2008

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Cassandra avait récupérée une ancienne ferme qu’elle avait entièrement transformée en donjon sado-masochiste. Elle en était l’heureuse propriétaire depuis ses vingt-huit ans. Certes, elle était consciente qu’il s’agissait d’une profession atypique, mais dans certains moments elle avait pu tisser des liens avec des clients. L’intérieur était fait pour chauffer les clients avec une prédominance de murs rouge, de mobiliers phalliques et des placards remplis d’accessoires en tout genre.

- Bien sûr que je suis furieuse contre le projet de ce fast-food, expliqua Cassandra en s’allumant une cigarette. Vous savez, j’ai un petit garçon qui approche des cinq ans, j’ai peur qu’un jour ça soit ça partout. Je ne veux pas qu’il mange ces cochonneries.

- Et donc, c’était une raison pour se retourner contre M. Da Costa ? Demanda Bernard.

- Si vous êtes père de famille, vous aussi vous ne supporteriez pas cette idée de savoir qu’un fast-food va être construit pas loin de chez vous et que c’est le premier d’une longue liste. J’ose espérer que vous en êtes conscient.

- Bon, écoutez, on ne va pas passer par quatre chemins ni débattre sur si c’est bien ou mal d’avoir un fast-food pas loin de chez soi, intervint Stéphanie qui coupa à court à cette discussion. Ce qu’on voudrait savoir, c’est ce qui vous a poussé à vous rendrez chez lui pour l’insulter.

- La colère et encore la colère, répondit-elle simplement en écrasant le mégot dans le cendrier. Je passais par là pour un rendez-vous, je l’ai vu, j’ai pilé et c’est là où j’ai voulu régler mes comptes.

- C’était un de vos clients ?

- Je n’ai pas envie d’en parler.

Cassandra semblait être au bord des larmes, ce qui semblait être une réponse à la question. Avant qu’ils ne quittent les lieux, elle les fit revenir. Cette fois, elle pleurait pour de bon. Elle s’accrocha à Stéphanie, qui fit signe à Bernard de sortir. C’était un moment de confidence entre femme.

- On a été en couple à un moment donné, dit-elle une fois que Bernard venait de fermer la porte d’entrée. Ca ne fait qu’un an qu’on s’est séparé. Si on a rompu, c’est à cause de lui. Je suis passé par chez lui, parce que je lui en voulais, je voulais que mon coeur s’exprime. Mais oui, je suis vraiment opposante à ce projet.

- Vous pensez que quelqu’un parmi les opposants soit suffisamment tordu pour lui faire du mal ?

- Olivier pouvait parfois s’entourer de mauvaises personnes. Il était gentil, mais naïf. Il était du genre à se laisser marcher sur les pieds. Il faisait parti de mes premiers clients. J’ai tellement été bouleversée quand on parlait ensemble que je me disais que ça serait un très bon père de famille pour mon fils, Bastien.

- Est ce qu’il serait possible de me montrer vos chaussures.

Cassandra l’emmena dans une pièce qui était une sorte de vestiaire contenant de nombreux costumes en latex et des sextoys. Stéphanie remarqua une coiffeuse où des flacons de vernis à ongles traînaient ainsi que de quoi se mettre des faux-ongles. Les chaussures de Cassandra étaient énormément de chaussures faites dans le cadre de son métier, mais certaines ressemblaient à celle d’un usage quotidien comme des escarpins, des sandales ou des chaussures de randonnées. Mais les pointures ne correspondaient avec les traces de la maison. Cassandra faisait du 39.

Quand Stéphanie retrouva Bernard, celui-ci était au téléphone, une cigarette à la main. Il avait l’air énervé et quand il raccrocha, il lança un « On a un nouveau corps ! ».

Le second cadavre était celui d’un banquier qui avait une villa à Biarritz. Le banquier possédait une villa avec vue sur l’océan. « Une très belle baraque » dut admettre Stéphanie. Le défunt avait eu une mort assez violente. Probablement même qu’il avait dû souffrir. Son corps était entièrement dénudé et peint uniformément avec une peinture couleur or. Sa bouche était cousue avec du fil que l’on utilise pour recoudre des vêtements. Il était à moitié couché sur son bureau. De nombreux dossiers étaient par terre, son ordinateur portable était explosé et puis il y avait un marteau ensanglanté sur le plancher.

- Putain, qui s’amuse à faire ces mises en scènes ? Demanda Bernard en regardant la scène du crime.

- Quelqu’un de créatif, fit remarquer Stéphanie.

- Les collègues ont trouvés en bas une trace d’effraction. C’est peut être un cambriolage qui a mal tourné. Mais si c’était vraiment le cas, jamais le ou les mecs qui ont fait auraient prit le temps de faire cette mise en scène.

- En tout cas, il y a un désir d’humiliation.

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