2008
Quand Bernard frappa à la porte, ce fut un jeune homme qui lui ouvrit la porte et l’invita à rentrer dans leur appartement. Stéphanie était en train de faire sécher ses ongles et resta assise à la table. Elle se leva pour faire la bise à son collègue, sans le prendre dans ses bras. Le petit ami de Stéphanie s’appelait Valentin. Les deux hommes prirent une première bière et un quart d’heure plus tard, ils sortirent à trois dans un bar de Bordeaux.
Bernard ne se sentait pas de trop avec eux, malgré le fait qu’ils aient dix ans d’écart. Toujours célibataire, il voyait Stéphanie et Valentin comme un joli couple et à vrai dire, il était jaloux d’eux. Stéphanie et son copain se tenait main dans la main, rigolant dans la rue et dans le bar, parfois ils s’embrassaient langoureusement. Au cours de la soirée, une femme d’une quarantaine d’années se rapprocha de Bernard et lui dit.
- Vous aussi vous êtes seul et vous ne vous sentez pas à l’aise avec des petits jeunes ? Lança-t-elle .
- Je trouve ça beau des jeunes de leur âge qui s’aiment, pas vous ? Fit-il en finissant sa bière.
- Bien sûr que oui ! S’exclama-t-elle. Suivez-moi, je vais vous présenter à des amies, poursuivait-elle en le prenant par la main pour le faire venir.
Bernard n’avait pas le temps de dire à ses compagnons qu’il devait s’absenter. La table où il fut convié était remplie de femmes qui avaient son âge. C’était un groupe d’amies dont certaines avaient déjà des enfants, parfois déjà ados. Durant toute la soirée, elles lui confièrent leur joie d’être maman, et firent des reproches sur leur mari qu’elles considéraient comme « absents ». Il se prêta assez rapidement au jeu de la séduction, mais finalement c’était Virginie, celle qui venait de l’aborder, qu’il décida d’emmener boire un verre et de l’intégrer dans son groupe.
D’entrée de jeu, Stéphanie avait du mal à apprécier Virginie. Cette dernière était vêtue d’une veste en cuir noir, d’un jean et d’une paire de bottes en cuir à talons plats. « Elle ne s’habille pas comme une mère de famille » pensa Stéphanie en continuant de la toiser. Mais Virginie appréciait vraiment Stéphanie, car elle la percevait comme elle-même plus jeune. Quand le quatuor partit en boîte de nuit, Virginie se mit à embrasser le gendarme avec une certaine passion.
- C’est vrai que t’es plutôt discret ! Lui fit-elle remarquer en criant. On est en soirée, on est là pour se détendre et toi, on dirait que t’es coincé. T’as une femme, des gosses ?
- Oui, lui répondit-il. Mais j’ai divorcé avec mon épouse, et je n’ai plus jamais revu ma fille.
- Merde, c’est horrible. Elle a quel âge, ta fille ?
- 10 ans. J’ai cinq ans pour recoller les morceaux. Après ça, elle finira par me haïr, car sa mère l’aura bien montée contre moi.
- Je suis vraiment désolée pour toi. Tu sais où elle est partie ?
- Non, du tout.
Bernard avait envie de continuer à traîner avec Virginie. Il prévint Stéphanie qu’il partait avec elle, et Virginie l’invita à prendre un vers chez elle. Pendant qu’il buvait son whisky, Virginie était en train de faire un strip-tease devant lui. Elle commença par lui lancer ses bottes, puis son jean, sa veste en cuir, son chemisier et à la fin elle retira ses sous-vêtements. Le tout se fit sur Love to love de Donna Summer. Bernard se mit à rire, puis ils firent ensemble l’amour dans l’appartement.
Au petit matin, Bernard se réveilla avec la gueule de bois. Il chercha de quoi se faire rapidement un café, et en fit suffisamment pour Virginie, qui continuait encore de dormir profondément. Sur un petit bout de papier, il lui écrivit :
J’ai passé une super soirée avec toi
J’espère qu’on se reverra
Voici mon numéro de portable
Deux jours plus tard, à son bureau vint Stéphanie qui avait simplement envie de parler avec lui de leur sortie du week-end. Dix minutes plus tard, Bernard lui fit lire des rapports qu’il avait écrit. Tous les deux finirent par se les échanger pour conclure qu’ils n’avaient pas d’indices plus précis que ça. Aux alentours du cinq avril, un troisième corps fut trouver.

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