Vendredi 17 avril
« Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? »
Rebecca et Amanda continuaient de commenter les amours impossibles d’un certain Stevie avec je ne sais plus le nom de la fille. Depuis qu’Amanda avait été embauchée dans la même boîte que Rebecca, je me sentais de plus en plus exclue de leurs conversations. Elles parlaient d'un mec que je ne connaissais pas, d'une fille que je n'avais jamais vue, tout ce qu'elles en disaient était abstrait, inconsistant.
En plus l'histoire n'était pas intéressante, d'une banalité affligeante. Un classique au scénario couru d'avance. Vanessa (on va l'appeler Vanessa, la meuf), était secrètement amoureuse de Stevie. Mais Stevie ne le savait pas. Elle lui envoyait des signaux qu'elle pensait explicites mais pas trop quand même et le gars ne réagissait. Soit il était aveugle, soit il s'en foutait de la fille.
Mais Nicolas, celui-là
Ne le savait pas
Evelyne toute sa vie attendit
Que le monsieur en gris lui sourit
J'avais, essayez de comprendre pourquoi, la chanson des Rita Mitsouko dans la tête.
Les histoires d'a
Les histoires d'amour finissent mal
En général
Surtout celles qui finissent faute d'avoir pu commencer.
Du coup, j'avais commencé à laisser mon esprit vagabonder. Mon regard aussi. Non loin de notre table, il y avait trois mecs accoudés au comptoir. Eux avaient l'air d'être engagés dans une conversation passionnée et passionnante. J'en étais jalouse.
Le plus passionné était le blondinet qui parlait en faisant de grands gestes. Il mimait je ne sais quoi, je n'arrivais pas à comprendre car avec le brouhaha qui régnait dans le bar je n'entendais rien de ce qu'ils disaient. Mais ce qui m'intriguait le plus dans cette scène c'était le pantalon du blondinet. Peut-être que parce qu'il se tenait sur une jambe, l'autre était légèrement repliée ou bien était-ce la coupe de son pantalon qui faisait cela. Pourtant ce semblait n’être n’était pantalon cargo très ordinaire. Toujours est-il qu’il avait attiré mon regard.
Alors oui, je sais ce qu'il y a dans le pantalon des garçons. J'ai déjà vu le loup comme disait ma grand-mère même si ce qu'il y a dans leur pantalon ne ressemble pas du tout à un loup. Une anguille au pire, mais toute petite alors ! La question n'était d'ailleurs pas ce qu'il y avait devant mais plutôt derrière. Son pantalon lui faisait vraiment de toutes petites fesses !
Déjà que ce n'est pas juste. Le fessier c'est censé être le plus gros muscle du corps humain, les hommes sont censés être plus musclés que les femmes, courir plus vite et tout cela. Et pourtant ils ont des plus petits culs que les nôtres. J'adore les petites fesses. Je craque sur les petites fesses. Mais lui ce n'est pas de petites fesses en forme de pommes comme je les aime qu'il avait, mais carrément pas de fesses du tout ! Ou presque !
« Moi je te dis qu'elle devrait l'inviter à boire un verre avec elle un soir après le boulot, a suggéré Amanda.
- T'es folle !
- Amanda a raison. Pourquoi les filles ne feraient pas le premier pas ! » ai-je lancé.
Le premier pas
J'aimerais qu'elle fasse le premier pas
Je sais, cela ne se fait pas
Pourtant j'aimerais que ce soit elle qui vienne à moi
« Où sont les féministes quand il s'agit de risquer de se prendre un râteau ? » ai-je ajouté, histoire d'enfoncer le clou.
Et maintenant c’était du Bénabar que j'avais en tête. Lui demande Où sont les féministes quand il s'agit de s'ouvrir les mains en parlant de bourriches d'huitres à ouvrir et de possibles points de sutures à récolter. Mais pourquoi, je ne pense qu'en paroles de chansons ce soir ? En plus en paroles de vieilles chansons, celles que m’a infligé ma daronne en voiture. Ne serais-je donc pas capable de penser par moi-même ?
« Le problème est que dans notre société, ça ne se fait pas » a voulu argumenter Rebbeca.
