Soupir

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Fugace, comme une brise en plein été. Un regard, brûlant, un effleurement doux et libérateur. Tel un éclair qui perce le ciel, insaisissable. Grondant à en perdre la voix mais si court qu'il a frôlé le temps d'un soupir. Une respiration chaude, un courant d'air, impalpable mais pourtant aussi réel que le sang qui s'échauffe dans mes veines. Aussi vrai que ce cœur qui bat en pulsations saccadées, semblable au coup d'œil du prince sur mon corps épuisé par le travail et fragilisé par les intempéries.

Fugace. Oui.

Tel un orage que l'on observe sans jamais pouvoir l'effleurer ou l'attraper. Indomptable, comme les rugissements du ciel au crépuscule. Lorsque le monde s'obscurcit et que tout devient gris. Lorsque le temps s'endort, se repose en une brume épaisse et noire. Telles deux billes d'obsidienne, braquées sur moi, qui pleurent les secondes qui ne s'écoulent plus quand tout s'éteint, tout s'efface.

Oui, c'est fugace.

Si intense que mon âme se lamente déjà. D'avoir perdu le contact, d'être redevenu impassible, invisible et silencieux. Ce silence de mort qui me heurte le cœur, qui alourdit l'air et m'empêche de respirer. J'ai égaré mes inspirations, elles se prélassent aux creux des mains gantées d'un souverain qui se tait. Qui muselle ses émotions et condamne ces sensations que j'aimerais ne jamais oublier.

Un amour d'hiver, qui ne survit que lorsque les étoiles brillent. Qui ne vit que par des discussions, quelques mots, au coin de l'âtre qui deviennent souvenirs quand nos esprits s'éloignent.

Fugace.

Oui, comme nos étreintes, dissimulées derrière les poutres dorées d'un château qui cadenasse les secrets pour qu'ils ne hurlent jamais. Les vérités sont tapies, enfermées dans un coffre qui demeure scellé. Nous avons jeté la clé. Pour ne pas nous empoisonner, par ce sentiment d'amour, ce vertige des âmes amantes qui nous prive de liberté.

J'ai déjà perdu ma voix, elle s'est encagée lorsque j'ai accepté de travailler comme serviteur d'un roi qui n'a jamais connu la joie.

C'était fugace, un instant suspendu qui a frôlé le temps d'un soupir.

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