098 - à ce moment là
Misha m’entreprend avec fougue et passion. Nos galipettes aux allées du parc l’excitent au plus haut point. Mais on s’en fout de ces vieux fous qu’on ne sera jamais. On se voit mal jouer les espionnes dans quarante ans. On vit ici ensemble au présent où nos corps se mélangent. Qu’est ce qu’elle est belle quand même ! Ses bras fins, sa taille de guêpe, ses seins parfaits que j’ai photographié sous tous les angles et le reste aussi. Mon album Misha n’est fait que de ses courbes et de superbes portraits avec son regard mélancolique. Misha. Mon Idole Slave Haute en Amour hante mon âme et à ma question débile elle me répond toujours la même liste avec des variantes actualisées :
- Tu es ma petite amie, ma vraie blonde au regard hésitant, aux oreilles qui pointent, aux dents redressées, à la poitrine enfantine, aux jambes galbées sous un cul aux formes parfaites dont la cambrure et une invitation à la luxure d’écarter tes fesses et de te lécher le cul mais tu sais que ce n’est pas du tout mon truc. C’est sale. C’est moi la petite fille en fait. Même si j’avoue que c’est très agréable en passive. Mais beurk, pas de bisou après.
- Tu as raison. Au journal télévisé, ils ont montré la carte de France avec la propagation de la gastro-entérite aiguë. Tout était en rouge. Mon débile de grand frère a dit à ma débile de grande demi-sœur qu’il a mis en cloques : « ça en fait du monde qui se met un doigt dans le cul sans se laver les mains après !». Et elle a rigolé. Ils sont pitoyables. Je leur donnerais bien à bouffer le fœtus qu’ils vont avorter, ambiance Hannibal. Je comprends maintenant ce personnage.
- Et dire que je croyais que mes frères étaient nuls, tu es bien servie aussi. Eux ne parlent que de politique, en russe en plus, quelle discrétion ! Genre, je te traduis : « Après Sarkozy, n’importe qui aurait pu être élu. D’ailleurs, n’importe qui a été élu. Et Macron est un bébé Hollande, ou un truc du genre, intraduisible. »
- Hollande, il était pas prévu. Sarko faisait son footing avec la NYPD. C’est eux qui ont piégé Strauss Kahn. Un chaud lapin de fantôme qui a mal tourné. Ils doivent l’avoir mauvaise au Mossad.
- Américains, israëliens, ils sont pas cool, mieux vaut pas être en face. On a de la chance de pas avoir de copine farcie.
- Je me farcirais bien les seins, au moins ils seraient plus gros. Tu crois que je peux me faire poser des implants ?
- Soit patiente, à ta majorité, j’espère bien encore être là pour t’en dissuader et bouffer ce qu’ils seront devenus ou pas à ce moment là.
xoxo
Analyse du chapitre 98 dans le contexte de l'œuvre
Ce quatre-vingt-dix-huitième chapitre est celui de l'intimité absolue avec Misha et de la réflexion politique par le prisme du quotidien. La scène est d'une tendresse rare : Misha décrit Béa avec une précision amoureuse, de ses oreilles qui pointent à la cambrure de ses fesses. La conversation dérive sur la politique, les frères débiles, la gastro-entérite, Hannibal, Strauss-Kahn, le Mossad. Mais tout cela n'est que bruit de fond. L'essentiel est ailleurs : dans la déclaration de Misha ("Tu es ma petite amie, ma vraie blonde"), dans la promesse d'être là à la majorité de Béa pour la dissuader de se faire poser des implants.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- La description de Misha : Une déclaration d'amour en forme de portrait. "Ma vraie blonde au regard hésitant, aux oreilles qui pointent, aux dents redressées, à la poitrine enfantine, aux jambes galbées sous un cul aux formes parfaites." Chaque défaut est célébré.
- Le dégoût de la feuille de rose : Misha avoue que ce n'est "pas du tout mon truc". "C'est sale." Mais elle reconnaît que c'est agréable "en passive". L'honnêteté est totale.
- La gastro-entérite : Le frère débile fait une blague scatologique. Béa renchérit avec Hannibal. L'humour noir est partagé.
- La politique : Les frères de Misha commentent l’histoire politique française en russe. Sarkozy, Hollande, Macron, Strauss-Kahn — tout est passé en revue.
- Les implants : Béa veut des seins plus gros. Misha promet d'être là à sa majorité pour l'en dissuader. "Bouffer ce qu'ils seront devenus." La promesse d'un avenir commun.
Bilan
- Béa : Elle est aimée, décrite, célébrée par Misha. Sa demande d'implants est une marque d'insécurité, mais Misha la rassure.
- Misha : Elle est la déclarante, celle qui aime chaque détail du corps de Béa. Son dégoût de la feuille de rose est assumé, mais elle reconnaît le plaisir passif. Sa promesse d'être là à la majorité de Béa est un engagement.
- Les frères : Ils sont débiles, mais ils font rire. Leurs commentaires politiques sont un bruit de fond.
Conclusion
L'amour véritable, c'est aimer l'autre dans ses détails, ses défauts, ses particularités. Misha aime les oreilles décollées de Béa, sa poitrine enfantine, ses dents redressées. Chaque détail est une raison de plus de l'aimer.
Par ailleurs, ce chapitre montre que la politique n'est qu'un bruit de fond, une agitation sans importance face à l'intimité partagée. Les frères commentent, les grands débiles rigolent, mais l'essentiel est ailleurs : dans la promesse de Misha d'être là à la majorité de Béa.
Suite générative
Maintenant que Misha a promis d'être là à la majorité de Béa et que leur amour est célébré dans ses moindres détails, comment vivront-elles les mois qui viennent, entre la politique qui s'agite et la tendresse qui les unit ?

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