Je sais, cela ne se fait pas
Elle aussi est imprégnée des clichés que l’on retrouve dans les chansons ?
« Un mec qui va au-devant d'une fille c'est un séducteur, une fille qui va au-devant d'un mec, c'est une pute, une racoleuse.
- Ou alors le mec c'est un harceleur. C'est peut-être pour cela que votre Stevie, il n'ose pas. Il n'a pas envie de se retrouver en garde à vue pour agression sexuelle ou tentative de viol.
- T’es conne ! »
Ou comment clore le débat avec un argument imparable... Et elles sont reparties toutes les deux sur l'analyse des signaux faibles émis par ladite Vanessa à l'attention du Stevie et pour en conclure qu'ils étaient suffisamment explicites pour susciter la réaction d’un mâle normal. Du coup, elles commencèrent à se poser la question si Stevie n'était pas homo en fait. Et de chercher des indices en ce sens : toujours bien habillé, peut-être un peu maniéré ? La foire aux clichés ! Les mecs ne pourraient être que machos ou homos. Normaux, y a pas ? Ou alors « normaux » c’est « machos » ? La norme est qu’ils soient machos ?
Je n’avais pas envie qu’on commence à s’engueuler sur le sujet. Du coup j'ai laissé à nouveau mon regard musarder dans le bar. Et évidemment il est retombé sur le groupe des trois mecs avec le blondinet au pantalon chelou. Il était beaucoup moins excité que tout à l'heure. Il était même plus du tout excité. Il écoutait les deux autres en train de parler et semblait s'ennuyait presque autant que moi. Du coup lui aussi commença à regarder autour de lui et fatalement, nos regards se sont croisés.
Vite, réagir ! Revenir à la conversation avec les filles ! Ne pas lui laisser croire que je m'intéresse à lui ! D'abord il n’est pas du tout mon genre de mec. Moi les mecs qui m'attirent ce sont des grands bruns, pas les petits blondinets avec les cheveux en brosse.
Avec ses cheveux en brosse,
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse,
Bravo
Pour le coup, il faisait vraiment gosse, le blondinet. J'espère que la barmaid avait vérifié sa carte d'identité avant de lui servir sa bière ! Et puis pourquoi je me pose toutes ces questions ? Pourquoi j'aurais peur de regarder un mec ? Pourquoi j'imagine tout de suite qu'il va croire que je m'intéresse à lui, venir me harceler avec toute la lourdeur que peuvent avoir les mecs dans ces cas-là ?
Ok, ça s’appelle l’expérience. On a toutes vécu un jour cette situation pénible, celle du mec lourd qui se croit irrésistible et dont on n'arrive pas se défaire. Mais aussi qu'avec toutes les stratégies d'émissions de signaux faibles que nous déployons pour inciter les mecs à venir faire le premier pas, nous autres de la gent féminine, n'encouragerait-on ce type de comportement dont nous sommes les premières à nous plaindre ? Si on savait dire franchement « oui, quand c’est oui » à un mec qui nous plait, ils comprendraient plus vite que « quand c'est non, c'est non » et pas « non tout de suite, parce que ça ne se fait pas de dire oui immédiatement, mais peut-être oui, si tu daignes insister un peu pour que je puisse dire oui sans passer pour une fille facile ». Ou une pute comme venait de le dire si élégamment Rebecca.
En fait je m'aperçois que même les femmes comme Rebecca qui se croient libérées, restent prisonnières des schémas du patriarcat. Pire elles contribuent à les faire vivre !
J'ai regardé une nouvelle fois en direction du blondinet. Il a aussitôt détourné les yeux. Tiens, lui aussi me matait ! Il a continué à s'ennuyer ferme en écoutant ses potes et moi je suis retournée à la conversation des filles, sauf que toutes ces réflexions solos avaient réussi à me mettre en colère. En colère contre elles, contre moi, contre la société.
« Vous vous faites des nœuds au cerveau pour rien les filles. C'est Amanda qui a raison : il faut que la Vanessa, elle prenne son courage à deux mains, qu'elle invite son Stevie d'amour à aller boire un verre. Soit il lui dit qu'il ne peut pas car sa fiancée ou son mec l'attend à la maison, soit il lui sort une excuse bidon genre « j'ai piscine », soit il dit oui, mais dans tous les cas, elle avance.
