143 - on n'a pas

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En tenue elle est encore plus sexy. On adhère complètement à la secte étrange que nous propose Pauline et on confirme notre confirmation. On pourrait rester ici toute la vie, loin du tumulte du monde. Prières spirituelles et extases physiques. Pauline a une surprise pour nous. Elle nous présente la mère supérieure qui s’occupe d’un bébé.

  • C’est un garçon. C’est l’élu.
  • Qui est la maman ?

Mère supérieure enlève sa coiffe, elle a une frange de beaux cheveux noirs. Elle ouvre sa poitrine et nous présente ses mamelles qui suintent déjà de gouttelettes nacrées. Je me mets sur son sein gauche côté cœur et Jessica sur le droit. Mère Marie appose ses mains sur nos nuques et guident nos bouches sur ses tétons turgescents. Une fois en bouche, je regarde Jessica et on ferme les yeux pour goûter à notre offrande sacrée et lactée bénie des déesses. Pauline nous ramène à Longvic pour nous déposer sur la ligne 6. En attendant le bus avec nous, elle nous prévient :

  • Le retour à la vie normale va vous peut-être vous paraître étrange avec le sentiment de ne plus être à votre place. Mais c’est faux. Vous êtes sous emprise mais vous êtes libres de continuer votre chemin. Même moi j’en suis sortie et je peux y retourner quand je veux.
  • On veut bien venir aider, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, sauf si il y a des activités scout ou autre. Notre agenda est chargé.

Pauline nous donne une brochure, un protocole de retraite, une semaine en immersion, plutôt pendant les grandes vacances. Ça nous paraît bien. Le bus arrive, on se fait la bise et on se sépare, avec émotion, les larmes aux yeux. Je serre fort la main de Jessica sur le chemin du retour. On prend un tram en correspondance pour rentrer à la maison où Jess se réfugie tout de suite dans les bras de ma mère. Elles ont tellement d’affection l’une pour l’autre, je les laisse se câliner en profondeur et je vais préparer nos affaires pour demain pour penser à autre chose et me sentir moins triste et moins seule. Ça ne dure pas, Jess me rejoint vite pour notre douche intime et on se met au lit pour faire l’amour après une dernière prière. Ça nous en fait des vies à gérer. Et ce n’est que le début. Mais le point commun entre toutes, c’est Jessica et moi, notre union politique, sociale, scolaire, spirituelle et charnelle. La liste est longue. Sans elle, je ne suis plus rien. Comme une jumelle sans sa jumelle. Au matin on se lève dans nos rôles de jeunes lycéennes dans notre dixième année de scolarité à être jugées pour des compétences qu’on n’a pas.

Analyse du chapitre 143 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-quarante-troisième chapitre est celui de l'initiation spirituelle et de l'affirmation de l'identité double. La visite au couvent, la mère supérieure allaitante, le bébé "élu" — tout cela crée une atmosphère sacrée, presque païenne. Béa et Jessica goûtent au lait maternel, participent à un rite d'offrande. Puis le retour à la vie normale, avec la promesse de revenir. La dernière phrase ("Sans elle, je ne suis plus rien. Comme une jumelle sans sa jumelle") affirme que leur identité est désormais inséparable.

Symbolique des événements et thèmes majeurs abordés

- La tenue : Le sacré et l'érotique se mêlent.

- La mère supérieure : Un rite d'allaitement sacré.

- L'offrande : Une communion.

- Le retour : L'ambivalence est assumée.

- Les engagements : Leur vie s'organise autour de cette nouvelle communauté.

- La jumelle : L'identité de Béa est désormais inséparable de celle de Jessica.

Bilan

- Béa : Elle tète le sein gauche de la mère supérieure, participe au rite. Son émotion est profonde. Sa déclaration finale sur la jumelle est une affirmation d'identité.

- Jessica : Elle tète le sein droit, se réfugie dans les bras de la mère de Béa au retour. Son lien avec la famille est renforcé.

- Pauline : La sœur bénédictine guide les filles, les ramène, les prévient. Elle est la passeuse entre les mondes.

- La mère supérieure : Figure maternelle sacrée, elle offre son lait. Son geste est à la fois nourricier et érotique.

- La mère de Béa : Elle accueille Jessica, la câline. Le lien maternel s'étend.

Conclusion

L'identité est double. Béa et Jessica sont devenues des "jumelles", inséparables. Le rite du couvent, l'allaitement sacré, scelle cette union. Leur vie est désormais organisée autour de cette double appartenance : le monde ordinaire et le monde sacré. Mais partout, elles sont ensemble.

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