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J'aime tuer.

Et c'est chiant de vivre en 2021 et aimer tuer.

Quand j'étais petit, je m'amusais avec les insectes. Je les écrasais avec mes chaussures. Plus ils étaient gros, plus c'était rigolo. Je me souviens encore du craquement d'un gros scarabé que j'ai écrabouillé en sautant dessus à pieds joints. Quelle agréable sensation. Les vers de terre aussi y sont passés. Je commençais par les couper en deux, puis de manière très scolaire, je recoupais chaque partie en deux, et ainsi de suite, jusqu'à avoir plein de petits morceaux de vers de terre. Pour les escargots, j'utilisais un gros caillou. Et je tapais dessus jusqu'à avoir de la bouillie.

Un jour, mon père me parla de l'azote liquide. Quelle révolution se fut dans ma vie de tueur des bacs à sable. Je fis des pieds et des mains pour obtenir le précieux liquide. Je passais ensuite des heures à récupérer tout ce qui vivait dans le jardin. Et je les trempais un par un dans ce délicieux élixir de mort. Mes parents voyaient bien que quelque chose clochait chez moi, mais je pense qu'ils n'osaient pas s'avouer la vérité.

L'azote liquide, c'était bien. Mais à un moment, ça commençait à me lasser. J'avais besoin d'autre chose. La mort était certes spectaculaire mais et elle était trop brutale. Il n'y avait pas de souffrance. De même, les insectes et autres créatures du jardin n'étaient pas suffisants pour combler ma soif de meurtre. C'est à ce moment là que je décidais de passer aux petits animaux.

Le chat de la voisine fut mon premier essai. Un petit chat blanc et noir qui venait régulièrement réclamer à manger. Un jour, mes parents m'avaient lassé seul à la maison. Je fis entrer mon patient dans ma salle d'examen en l'attirant avec une boîte de thon. Une fois dans ma chambre, j'entrepris de tremper une patte avant de la bestiole dans l'azote liquide. C'était merveilleux. Le chat couinait et se débattait de toutes ses forces. Il me griffa à plusieurs reprises, ce qui ne fit qu'accentuer mon bonheur. J'attrapais un briquet que j'avais volé à mon père quelques jours plus tôt, et je brûlais les moustaches du pauvre matou. Je lui crevais ensuite les yeux avec un couteau de cuisine, puis je le relacha dans ma chambre. La vue de l'animal aveugle qui boitait qui cherchait avec détermination un moyen de s'enfuir était incroyable, je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. J'enfonçais enfin le couteau dans la chair du chat, juste assez pour le garder en vie. Dans mon slip, je sentais mon sexe gonfler à mesure que le couteau s'enfonçait. Ce fut ma première érection.

Je m'allongeais ensuite à côté de lui, et le regarda mourir pendant des longues minutes. Comme il était beau. Je déposais ensuite avec délicatesse le cadavre devant la porte de la voisine. Cette histoire fit scandale dans notre petit quartier, mais personne ne fut jamais au courant. Enfin, sauf mes parents, qui nettoyèrent le sang répandu dans ma chambre, et qui nettoyèrent les griffures du chat. C'est à ce moment que je compris que si je voulais continuer mon hobby, il fallait faire attention à pas se faire prendre.

Mes parents me répétaient que je n'allais pas bien, que j'étais malade. Je me trouvais pourtant en excellente santé. Il m'amenèrent un jour chez un monsieur pour aller mieux, c'était ainsi qu'ils me le décrivaient. Mais je ne voyais pas comment il pouvait me guérir de quoi que ce soit sans jamais m'osculter, mais juste en me posant des questions. Il voulait savoir ce que j'aimais bien faire de mon temps libre. Après l'épisode du chat de la voisine, je préférais taire la vérité. J'inventais donc une vie de garçon modèle, que j'aimais jouer avec mes amis au foot, que j'adorais ma prof de math et préparer des desserts pour mes parents. Il goba tout, et dit à mes parents que j'étais un enfant brillant et tout à fait normal. Comme ils étaient ravis. Visiblement, avoir un gosse normal était l'aphotéose de leur vie de parent. C'est à ce moment que je compris que tous les adultes étaient idiots.

Depuis la visite chez le monsieur pour aller mieux, j'essayais de cacher ma véritable identité à mes parents. Je passais des heures sur Internet, à regarder des articles sur toutes les façons de tuer quelqu'un, les poisons, les armes, les maladies. Tout ce qui touchait à la mort me passionnait. J'adorais aussi le moyen-âge, j'aurais tout donné pour vivre à cette période, et surtout pour devenir bourreau. Et pouvoir découper des têtes à longueur de journée, lire la peur et la résignation dans les yeux des condamnés. Vous imagniez ça, être payé pour tuer. Je pense que les bourreaux du moyen-âge étaient les hommes les plus heureux de tous les temps. J'ai longtemps réfléchi à partir m'installer au Texas, car la peine de mort s'appliquait encore là-bas. Mais l'injection létale, c'est vraiment pas marrant. Tout est fait pour que le patient ne souffre pas. Incompréhensible. C'est comme si, on offrait un ticket pour Disneyland, mais les attractions sont toutes fermées.

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