- Elle n'osera jamais.
- C'est le problème !
- Et toi, tu oserais aborder un mec comme ça pour l'inviter à prendre un verre avec toi ? »
C’est à ce moment précis que tout a dérapé ! Rebecca n'aurait pas dû dire ça ! Pourtant elle me connait. On est ensemble depuis le primaire. Le jeu « cap ou pas cap ! » on y a joué souvent. Et plus souvent en ce qui me concerne du moins à « cap ! » que à « pas cap ! ». Ça m'a valu, ça nous a valu pas mal de punitions, de blessures (parce que des fois, on était vraiment tarées) et de galères pour essayer de nous sortir des situations impossibles dans lesquelles nous nous étions fourrées.
Faut pas me mettre au défi ! Elle le sait ! Surtout quand je m'ennuie ! Surtout quand je suis en colère après m'être chauffée toute seule !
Du coup je me suis levée. Je suis allée droit vers le blondinet sans fesses qui m'a regardé avec des yeux ronds, sa bière presque vide au bord des lèvres, n'osant plus bouger. Le pauvre, il a dû croire que je venais l'engueuler parce qu'il avait osé me fixer tout à l'heure.
Je me suis adressé à lui : « Je peux t'offrir un verre ? ».
Les peaux des blonds, ça rougit très vite. Mais lui n'a pas seulement rougit : ses joues sont devenues écarlates. Il a vidé ce qui restait de sa bière d'un trait. Ses copains se sont marrés et se sont légèrement écartés de lui pour voir le spectacle. Bonjour la solidarité masculine !
J'entendais derrière moi les filles pouffer. Les filles, dans ces cas-là, faut que ça pouffe ! Insupportables !
Il a dégluti sa bière et bégayé ce qui ressemblait à un :
« Vo-volontiers !
- Qu'est ce tu bois ?
- La même chose, a-t-il dit en secouant son verre vide. Un panaché ! »
Un panaché ! Je suis en train de draguer un gamin ! Je vais finir au commissariat pour détournement de mineur ! Peut-être que ses grands frères à coté vont venir à son secours et du coup au mien pour me sortir de ce mauvais pas. Mais pourquoi je ne réfléchis pas davantage avant d'agir ? Mais non, les deux lascars se sont juste marrés encore davantage en lui faisant de gros clins d'œil, pas discrets du tout et se sont encore plus éloignés pour nous laisser à notre « intimité ».
J'en ai profité pour contourner le blondinet et m'assoir sur le tabouret juste à côté de lui. Parce qu'il était plus grand que moi (pas difficile avec mon mètre soixante) et que je ne voulais pas qu'il me regarde de haut comme ça. Là au moins je me suis retrouvée à sa hauteur. J'étais même peut-être un peu plus grande que lui.
J'ai commandé deux panachés. Pas parce que j'avais aussi envie d'un panaché, mais parce que dans les films, la personne qui invite (généralement le mec) boit toujours la même chose que la personne invitée (la fille). Et puis je n'allais pas prendre un autre mojito. Fallait quand même que je reste à peu près lucide pour essayer de gérer cette situation scabreuse sans trop de casse.
« Tu t'appelles comment ?
- François.
- Julie. Tu avais l'air de t'ennuyer.
- Bien remarqué. Toi aussi. »
Donc il m'avait bien observé, lui aussi.
« Pourtant tout à l'heure, t'avais l'air à fond dans la conversation ».
Autant jouer cartes sur tables et avouer que ça fait un bon bout de temps que je l'observe.
« Tout à l'heure, on parlait cinéma, scénarios. Ces deux imbéciles prétendaient que Dune c'est du plagiat de Star Wars. N'importe quoi ! Ces incultes ne savaient même pas que Frank Herbert a écrit Dune bien avant que George Lucas n'écrive une première ligne du scénario de Star War. Mais maintenant, ils parlent du match de foot qu'ils vont aller voir ensemble dans deux jours et des chances qu'a Rennes de battre Nantes. Ils sont en train de passer en revue les qualités et les défauts des joueurs de chaque équipe, remplaçants compris. Moi vingt-deux gugusses qui courent après un ballon, c'est pas trop mon truc ! ».
