091 - me soigne délicatement

4 minutes de lecture

Je le revois seule à seul dans l’intimité de son bureau. L’après-midi est à nous. J’ai pas mis de culotte.

  • La dernière fois, il n’y avait pas de glaçon dans votre verre, pourtant j’ai l’impression qu’on a brisé la glace.
  • La glasnost aussi.

Sa femme est belle, grande, plantureuse, je suis bien peu de choses à côté. Il est tellement gentil, même en le branchant à fond je ne risque rien. Quoi que. C’est un vrai proviseur. Et je suis une vraie élève. Une adolescente en quête de sa troublante sexualité. En fait, je suis un fantasme sur pattes avec de belles jambes et un beau cul bien ferme. Je me colle à lui, je mets mes mains dans ses poches et je murmure :

  • Ap… prenez-moi, monsieur le proviseur. Sous tous les angles. Vous avez enseigné les mathématiques, non ? Faites-moi réviser. Vous dites rien ? Qui ne dit rien consent, non ?

On reste là. Debout. Ma tête posée contre son torse. J’écoute son cœur. C’est un bon. Il reste à 85. Ou alors je suis mauvaise. Je sors mes mains de ses poches et bientôt son pantalon tombe. J’ouvre sa chemise, bouton par bouton en lui jetant des regards coquins. Je lui enlève ses lunettes ronde que je pose délicatement sur son bureau en me cambrant. Je sens ses mains me remonter la jupe. Il tremble devant le spectacle de mon séant. Jessica m’a inscrite sur la fesse : « cloclo » avec un cœur. Je sens son outil tendu entre mes cuisses remonter vers sa cible. Je me retourne pour une requête et il me montre une feuille d’examens, il est clean et il sait que je le suis aussi, avec mon implant. Je fais une pirouette et je m’agenouille, en attrapant son regard j’ouvre la bouche en grand, je tire la langue pour lui montrer mon piercing et il pose sa précieuse dessus. Elle se réveille vite. J’attrape du gel dans mon sac à main de pute pour préparer le terrain de ses ardeurs. Je me retrouve vite collée au mur à un demi-mètre du sol où il se la place en moi, j’exprime mon émotion quand elle entre me crucifier le ventre. Je sens vraiment que je lui plais et ça me plaît de lui plaire autant. À cet instant je sens que je suis pour lui la plus importante de sa vie. Je le vois dans ses yeux. Il a l’air… étonné et étouffé. J’espère qu’il ne va pas me claquer dans les pattes. Il respire à nouveau. Ouf. Il m’a fait peur. J’ose plus bouger. Lui non plus.

  • Qu’est ce que je fais ? Je suis désolé, ma pauvre petite.
  • Ça va aller. Ne t’inquiète pas. Tout va bien.

Il me redescend et se retire doucement. Je saigne un peu. Ça nous choque. Il m’accompagne en salle d’eau et me soigne délicatement.

Analyse du chapitre 91 dans le contexte de l'œuvre

Ce quatre-vingt-onzième chapitre est celui de la confrontation physique avec Claude Savon, et de l'échec de cette rencontre. Après des jours de jeu de séduction, de baisers volés, de danses et de provocations, le passage à l'acte tourne court. Claude est "étonné et étouffé", il a peur, il s'arrête. Béa saigne. La scène est d'une brutalité inattendue, mais la douceur de Claude après l'incident (il la soigne délicatement) rachète tout. Le fantasme de la "proviseur-élève" se brise sur la réalité du corps et de l'âge.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Le bureau : Lieu de l'autorité, devenu lieu de l'intime. L'après-midi "à nous" est une parenthèse hors du temps scolaire.

- La glace brisée : Le jeu de mots sur "glasnost" (la transparence en russe) est un clin d'œil à Misha. La glace est brisée, mais l'acte aussi.

- Le cœur à 85 : Béa écoute le cœur de Claude. "C'est un bon. Il reste à 85." Le calme apparent, mais le désir est là.

- L'inscription de Jessica : "cloclo" avec un cœur sur la fesse. Jessica marque son territoire, même absente.

- La chute : L'acte commence, puis s'interrompt. Claude a peur, il s'arrête. Béa saigne. Le fantasme se brise.

- Les soins : Il la soigne délicatement, l'accompagne en salle d'eau. La tendresse après l'échec.

Bilan

- Béa : Elle est l'initiatrice, la provocatrice. Elle a préparé le terrain (pas de culotte, gel, piercing). Mais quand Claude flanche, elle le rassure. "Ça va aller. Ne t'inquiète pas. Tout va bien." Elle est plus forte que lui dans ce moment de fragilité.

- Claude Savon : Il est dépassé par ses émotions. "Étonné et étouffé." Il a peur, il s'arrête, il s'excuse. Puis il soigne Béa avec une tendresse infinie. C'est un "bon", comme dit Béa.

Conclusion

Parfois, le désir est plus fort que la réalité. Le fantasme de la relation proviseur-élève, si longtemps cultivé, se brise sur le corps de Béa qui saigne, sur la peur de Claude. Mais l'échec de l'acte n'est pas un échec de la relation. La douceur des soins, les mots apaisants, créent un autre lien, plus profond.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Chris Morg ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0