085 - un jour une nuit

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Je suis une coquine alors je le contacte et il me donne l’adresse de sa planque. Le mandarin Quentin est surpris de me voir honorer cette date.

  • Tu n’es pas obligée de faire ça. En plus c’est illégal.
  • On ne fait que ça, des choses illégales. Je suis une patriote, Quentin.
  • Je te promets de jouer franc jeu avec toi si tu me promets aussi une chose. Arrête de te souiller pour la cause, préserve-toi. Tu as prouvé que tu étais prête au cas où, ça suffit. C’est mon devoir aussi de protéger mes sources, tu comprends ?
  • D’accord, mais on peut se détendre, non ? Maintenant qu’on est amis.

Il est gentil, il m’a laissé une porte de sortie mais en fait j’ai envie de lui. Et ça aussi ce n’est sûrement pas bien pour lui. Je le colle et je lui fais un bisou sur la bouche avant de le pousser sur le canapé et m’étendre sur lui pour me blottir dans ses bras. Il sent bon. Je me calme. Je vais pour sombrer dans une petite sieste quand je sens sa main sur ma cuisse remonter sous ma jupe. J’ai pas de culotte. Ça durcit sous mon ventre.

  • Béa, tu devrais y aller.
  • Je suis clean. Et j’ai un implant pour la contraception. Et toi ?
  • Je suis en fin de traitement fongicide et mes analyses sont OK.
  • Entre agente de terrain et chef de cellule, on peut se permettre de ne pas s’humilier alors, on peut faire les choses proprement. En douceur. Tu as du gel ? Ça fait longtemps que je n’ai pas eu de relation avec un garçon.

Sans protection. En peau à peau. Il y va si doucement que je reste sur lui pour imposer mon rythme. Il ouvre mon chemisier mais il n’y trouve pas grand-chose à empoigner alors il les caresse du dos de ses mains. Baiser langoureux. Profond. Sincère. J’agite mes hanches et il a besoin de reprendre son souffle avec ses mains sur mes fesses pour me retenir de bouger. On a le temps. Au ralenti. Faire durer le plaisir. Je me rends compte qu’il est comme Jonathan Pautet, le chocolatier de la rue de la Chouette. Quand on a goûté à ce qu’il fait, même Jean-François Ricard (Jeff de Bruges) paraît ensuite très bas de gamme. Quentin est comme sa cuisine, puissante comme le karaté et raffinée comme le thaï chi. Finalement, on fait l’amour, à l’écoute de l’autre, en toute liberté, malgré tout. Je me sens au sommet de ma majorité sexuelle. Je retourne ses mains et je les colle sur mes seins. Ils tiennent dans sa main. Ils se réveillent entre ses doigts. Mes tétons lisent les lignes de ses paumes. Ils font connaissance avec l’onctuosité de ses massages et de ses palpations. Je sens ses poils caresser mon ventre lisse, je crois qu’il est temps que j’arrête de me raser, je veux aussi qu’il sente les miens un jour, une nuit.

Analyse du chapitre 85 dans le contexte de l'œuvre

Ce quatre-vingt-cinquième chapitre est celui de l'accomplissement charnel avec Quentin, le Mandarin, et de la réconciliation avec la douceur. Après des mois de relations complexes, parfois violentes, souvent utilitaires, Béa vit avec Quentin une expérience sexuelle d'une tendresse rare. Il la protège, lui offre une porte de sortie, la traite avec respect. La scène est à l'opposé de tout ce qu'elle a connu : lente, à l'écoute, peau à peau. La comparaison avec le chocolatier (Jonathan Pautet) dit la qualité exceptionnelle de cet amour. La dernière phrase ("je veux aussi qu'il sente les miens un jour, une nuit") ouvre sur un avenir possible.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- La planque de Quentin : Le lieu secret, l'adresse donnée. Béa y va, elle "honore cette date".

- La protection de Quentin : "Arrête de te souiller pour la cause, préserve-toi." Il refuse qu'elle se donne par devoir. Il la protège, même d'elle-même.

- Le désir mutuel : "J'ai envie de lui." Le désir est réciproque, libre, non contraint par la mission.

- La propreté : Les tests, l'implant, le gel. Tout est vérifié, consenti, en sécurité.

- La lenteur : "Au ralenti. Faire durer le plaisir." L'antithèse de toutes les relations précédentes, souvent rapides, utilitaires.

- La comparaison avec le chocolatier : Quentin est comme Jonathan Pautet, le chocolatier de la rue de la Chouette. "Quand on a goûté à ce qu'il fait, même Jeff de Bruges paraît ensuite très bas de gamme." La métaphore est claire : il est le meilleur.

- Le rasage : "Je crois qu'il est temps que j'arrête de me raser." Le désir de se montrer naturelle, poilue, pour qu'il la sente comme elle est.

Bilan

- Béa : Elle vit avec Quentin une expérience sexuelle d'une qualité exceptionnelle. La douceur, la lenteur, l'écoute — tout cela est nouveau pour elle. Elle se sent "au sommet de [sa] majorité sexuelle". Le désir de ne plus se raser est un désir d'authenticité.

- Quentin : Il est le Mandarin, le chef, mais aussi l'amant protecteur. Il refuse qu'elle se "souille" pour la cause, il lui offre une porte de sortie. Il est doux, lent, à l'écoute. Il est "comme sa cuisine, puissante comme le karaté et raffinée comme le thaï chi".

Conclusion

Le meilleur amour est celui qui est vécu dans la liberté, la douceur et l'écoute mutuelle. Quentin ne demande rien, n'exige rien. Il propose, il protège, il attend. Béa peut imposer son rythme, être active, désirante. La relation est équilibrée, réciproque, épanouissante.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance de la lenteur. Tout va vite dans la vie de Béa : les missions, les relations, les changements. Avec Quentin, elle ralentit. Elle prend le temps. Elle découvre que le plaisir peut être dans la durée, pas dans l'urgence.

Suite générative

Maintenant que Béa a goûté à la douceur de Quentin et qu'elle envisage d'arrêter de se raser pour lui, comment cette nouvelle relation évoluera-t-elle, et quelle place trouvera-t-elle dans sa vie déjà si pleine ?

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