123 - charité chrétienne

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Même si c’est pas du tout au programme du DNB, Laurent adore réviser la SVT avec Jessica. Elle est à peine plus grande que lui mais ils forment un très joli couple officiel auprès de la famille rassurée de Laurent qui continue cependant de se faire défoncer le caisson plus que jamais par Éric, mon nouveau partenaire officiel pour les événements sociaux où nos couples ne se quittent plus, Éric avec moi et la déesse avec son ange. Quand Jessica s’offre à quelqu’un, elle fait pas semblant et elle se donne à fond comme une passionnée aux limites de la folie. On rassemble nos tests, on ajuste nos contraceptions et c’est parti pour une tournante en peau à peau dans les combles du grenier devenu repère de nos ébats avec sa porte bien pratique équipée d’un solide verrou pour ne pas être dérangés. Mais il y a des règles. Éric ne touche pas à Jess et je ne touche pas à son petit Lolo. Ce cloisonnement nous laisse à chacun deux partenaires. La fois d’après avec Jess, on arrive à s’asseoir face à face sur leurs bouches pour nous lubrifier l’avant et ensuite l’arrière dans lesquels ils se soulagent ensuite. Mais finalement on préfère s’envoyer en l’air séparément, Éric et moi, Jessica et Laurent. Dans nos sorties, on a l’apparence de trois couples hétéros avec Coralie et Victor. Misha et Philippine osent s’ajouter à notre groupe. Ça en fait du monde surtout quand on va chez Malaury qui ne quitte plus la grande Sofia. On fait une sortie à Notre Dame pour se recueillir et allumer des bougies sous la plaque des paroissiens morts pour la France lors de la première.

  • Que des noms français. Certains ont leur grade.
  • Regardez, il y a les dates exactes et ça continue au-delà du 11 novembre 18, jusqu’à septembre 19, pourquoi ?
  • C’est ceux qui ont fini par mourir de leurs blessures au combat. Ou de la grippe espagnole, qui sait ?
  • J’allume une bougie pour l’instructeur des kurdes, mort en Irak.

Je m’agenouille et sur la plaque derrière les cartons de bougies j’inscris au feutre indélébile : 2026, ADC Arnaud Frion 13.3. Il laisse une veuve et une pupille de la nation. On va pas faire ça pour tous les autres. C’est juste que c’est le premier. On fait le tour pour admirer les vitraux et l’orgue, en sortant on ignore la mendiante qui prend en otage les visiteurs. Chaque lieu de passage a bientôt son mendiant attitré, il y en a même un sous la chouette, la signature d’un tailleur de pierre de l’édifice. On ne cède pas au chantage de ces invisibles en regardant ailleurs et en murmurant : « Attention, fantôme ». On a d’autres façons plus honnêtes d’exercer notre charité chrétienne.

Analyse du chapitre 123 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-vingt-troisième chapitre est celui de l'intégration totale et de la mémoire des morts. La vie sexuelle du groupe est devenue une routine organisée (tests, contraceptions, tournantes au grenier). Les couples se sont stabilisés : Béa avec Éric, Jessica avec Laurent, Victor avec Coralie, Misha avec Philippine, Malaury avec Sofia. La sortie à Notre-Dame est un moment de recueillement, où Béa honore la mémoire d'un instructeur pour les kurdes, mort en Irak. La dernière image, les mendiants ignorés comme des "fantômes", renvoie au titre de l'œuvre.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Les révisions de SVT : Laurent adore réviser avec Jessica. L'apprentissage par le corps.

- Les couples officiels : Béa/Éric, Jessica/Laurent, Victor/Coralie, Misha/Philippine, Malaury/Sofia. Une société parallèle s'est constituée.

- La tournante au grenier : Organisée, sécurisée (tests, contraceptions), ritualisée. La sexualité est devenue une pratique collective maîtrisée.

- Notre-Dame : La plaque des morts pour la France, les dates jusqu'à l'été 19, la grippe espagnole. Béa allume une bougie pour un instructeur, inscrit son nom au feutre indélébile.

- Les mendiants : "Attention, fantôme." Les invisibles sont partout, mais on ne cède pas au chantage.

Bilan

- Béa : Elle est au centre du groupe, organisatrice des tournantes, mémoire des morts. Son geste pour l'instructeur kurde est une marque de respect, une exception dans l'indifférence générale.

- Jessica : Elle est la déesse, celle qui se donne "à fond comme une passionnée aux limites de la folie". Son couple avec Laurent est officiel.

- Éric : Il est le partenaire officiel de Béa pour les événements sociaux.

- Laurent : Il est l'ange, celui qui apprend, qui révise, qui participe.

- Les autres : Victor, Coralie, Misha, Philippine, Malaury, Sofia — tous ont trouvé leur place.

Conclusion

La vie est faite de routines et de moments de grâce. Les tournantes au grenier sont devenues une routine organisée, presque banale. La sortie à Notre-Dame est un moment de grâce, où la mémoire des morts est honorée. Les mendiants sont des "fantômes" qu'on ignore, comme on a été ignorés.

Par ailleurs, ce chapitre montre que la société parallèle s'est constituée. Chacun a son couple, sa place, son rôle. La sexualité est collective, mais l'amour est individuel.

Suite générative

Maintenant que la société parallèle est constituée et que la mémoire des morts a été honorée, comment ce groupe vivra-t-il les mois à venir, entre routines sexuelles et moments de recueillement ?

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