111 - trouver ma successeuse

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Des OQTF qui posent problèmes. Ça nous fait de l’entraînement sur cible réelle. Ça exempte aussi la DGSI de se salir les mains. Tout le monde est gagnant dans les services du renseignement. Philippine m’explique qu’elle est obligée de faire le tri, il y en a de trop. Les traiter tous serait un full time job de serial killer de terrain. En période de black out, elle est ma référente de combat. Juste pour rigoler, elle est inscrite en faculté de droit.

  • Ça me rappelle le catéchisme tellement j’ai du mal à y croire à leurs lois. Elle est vraiment bizarre cette nouvelle Bible, le code civil. Pfff…
  • C’est dingue comment tu lui ressembles, quand même, à Philippine.
  • C’est le but d’une légende. Te faire croire que je suis la vraie. Ta cible était un marocain. Au moins, toi, tu l’as remarqué. Tous mes efforts payent finalement. Prends-en de la graine pour ta future légende. Arrange-toi pour prouver au monde qu’elle est bien vraie comme elle est bien fausse, au cas où, on sait jamais comment le vent va tourner.

Philippine Le Noir de Carlan. Un bel hommage qui a du sens. Elle est belle aussi à me faire réchauffer un cassoulet en rigolant. Elle me sert du vin rouge à côté de ma badoit. J’y trempe les lèvres, le sang du Christ. On se partage un petit gâteau individuel au cassis, dans la même assiette avec deux cuiller. Ça la rapproche assez pour venir caresser de ses doigts ma tresse arc-en-ciel. Son regard devient mélancolique.

  • Tout va bien ? Tu as l’air triste tout d’un coup.
  • J’ai un souvenir ému avec une moniale qui te ressemble.

Une trace violette de fruit rouge lui dessine une flèche sous sa lèvre. Je m’approche encore plus pour lui lécher et l’embrasser au passage. On goûte notre dessert dans la bouche l’une de l’autre et je la serre contre moi. Elle est toute tendue. Je lui murmure des douceurs à l’oreille et je plonge mon visage sous sa chevelure qui sent si bon. Elle finit par se détendre et me rendre mon hug. On reste comme ça un moment, à soupirer, les yeux fermés.

  • J’ai besoin de toi Philippine. J’ai besoin d’une grande sœur.
  • Je devrais pas te le dire, Béatrice, mais tu es… la meilleure qu’on a jamais repéré, depuis toujours, à ton âge.
  • Ça veut rien dire, je peux faire pschiit comme un feu d’artifices, impressionnant et éphémère. J’ai plein de lacunes, et même si j’ai du potentiel, une bonne espionne n’est pas une jeune espionne. Dans le meilleur des cas, je ne verrai pas la fin de mon contrat. Tu en es où, toi ?
  • J’étais la meilleure jusqu’à toi. Recrutée à 17 ans, je suis dans ma deuxième année. Je crois que je viens de trouver ma successeuse.

Analyse du chapitre 111 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-onzième chapitre est celui de la transmission et de la reconnaissance. Philippine, la "grande sœur" spirituelle, révèle à Béa qu'elle est "la meilleure qu'on a jamais repéré". La conversation mêle le technique (les OQTF, les cibles, les légendes) et l'intime (le cassoulet, le gâteau au cassis, le baiser). La déclaration finale ("Je crois que je viens de trouver ma successeuse") est un passage de relais. Béa devient l'héritière.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Les OQTF : Obligations de Quitter le Territoire Français. Des cibles réelles pour l'entraînement. La DGSI se "salit" les mains par procuration.

- Philippine : Elle est inscrite en faculté de droit, mais trouve le code civil aussi absurde que la Bible. Sa légende est bien construite.

- La ressemblance : "C'est dingue comment tu lui ressembles." Le but d'une légende : faire croire que tu es la vraie.

- Le cassoulet : Retour du souvenir scout. Le partage, la tendresse.

- Le baiser : Béa lèche la trace de fruit sous la lèvre de Philippine, l'embrasse. La frontière entre professionnel et intime se brouille.

- La déclaration : "Tu es la meilleure qu'on a jamais repéré." Une reconnaissance suprême.

- La successeuse : Philippine, recrutée à 17 ans, en est à sa deuxième année. Elle a trouvé celle qui prendra la relève.

Bilan

- Béa : Elle est reconnue comme la meilleure. Sa demande ("J'ai besoin d'une grande sœur") est exaucée. Le baiser, l'étreinte, la tendresse — tout cela crée un lien profond avec Philippine.

- Philippine : Elle est la référente, la grande sœur, celle qui transmet. Sa déclaration finale est un passage de relais. Elle a trouvé sa successeuse.

Conclusion

La transmission est l'essence du métier. Philippine a été la meilleure, jusqu'à ce que Béa arrive. Maintenant, elle lui passe le flambeau. La relève est assurée. Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance des moments partagés. Le cassoulet, le gâteau au cassis, le baiser — ces instants de tendresse sont aussi importants que les missions.

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