Je pouvais m'estimer chanceuse. J'avais finalement deux chances sur trois de tomber sur un type qui m'aurait saoulé avec du foot ou avec qui je n'aurais eu aucun sujet de conversation à partager pendant qu'on buvait ce foutu panaché. En plus ce qu'il avait à dire était plutôt intéressant. Pour lui, m’a-t-il expliqué une histoire, un scénario tient à la profondeur de l'univers qui est derrière et que le lecteur ou le spectateur découvre petit à petit en suivant un héros naïf découvrant lui-même cet univers.
Evidemment sa théorie fonctionne bien pour les univers fictionnels type Star Wars ou Dune. Mais lui prétend que ça marche aussi pour les polars. Le héros naïf est alors le policier qui essaie de démêler l'intrigue et le polar est d'autant meilleur que l'intrigue était bien emmêlée et l'enquêteur bien largué au début. On a débattu de tout cela car forcément à partir du moment où quelqu'un défend un point de vue, je me sens obligée de défendre le point de vue adverse. Esprit de contradiction, dit ma mère ! Nous avons évoqué une multitude de films, de romans, de séries à titre d’exemple ou de contre-exemple : le Titanic, on connait tous le contexte, la fin est même connue d’avance. 90% des victimes du naufrage étaient des hommes et qu’il y ait de la place ou non sur cette foutue planche, il était plus crédible que Jack se noie qu’il survive au naufrage. Mais selon lui, les histoires d’amours échappent à sa règle. Et finissent mal, en général diraient les Rita Mitsouko. Non ce n’est pas vrai : dans les films et les romans elles finissent bien la plupart du temps : Pretty Woman part avec son milliardaire. Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant se font agresser sexuellement pendant leur sommeil et se retrouvent en cloque.
J'étais quand même étonnée que nous ayons plus ou moins les mêmes goûts en la matière et que nous connaissions tout des films et séries que nous nous balancions à l’un à l’autre à titre d’arguments.
Gentleman, il m'a offert un second panaché quand nos verres ont été vides et on a continué de se quereller sur le sujet. Un moment Rebecca et Amanda sont venues vers nous pour me dire au revoir. Elles ont serré la main de François et cette petite peste d'Amanda m'a soufflé à l'oreille : « Tu nous raconteras tout cela demain. Je veux tous les détails ». En insistant bien sur le « tous ».
Quelques temps plus tard ce sont ses potes qui sont rapprochés de nous : « Eh bien mon Fanch, bonne fin de soirée » avec un gros clin d'œil bien vulgaire. Ils ont fait la bise à François. C'est rare les mecs qui se font la bise. D'habitude ce sont des poignées de mains bien viriles ou des tapes sur l’épaule. J'ai même eu l'impression qu'un des deux lui a fait une petite tape sur les fesses. Moi, ils m'ont quasiment ghosté. J'étais sur le point de demander à François : « c'était quoi ce surnom de Fanch ? » mais je me suis ravisée. François était déjà reparti sur Harry Poter pour tenter de me convaincre que ce qui avait fait le succès des romans et des films c'est justement que Harry n'avait pas été élevé dans une famille de sorciers et découvrait tout cet univers en même temps le lecteur. De même ce qui faisait le succès du Seigneur des Anneaux c'est que les hobbits qui en sont les héros involontaires vivent dans une bulle isolée de la Terre du Milieu et ne connaissent pas grand’chose de ce qui existe en dehors de leur Comté. Si le héros avait été un elfe avec toute sa mémoire du passé, le roman, et les films, n'auraient pas eu le même succès.
J'étais sur le point de lui proposer un troisième panaché quand je me suis rendu compte que le bar était quasiment vide et que la barmaid attendait sagement mais ostensiblement que les derniers clients vident les lieux. J'ai regardé l'heure sur mon téléphone. Oops, une heure du mat ! Cela faisait donc presque trois heures que nous discutions et je n'avais pas vu le temps passer. J'ai bredouillé qu'il était temps que je rentre.
