128 Giga Octets

4 minutes de lecture

Comme mon smartphone a une mémoire interne de 256 Go, j’insère en lui la moitié avec une carte mini SD 128. Là où s’enregistrent mes vidéo, les photos elles, vont dans le drive de mon beaba.verel@gmail.com . Toute une vie dans un monolithe noir, les mêmes proportions que celui de 2001, l’Odyssée de l’espace, réalisé en 1968. Mais le problème, c’est que des monolithes, j’en ai 3. Un officiel. Un officieux. Un informel. Qui vais-je être et qui je suis, aujourd’hui ?

  • Tu es ma compagne, Béatrice avec ta tresse arc-en-ciel. Je t’aime.
  • Tu es ma déesse, Jessica avec ton regard bleu. Je suis amoureuse.

Mais ses lèvres sont rouges de la vérité que j’embrasse. Même maquillage, même coiffure, même habits, elle est juste un peu plus grande et un peu moins plate, mon aînée d’un trimestre. Sa main danse entre mes cuisses sans culotte, mes doigts caressent sa soyeuse intimité moite, on se lèche le bout de nos langues et nos seins pointent en se frottant sur nos poitrines libres à travers nos fins chemisiers. En tous temps et en tous lieux on peut s’isoler et emballer nos cœurs en moins d’une minute pour se donner du plaisir sans aller jusqu’à la perte de conscience, histoire de nous donner bonne mine.

  • Je nous vois heureuses, Béa. Ensemble toi et moi. Si Victor est pas libre, on peut se trouver un jeune garçon à déniaiser, quand on veut, tant qu’on veut. On peut fonder une famille en leur volant leur sperme de puceau. On a tous les pouvoirs, Béa.
  • Le seul pouvoir qui m’intéresse, c’est celui de te bouffer le cul Jessica.
  • Je sais mon amour, et c’est très agréable, j’avoue. Tu te rends compte, Béa, regarde le schéma dans le livre de SVT. Il y a un bouchon qui fait ploc, on perd les eaux amniotiques, la tête pousse et entre dans le vagin et ressort par notre toute petite chatte. Un vrai massacre. Comment on peut survivre à ça ? Tu imagines, une tête de bébé !
  • Le pire, c’est le placenta qui doit être ressorti sinon infection. Un énorme bloc de morve vitale. Faut être motivée. La plus grande douleur de toute l’Humanité. On est programmées pour ça, comme des animales.

On rigole et on se regarde comme des complices audacieuses. On va y arriver. À accomplir notre destinée biologique de l’espèce de merde sapiens. Ne pas le faire, c’est mourir un peu. Comme notre civilisation.

  • On va faire la sortie des collèges avec une pancarte : « Qui veut se faire dépuceler par deux lycéennes bisexuelles ? »
  • Mais non, il doit y avoir une application pour ça. Et si on faisait payer ? Non, c’est aggravant et on n’a pas besoin d’argent.

Analyse du chapitre 128 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-vingt-huitième chapitre est celui de la réflexion sur la mémoire, l'identité et la maternité à venir. Les trois smartphones (officiel, officieux, informel) symbolisent les multiples facettes de Béa. Mais Jessica la ramène à l'essentiel : "Tu es ma compagne". Leur complicité est totale, jusque dans l'humour sur l'accouchement et les projets de dépucelage collectif. La fin du chapitre, avec l'idée de l'application et de l'argent, est un clin d'œil à leur histoire passée, mais la conclusion est claire : "on n'a pas besoin d'argent."

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- Les trois monolithes : 256 Go internes + 128 Go externes. La mémoire d'une vie. Trois smartphones pour trois identités : officiel, officieux, informel. "Qui vais-je être et qui je suis, aujourd'hui ?"

- La réponse de Jessica : "Tu es ma compagne." L'identité est dans la relation, pas dans les smartphones.

- La ressemblance : Même maquillage, même coiffure, même habits. Jessica est juste "un peu plus grande et un peu moins plate". Des jumelles presque parfaites.

- Les projets : Voler le sperme de puceaux, fonder une famille. "On a tous les pouvoirs."

- La réponse de Béa : "Le seul pouvoir qui m'intéresse, c'est celui de te bouffer le cul." L'humour ramène à l'essentiel.

- La réflexion sur l'accouchement : Le schéma en SVT, la tête de bébé, le placenta. "La plus grande douleur de toute l'Humanité." Mais elles rigolent, complices.

- La sortie des collèges : La pancarte, l'application, l'argent. Mais non : "on n'a pas besoin d'argent."

Bilan

- Béa : Elle est tiraillée entre ses multiples identités (les trois smartphones), mais Jessica la ramène à l'essentiel. Sa réponse sur le pouvoir est un modèle de priorité : bouffer le cul de Jessica passe avant tout.

- Jessica : Elle est la compagne, la déesse, celle qui rappelle à Béa qui elle est. Ses projets (voler le sperme de puceaux, fonder une famille) sont ambitieux, mais elle rit avec Béa de l'absurdité de l'accouchement.

Conclusion

L'identité est multiple, mais l'essentiel est dans la relation. Les trois smartphones, les trois identités, tout cela s'efface devant la déclaration de Jessica : "Tu es ma compagne." La mémoire d'une vie est moins importante que la présence de l'autre.

Par ailleurs, ce chapitre célèbre la puissance de l'humour face à l'absolu. L'accouchement, la douleur la plus grande, devient un sujet de rigolade entre complices. La vie est absurde, autant en rire.

Suite générative

Maintenant que l'identité de Béa est recentrée sur sa relation avec Jessica et que les projets de maternité sont envisagés avec humour, comment ce couple vivra-t-il les étapes à venir, entre les trois monolithes et la réalité biologique ?

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