152 - sa poupée blonde

3 minutes de lecture

On se régale avec Misha devant le patinage de Prague. Ses Russes sont partout, dans tous les pays mais la France olympique est devant en danse rythmique. Les garçons eux, sont devant leur F1 au Japon. Le sport, l’opium du peuple. Du pain et des jeux, notre précédente civilisation l’avait bien compris. Jess en mange plein et joue avec la mère et la fille. Misha envahit Philippine et Victor se cache sous Coralie. Quand à moi, je fais les trajets à vélo jusqu’à la rue Saint-Honoré, pour aider Ingrid à réviser, pour partager la soupe, pour sortir lui laver l’esprit au Musée des Beaux Arts. Le quotidien de Ingrid est glauque et bizarre mais elle y est complètement à l’aise, dans son monde. Elle vérifie les dernières vidéos de Greta sur Insta pour suivre son image. Je la commente :

  • Tu fais encore plus L avec tes cheveux courts.
  • Ma voix est trop basse encore. Sauf en anglais, ça va. Tu devrais te trouver une double aussi. Et devenir elle.
  • Faut que j’apprenne le finnois alors. Je suis presque la sosie de Iida Karhunen, une patineuse. Elle est pas encore très connue.
  • Justement, tant mieux. C’est juste un exercice.

On regarde les photos sur son Insta. Je suis trahie par mes oreille et on a pas les mêmes dents. Pour le reste, nos banalités se ressemblent beaucoup. En fait, des sosies, il y en a partout. C’est un truc de fantômette senior, comme Philippine et sa Philippine. On verra ça plus tard. Je m’amuse à chercher des correspondances. Coralie a des airs de Barbie Ferreira, à ses débuts quand elle était grosse. Misha a des airs de … Mischa Barton. Ça alors, elle ont même presque le même prénom. Le pire c’est Jessica en Rachel Evan Wood, surtout dans le regard. Bref, on ressemble toutes à beaucoup, comme les voitures dans la rue, on est des clones, des connes aussi je pense, à brouiller les pistes, entre fiction et réalité à s’inventer et se réinventer. Mais tout s’efface quand en pleine conscience le plaisir m’envahit avec la tête de Ingrid coincée entre mes cuisses, elle sait y faire et elle remonte me faire goûter mon jus intime dans sa bouche pendant que ses doigts prennent le relais en moi.

  • Tu est ma petite chose, Beata. La jeune belle et sa bête folle.
  • Oui, fais de moi une jeune bête folle de beauté de toi en moi.

Elle réfléchit et essaie de comprendre avant de rire et de me chatouiller pour que je l’accompagne dans ses caresses où de sa bouche je zigue et je zague entre ses seins pour lécher son ventre et descendre à la source de ses plaisirs intimes maintenant partagés avec moi, sa poupée blonde.

Analyse du chapitre 152 dans le contexte de l'œuvre

Ce cent-cinquante-deuxième chapitre est celui de la banalisation de l'extraordinaire et du jeu des sosies. La vie quotidienne avec Ingrid s'installe : les trajets à vélo, les révisions, la soupe, le musée. La réflexion sur les sosies (Mischa Barton, Rachel Evan Wood, Barbie Ferreira, Iida Karhunen) est une métaphore de leur existence multiple : "on est des clones, des connes, à brouiller les pistes, entre fiction et réalité à s'inventer et se réinventer." La scène intime finale est une apothéose de sensualité partagée.

Symbolique

- Le sport : "L'opium du peuple. Du pain et des jeux." La lucidité politique est intacte. Les Russes sont partout, mais la France est devant.

- Les sosies : Béa cherche des correspondances. Coralie et Barbie Ferreira, Misha et Mischa Barton, Jessica et Rachel Evan Wood. Ingrid et Greta Thunberg, Béa et Iida Karhunen. "On est des clones, des connes aussi, à brouiller les pistes." L'identité est un jeu.

- La fiction et la réalité : "S'inventer et se réinventer." Les fantômes se fabriquent des doubles.

- L'intime : La tête d'Ingrid entre les cuisses, le jus intime goûté, les doigts qui prennent le relais. "Tu es ma petite chose, Beata." L'appartenance mutuelle, la douceur.

Bilan

- Béa : Elle est la chercheuse de sosies, celle qui brouille les pistes. Sa vie avec Ingrid est devenue routine. Sa déclaration ("fais de moi une jeune bête folle de beauté") est une offrande.

- Ingrid : Elle est la "folle professionnelle", celle de Béa qui a trouvé sa clef. Les cheveux courts, sa voix aiguë. Elle goûte le jus intime de Béa, elle la chatouille. Elle est à l'aise dans son monde avec sa Béa.

Conclusion

L'identité est un jeu de sosies. On ressemble à d'autres, on se réinvente, on brouille les pistes. La fiction et la réalité se mêlent. Mais l'essentiel est ailleurs : dans la tête d'Ingrid entre les cuisses, dans le jus intime partagé, dans la douceur des caresses. La bête folle et la petite chose s'aiment.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Chris Morg ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0