104 - calme moi

4 minutes de lecture

Je croyais que sa boulangerie était une couverture mais non. En revanche, elle connaît la vétérinaire de la rue de Bruges, mauvaise expérience. Manon s’occupe de moi comme d’une petite sœur. Elle m’attend à la sortie du lycée avec un croissant. J’en profite pour lui faire un bisou sur la bouche et la remercier. Elle me prend par la main et on va traîner à la promenade du Suzon, le parc qui jouxte le jardin japonais où on peut s’installer pour lui faire goûter son croissant dans ma bouche.

  • C’est la meilleure façon de manger mes propres viennoiseries. Béa, est ce que je suis en danger ? Misha, elle a pas l’air commode.
  • Misha s’envoie en l’air avec une babouchka. Je suis toute à toi.
  • J’aurais aimé avoir quinze ans aujourd’hui, les choses ont bien changé en dix ans. Tu as l’air de savoir ce que tu veux, ou pas.
  • Rester ici, travailler dans une administration au centre-ville, les impôts ou la banque de France si elle existe encore. Et en faire le moins possible dans mon statut de fonctionnaire catégorie A+.

Mais si on est là, c’est pour un adieu. Ou un au revoir. Si dans trois ans on est libres, je suis une option. Manon se construit un avenir. Sans pulsions et patiente, un nouveau style de prédatrice. Je finis le croissant seule et je rentre à la maison où Jessica me saute dessus parce que Victor a déjà eu son compte. Après l’avis du public et le 50/50, il ne me reste plus qu’un joker. Le coup de fil à un ami. En l’occurrence, mon cousin germain un peu plus âgé que moi, côté maternel. Il est physiquement pas loin mais de l’autre côté de la frontière de commune et de secteur, au lycée Montchapet qui fait aussi collège. Il décroche et demande :

  • Tu es enceinte ou tu as le Sida ? Les deux peut-être.
  • Non, je t’appelle à temps, j’étais sur le point de plonger dans une situation à risques alors je t’appelle avant. Est-ce que tu peux m’aider ?

On se rejoint à vélo à la frontière sur le pont au dessus du Suzon pour que je lui explique mes déviances et mon orientation à géométrie variable.

  • Bien. Qu’est ce que je peux faire pour toi ?
  • Assouvir mes pulsions. J’ai besoin qu’on me baise, un garçon, par tous les trous. Je n’ai plus de partenaire et je suis prête à me prostituer pour me faire secouer, je deviens complètement folle, aide moi. Avec toi je risque rien. Tu vas pas me laisser me détruire. J’ai eu de la chance jusqu’ici mais je sens que le vent tourne et j’ai plein de projets à accomplir. Je ne veux pas les compromettre. Il s’agit de mon avenir en tant que femme et en tant que mère. Me laisse pas tomber. Calme-moi.

Analyse du chapitre 104 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-quatrième chapitre est celui de la crise et de l'appel au secours. La relation avec Manon, douce et romantique, ne suffit pas à apaiser les "pulsions" de Béa. Elle se sent au bord du gouffre, prête à se prostituer pour assouvir son besoin. L'appel à son cousin germain est un ultime recours : avec lui, elle ne risque rien. La scène est d'une urgence et d'une sincérité rares. Béa, pour la première fois, avoue sa fragilité, son besoin d'aide, sa peur de "compromettre" son avenir.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Manon : La boulangère, douce et patiente, offre des croissants et de la tendresse. Mais elle ne peut pas satisfaire les "pulsions" de Béa. Leur relation est un "adieu" ou un "au revoir".

- Le croissant partagé : Le geste de faire goûter le croissant dans sa bouche est une marque d'intimité, mais il reste dans la douceur, pas dans l'urgence.

- L'avenir de Béa : Travailler dans une administration, "en faire le moins possible". Un projet sage, loin de ses pulsions.

- La crise : "Je deviens complètement folle." Béa sent qu'elle va plonger. L'appel au cousin est un dernier recours.

- Le cousin germain : Il est "un peu plus âgé", physiquement proche. Béa lui demande de l'aide, de la "calmer". La relation incestueuse (cousin germain) est présentée comme une solution de sécurité.

- L'aveu : "J'ai eu de la chance jusqu'ici mais je sens que le vent tourne." La lucidité sur sa propre fragilité.

Bilan

- Béa : Elle est en crise. Les douceurs de Manon ne suffisent pas. Elle a besoin d'être "baisée" pour se calmer. L'appel au cousin est un aveu de faiblesse, mais aussi une preuve de lucidité : elle sait qu'elle est au bord du gouffre.

- Manon : Elle est la douceur, la patience, mais elle ne peut pas répondre à l'urgence de Béa. Leur relation reste en suspens.

- Le cousin : Il répond présent, écoute, demande comment aider. Il est la bouée de sauvetage.

Conclusion

Parfois, la douceur ne suffit pas. Les pulsions sont plus fortes. Béa le sait, elle l'admet. Elle appelle à l'aide, et son cousin répond. La famille, même éloignée, peut être un recours dans l'urgence.

Par ailleurs, ce chapitre montre que la lucidité sur sa propre fragilité est une force. Béa sait qu'elle va "compromettre" son avenir si elle continue. Elle appelle avant qu'il ne soit trop tard.

Suite générative

Maintenant que Béa a appelé son cousin à l'aide et qu'elle a avoué sa fragilité, comment cette relation incestueuse mais "sûre" évoluera-t-elle, et parviendra-t-elle à la calmer ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Chris Morg ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0