Voyez-vous, c'est impossible qu'un mec puisse la supporter, elle flatte trop mal, et au lit... N'y compte pas cousin. Alors...

Bon, on sonne, je fais le mort. Je n'y suis pour personne !

Bzzzz !

Annotations

Vous aimez lire docno ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0