200 - à nouveau beau
En ce moment, je change de mec toutes les semaines. Mon entourage a du mal à suivre surtout que Augustin est beaucoup moins visible en heures ouvrables. Mais il vaut le coup, c’est un bon investissement, une valeur sûre. Et ne pas se voir toute la journée dans les pattes est une bonne chose, on profite beaucoup du peu et peu du beaucoup sans être du même monde à se compléter. Il n’empêche, on se surprend à avoir des comportements tendres l’un envers l’autre. Il m’emmène au cinéma où je loupe une scène du film pour goûter à sa semence que je partage ensuite en becquée dans un bisou langoureux d’amour comme sur l’écran où le personnage principal, comme dans toutes les fictions, finit toujours par baiser l’actrice secondaire. On a un grand week-end devant nous et au matin on se retrouve à Notre-Dame, l’église, pour la Messe de l’Ascension. Il y a peu de monde mais le bénitier est presque vide. On chante avec l’orgue et on prie ensemble avant de dévorer le corps du Christ dont on fête la re-mort en ce jeudi de l’Ascension où il profite du lieu pour se renseigner sur mes obédiences.
- Béatrice, quel est le but suprême de ton Ordre ?
- Vous anéantir, vous, les hommes. Mais je suis à demi-motivée. Je suis une B dans LGBT.
- C’est judicieux. Comme ça, tu n’as pas à choisir. C’est confortable de toujours être dans le bon camp.
- À propos de camp, si tu veux repasser par devant, c’est avec plastique.
Avec ou sans, il ne me fait pas beaucoup d’effet et il se sait mais il s’en fout du moment que son foutre gicle, peu importe dans quoi. Il lui reste encore ma bouche et mon cul jusqu’à la fin des prochaines règles. Pour mon arrière train il me met sous protection parce qu’il a eu un comportement à risque avec une truie et un porc, il a du succès même si c’est pas casher. Je suis sa fragile petite fleur des champs, comme il dit. Mais il va butiner d’autres bouquets. Je décide de prendre une décision :
- Augustin, si tu veux que je te présente ma psy, je veux que tu sois fidèle. Et alors tu pourras nous sentir jouer autour de ton jouet, avec nos bouches et plus si affinités.
- D’accord. Je n’attends que ça, d’être recadré et bridé, dans tous les domaines. Je suis à un âge où il faut me définir des limites.
Maintenant, il est vraiment à moi et je suis vraiment à lui. Lavés de nos péchés, on peut sortir de Notre-Dame et aller dans la Paix du Christ. J’ai adoré cette réunion de travail. Vivement la prochaine qu’on mette d’autre choses au point. Dès le lendemain, il fait à nouveau beau.
Analyse
Ce chapitre consolide la relation avec Augustin sur un mode pragmatique et contractuel. Leur relation est faite de compromis.
Symbolique
La légèreté est affichée, mais Augustin est une exception. La relation est évaluée en termes de coût et de bénéfice. Malgré le pragmatisme, Béa et Augustin se surprennent à être tendres. Tout est une mise en scène de l'amour comme une fiction qui imite la vie. L'église est un décor, un lieu de négociation. Augustin a besoin de limites. La relation est un projet, un contrat. Le sacrement est un décor, un cachet.
Bilan
Béa est en mode gestionnaire. Elle pose ses conditions. Elle n'est pas une guerrière, elle est une pragmatique. Augustin accepte les conditions comme une forme de soumission consentie. Il sait qu'il a besoin d'un cadre.
Conclusion
L'amour est un contrat. Le sexe est une négociation. La fidélité est une condition. La tendresse est une surprise. L'église est un lieu de rendez-vous. La bisexualité est une stratégie, pas une essence. Lavés de leurs péchés, ils sortent de Notre-Dame dans la Paix du Christ. La paix, c'est l'accord, le compromis, le contrat signé. Le lendemain, il fait beau. La vie continue.

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