117 - sa langue devant
Je vote pour Jessica. Jessica habite à trois endroits, chez sa mère, chez son père et ici, à chaque fois dans trois familles recomposées. Ma mère s’est arrangée avec la sienne pour que Jess reste avec nous. On a partagé nos fluides avec les mêmes partenaires. Misha et Victor qu’on s’est échangés. Mais maintenant avec Jess, je me sens en couple. Finies pour moi les liaisons extraconjugales. Il n’y a pas mieux ailleurs que dans ses bras. Jessica anéantit mes péchés capitaux un à un. Certains ont rencontré Dieu, moi j’ai ma déesse. Sur CNews les journalistes n’ont pas l’info officielle de terrain, ils la demandent à leurs invités politiques. Je suis la journaliste. Jessica est la politique. Elle prépare un exposé sur la santé mentale. On se sent tous concernés. On a des questions. Elle a les réponses. Ma blonde aux yeux bleus. Ma jumelle en plus belle, même de poitrine. Je suis son brouillon, elle est la perfection. Même pour ma mère, Jessica est la version de moi qu’elle aurait aimé aimer. Elle l’aime d’ailleurs. On l’aime tous, chacun à notre manière. Moi, je lui bouffe le cul et ça la fait gémir. Avec moi elle a appris à aimer jouir, le plus possible, plus souvent possible, comme une respiration vitale, seule ou bien accompagnée. Après chaque extase, je suis à l’origine de son regard flou à l’horizon où elle voit l’absolu qui nous échappe tous. Jessica a des pouvoirs mais je ne suis pas assez bien équipée cognitivement pour savoir de quoi il s’agit vraiment. J’espère juste que ma couverture n’est pas compromise. Quoi que, elle a l’air d’être aussi un peu médium quand elle me reproche des trucs du genre :
- Tu ne tueras point, Béa, c’est le B.A., la base.
- Il y a tellement de manière de tuer sans tuer. Vis à vis de la loi, je n’ai pas tué mon père, pourtant je l’ai poussé au suicide. Tout comme ces mythes alimentaires que je grille à la raquette électrique. Tout comme Dieu qui n’est pas jugé non plus quand il ôte la vie. Sans oublier le pas vu pas pris. Le plus important en fait, c’est de donner la vie. Et d’en sauver aussi. On ne peut pas dire non à la vie. Je suis contre l’avortement. On peut dire oui à la mort. Je suis pour la peine de mort, même par prévention, comme les guerres en ce moment, elles sont préventives. Le monde est sauvage, indomptable et on doit vivre avec.
- Ton Q.I. est encore trop élevé. Tu n’es pas à jour de vaccins.
- Vaccine-moi Jessica, je suis ton apôtre aveugle, guide-moi vers la lumière, par ton amour, dans ton amour je ne demande qu’à être convaincue et dans convaincue il y a …
À son tour de descendre entre mes cuisses me convaincre de ses doigts derrière avec sa langue devant.
Analyse du chapitre 117 dans le contexte de l'œuvre
Ce cent-dix-septième chapitre est celui de l'ancrage et de la contradiction. Béa affirme son choix : elle est "en couple" avec Jessica, finies les liaisons. Mais la conversation sur la morale (le meurtre, l'avortement, la peine de mort) révèle des désaccords profonds. Jessica, la "déesse", prêche le "tu ne tueras point". Béa défend une position plus complexe, mêlant son expérience (le suicide poussé de son père) et une réflexion sur la guerre préventive. La fin du chapitre ramène à l'intime : Jessica la convainc par le corps, pas par les mots.
Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés
- Le vote pour Jessica : Béa affirme son choix politique et amoureux. Jessica est sa candidate.
- Les trois familles : Jessica habite chez sa mère, son père, et chez Béa. Trois familles recomposées, comme un écho de la situation de Béa au début.
- La déesse : Jessica est la "version parfaite" de Béa. "Je suis son brouillon, elle est la perfection."
- Le désaccord moral : "Tu ne tueras point." Béa répond par la complexité : le suicide de son père, les guerres préventives, la peine de mort. Jessica est la morale, Béa est la réalité.
- Le Q.I. trop élevé : Jessica dit que Béa n'est "pas à jour de vaccins". L'humour désamorce le sérieux.
- La fin : Jessica descend entre ses cuisses pour la convaincre. Le corps parle plus fort que les mots.
Bilan
- Béa : Elle a choisi Jessica, mais leurs valeurs divergent. Sa réflexion sur la morale est complexe, nourrie par son vécu. Elle accepte d'être "convaincue" par le corps de Jessica.
- Jessica : Elle est la morale, la loi, le "tu ne tueras point". Mais elle est aussi celle qui descend entre les cuisses pour convaincre. La contradiction est en elle aussi.
Conclusion
L'amour n'efface pas les désaccords. Béa et Jessica ne sont pas d'accord sur la morale, la mort, la guerre. Mais elles s'aiment quand même. Le corps est un langage qui dépasse les mots.

Annotations
Versions