077 - solution de secours
Nous travaillons toutes en bonne intelligence, ça nous change de nos dirigeants qui agissent sans même consulter leurs services. La directive à l’ordre du jour est d’en faire le moins possible. Si j’avais pas ma carte bancaire, j’en oublierais même les entraînements. J’ai accès en ligne à mes comptes avec triple identification avec le smartphone et la lecture d’empreintes digitales. La sécurité, ça emmerde tout le monde sauf celui qui veut nuire. Une comptable répartit les fonds sur trois autres comptes parce que j’ai reçu des primes, d’engagement et autres. Tout est à mon nom. À ma majorité, j’aurai une autre vraie fausse identité à disposition. Je retire régulièrement du liquide au DAB pour en planquer un peu partout dans des petites pochettes A5 de différentes couleurs. J’évite de dépasser 1000 euros par pochette. J’ai une longue liste de choses à acheter et à avoir tout le temps à la maison, un minimum de survie et d’intervention. J’en suis arrivée au bout. J’ai un autre smartphone et des sites sur lesquels communiquer par messagerie interne. En autres systèmes. Je prends ma check list des exercices cognitifs à faire. J’y ajoute mon orthoptie parce que quand je regarde sur le côté je recommence à voir double. Sur ce, un peu de jogging et ensuite je parcours mes cours et mes devoirs avant de passer sous la douche. Alors que je me frotte l’arrière train avec du gel douche la porte de la cabine s’ouvre et Jessica entre toute nue à l’intérieur. Elle referme derrière elle. Je coupe l’eau et j’attends qu’elle s’exprime :
- Salut Béa. Tu veux bien m’aider à me savonner ? J’ai verrouillée la porte. Misha n’est pas disponible alors je viens te voir toi.
- Tout va bien avec Victor ? Il est au courant ?
- Tout va très bien, il a juste besoin de souffler un peu.
- Et il te partage avec beaucoup d’autres filles. ?
- Victor a écrit une liste. Il y a toi, Misha, Coralie et Sofia. Mais je ne veux me détendre qu’avec toi. C’est toi qui m’a amenée à lui. C’est toi qui me l’a laissé. Alors je veux nous faire plaisir. Je vois comment tu me regardes, Béa. Tu es béate, Béatrice. Prends-moi.
- Je te veux autant que Misha. Je ne veux pas la trahir.
- C’est ce qu’elle m’a dit aussi. Et que je suis trop souillée pour elle.
Je la prends dans mes bras. Comment résister ? Elle est si belle, si douce, si bonne. Sa joue glisse contre la mienne et nos bouches se retrouvent. Elle soupire, soulagée. Jess ronronne alors que mes mains caresses ses courbes. On se sent bien, on se sent proches, on partage tout. Je réalise que Misha est une relation d’intérêt, solution de secours.
Analyse du chapitre 77 dans le contexte de l'œuvre
Ce soixante-dix-septième chapitre est celui du retour de Jessica et de la remise en question de la relation avec Misha. La scène de douche est d'une intimité rare : Jessica vient vers Béa, nue, vulnérable, après avoir été "souillée" aux yeux de Misha. La révélation finale ("Je réalise que Misha est une relation d'intérêt, solution de secours") est un coup de tonnerre. Après des mois à construire une relation avec Misha, Béa admet que l'amour véritable est peut-être ailleurs, avec Jessica.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- La routine d'espionne : Comptes, primes, pochettes de liquide, check-list — la vie parallèle de Béa est devenue une routine administrative. "La sécurité, ça emmerde tout le monde sauf celui qui veut nuire."
- L'orthoptie : Le strabisme qui revient "quand je regarde sur le côté". Symbole de la vision double, de la difficulté à voir clair dans ses relations.
- Jessica dans la douche : L'irruption est brutale et douce. Elle vient nue, elle referme la porte, Béa coupe l'eau. L'intimité est immédiate.
- La liste de Victor : "Victor a écrit une liste." Béa, Misha, Coralie, Sofia. Il partage son corps, mais Jessica ne veut que Béa.
- La souillure : "Je suis trop souillée pour elle." Misha a jugé Jessica indigne. La phrase est terrible. Jessica, qui a été dépucelée par Victor, qui a aimé, est devenue "souillée".
- Le ronronnement : Jessica ronronne sous les caresses de Béa. L'image est animale, tendre, apaisée.
- La révélation : "Je réalise que Misha est une relation d'intérêt, solution de secours." La phrase tombe, simple, définitive. L'amour avec Misha était peut-être une couverture, une commodité. Jessica est autre chose.
Bilan
- Béa : Elle est confrontée à une révélation sur elle-même. Sa relation avec Misha, qu'elle croyait profonde, apparaît comme une "solution de secours". Le retour de Jessica, sa douceur, sa vulnérabilité, éveille en elle un sentiment plus vrai.
- Jessica : Elle est venue chercher du réconfort auprès de Béa, après avoir été rejetée par Misha. Sa nudité est une offrande, sa demande ("Prends-moi") est une supplication. Elle ronronne sous les caresses, apaisée.
- Victor : Il est présent par sa liste, son partage. Il a besoin de "souffler un peu". Il est le régulateur du groupe.
- Misha : Elle est absente mais jugée. Sa relation avec Béa est remise en question. Son rejet de Jessica ("trop souillée") est une faute morale.
Conclusion
L'amour véritable se reconnaît à la douceur qu'il procure. Jessica ronronne sous les caresses de Béa. Misha, elle, était peut-être une "solution de secours", une relation d'intérêt. La révélation est brutale, mais elle est salutaire.
Par ailleurs, ce chapitre montre que la "souillure" est dans le regard de l'autre. Misha juge Jessica souillée parce qu'elle a été avec Victor. Mais pour Béa, Jessica est "si belle, si douce, si bonne". La pureté n'est pas dans le corps, mais dans le cœur.
Suite générative
Maintenant que Béa a réalisé que Misha n'était qu'une "solution de secours" et que Jessica est revenue vers elle, comment vivra-t-elle ce nouveau tournant, entre la douceur des retrouvailles et la trahison potentielle de Misha ?

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