Je suis passée aux toilettes avant parce que la bière, même coupée de limonade, cela reste chez moi puissamment diurétique. Quand j’en suis ressortie, il m'attendait. Il m'a demandé dans quelle direction j'allais. Je lui ai dit que je n’habitais pas loin, dans des nouveaux immeubles le long du canal du l'Ille. Il a prétendu que c'était justement sa direction et a insisté pour m'accompagner.
Je n'ai pas dit non. D'abord parce que cela me rassurait quand même de ne pas avoir à faire le chemin seule dans la nuit, même si, il faut bien avouer, le blondinet n'avait pas vraiment la carrure d'un garde du corps. Et puis j'avais un peu menti sur le « pas loin ». Depuis le Mail François Mitterrand, il y en avait pour une bonne demi-heure de marche. Donc on a continué de discuter en marchant.
Arrivés au pied de mon immeuble, François se tortillait sur place. Je sentais bien qu'il n'avait pas trop envie de me laisser là. Je dois reconnaitre que moi non plus. J'étais quand même sur le point de lui dire au revoir et merci pour la soirée quand il m'a sorti : « J'ai encore envie de pisser. Je pourrais pas monter chez toi juste le temps de ? Après promis je te laisse. »
Prétexte ou véritable envie ? C'est vrai que la bière... et lui en avait au moins bu au moins trois et peut-être même plus. En tout cas, si c'était de la comédie, c'était une belle performance d'acteur car il se tortillait vraiment sur place comme quelqu'un qui a une grosse envie et n’arrive plus à se retenir.
A défaut du César du meilleur acteur pour son rôle dans « Une envie de pisser », je lui ai accordé comme récompense pour sa performance, le droit de monter chez moi. Parce que j'avais pitié de lui. Mais aussi parce que j'avais confiance en lui. Je n'arrivais pas à me l'imaginer en violeur même si finalement cela ne faisait même pas 3h que je le connaissais. Je ne savais même pas son nom de famille ! Pour porter plainte demain au commissariat, cela n'allait pas m'aider.
Quand on est arrivé à l'appart, il a directement demandé le chemin des toilettes. Quand il en est ressorti, on s'est retrouvé tous les deux comme deux imbéciles, juste devant la porte d'entrée. Qui du coup était une porte de sortie. Lui semblait hésiter sur ce qu'il devait faire. Et moi, je me suis rendu compte alors que je n'avais absolument pas envie qu'il parte.
Il s'est approché de moi : « Bon et bien merci pour la bière et pour la soirée. Ce fut très agréable. Bien plus que de discuter avec deux couillons d'un match de foot à venir ». Il s'est penché vers moi pour me faire la bise (quand même !). Et là, je ne sais pas ce qui m'a prise. Alors qu'il hésitait à commencer par la joue droite ou par la joue gauche, je l'ai embrassé pleine bouche, ses lèvres contre mes lèvres. Je l'ai d'abord senti surpris, décontenancé. J'ai eu peur de me prendre le râteau de ma vie. Ah les fameux signaux faibles qu'on croit avoir détecté alors qu'on ne faisait que prendre des désirs pour des réalités !
Mais il a commencé à me rendre mon baiser. Il a passé une main dans mon dos ce qui m'a rassurée. J'ai commencé à lui retirer la veste kaki qu’il avait enfilé en sortant du bar. Il a passé à nouveau sa main dans mon dos mais cette fois il l'a glissée sous mon haut. Le contact de ses doigts sur ma peau m'a fait frissonner de plaisir. J'ai alors à mon tour glissé mes mains sous son tee-shirt. Puis je le lui ai carrément fait passer par-dessus la tête. L’ayant mis torse nu, je ne pouvais être plus explicite sur ce que j'attendais de lui.
Il a aussitôt commencé à me caresser les seins. J'ai enlevé mon haut pour lui en faciliter l'accès. Puis j'ai décollé mes lèvres des siennes et lui ai pris la main pour l'entrainer dans la chambre.

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