La Mission

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Lames était assis sur son lit, et lisait le papier que le professeur Voss lui avait donné. C’est une scientifique récente au sein de la BIMC et qui étudie la psychologie des victimes trouvées lors d’interventions. Sur le papier, il était indiqué :

*

INFILTRATION DANS LE MONDE CIVIL

Objectif : Créer un personnage de toute pièce que tu incarneras.

Moyen : Habitant en face de chez le professeur Claire Voss, vous la suivrez dans son travail en tant que nouveau, où elle vous apprendra les manières de faire du site. Ce métier, c’est formateur aux gestes de self-défense. Vous pourrez, dans certains cas, être accompagné de votre élève, qui suit actuellement la formation de self-défense afin d’être prêt en cas d’affrontement en public.

*

Lames se laissa tomber. Un élève ? Il avait un élève ? Depuis quand ? Qui c’est ? Il se rendit au centre afin de trouver le professeur Rise, mais celui-ci n’y était pas. Personne ne savait. Il l’appela, mais une femme décrocha :

- Allo ?

- Bonjour, je cherche Antoine Rise, dit-il.

- Ce n’est pas son numéro. Enfin, avant, si, mais maintenant… C’est moi.

- Savez-vous où puis-je le trouver ?

- Il n’est pas disponible. Quelque chose à lui demander, Lames ?

Lames s’arrêta. Comment le connaissait-elle ?

- Oui, il faut que je vous voie physiquement, ainsi que votre carte.

- Et bien… Demain, je passe au Bloc, j’ai une annonce à faire… mais je ne dis rien pour l’instant

- D’accord.

Il raccrocha. Qui était-ce ? Jamais Lames n’avait entendu une voix pareille. Trop de changements paraissent étranges. Pendant qu’il marchait, il croisa Néant.

- Mais c’est ce bon vieux Lames ! Je t’ai pas croisé depuis le combat de l’autre jour ! Je pensais que t’était à l’hôpital !

- Pardon ? Est-ce ainsi que l’on parle à son supérieur ?

- Quoi ? T’es sérieux Lames ? Après tout ce temps ?

- Je ne vous connais pas, mais ce manque de respect mérite un châtiment. Vous recevrez la punition adaptée, soyez-en sur.

- Quoi ? C’est pas vrai… Tu blagues, pas vrai ? Tu vois au moins qui je suis ?

- Je n’ai pas le temps pour ces bêtises. Retournez à votre mission, et vous effectuerez la punition au moment voulu

- Lames ? C’est bien toi, t’es sur ?

Lames repartit, laissant Néant debout, sans voix. Lames pensa « Depuis quand est-ce que les gens se laissent aller comme ça ? Je n’ai jamais vu ça depuis la mort de Fly… Il faudrait vraiment retrouver son tueur, d’ailleurs. Je vais demander à N°7 où elle en est de l’enquête. Il l’appela par mentale :

- Aphrodite ? Où en es-tu à propos de ton enquête ? As-tu fait un rapport ?

- Pardon ? Tu veux un rapport ? Alors que d’habitude, tu me dis de ne pas en faire car tu ne le lis pas ? Répondit-elle.

- N°7 ! Est-ce ainsi que vous parlez à votre supérieur ?

- Pardon… Mais, allez-vous bien ? Vous me donnez l’impression d’être vide, sans âme…

- Je vais parfaitement bien. Mais pourquoi donc ?

- Et bien… Avant… Vous laissiez les gens vous appeler par votre nom de code, et vous ne demandiez pas de rapport. Qu’est-ce qui a changé ?

- Rien… Je n’ai jamais eu une relation aussi peu sérieuse.

Et il quitta la mentale. Au bout d’un moment, c’est bizarre, non ? se demanda-t-il. Il décida d’attendre demain, et il aurait des répons auprès de cette femme… Ou alors… Pourquoi pas demander à la scientifique ? Il décida de se rendre dans son nouvel appartement. En arrivant, il croisa la professeur, qui lui fit un salut, puis partit. Depuis un petit bout de temps, les gens semblaient le connaître sans que Lames ne les connaissent, comme si il lui manquait une partie de sa vie. Il doutait… il sentait un vide en lui, et rien n’y changeait. Il entra, et s’installa sur son bureau. Il était vide, comme toute la pièce : pas d’affaires personnelles, pas de traces, rien… on aurait dit un appartement neuf, alors que c’était déjà utilisé avant. Il sortit une feuille d’un tiroir, un stylo d’un autre, et commença à écrire :

Bonjour professeur,

Etant en lieu semi-public, je ne peux pas vous parler, et je suis obligé de vous laisser une lettre. Depuis quelques temps, les gens me parlent comme à un ami, mais je n’ai aucun souvenir de les connaître mieux que de simples collègues. Si vous accepteriez de me raconter ce qu’il s’est passé, car je pense avoir perdu un bout de mémoire.

Il plia la lettre, la glissa dans une enveloppe, et la fit passer sous la porte de l’appartement du professeur. Celle-ci était partie, et il ne peut donc rien faire qu’attendre la lettre.il regarda sa montre : 22 heures 36. Il décida alors d’aller se coucher.

Le lendemain, il se rendit compte qu’il n’avait pas fait de courses, et donc qu’il n’avait pas à manger. Il ouvrit son frigidaire, espérant y trouver quelque chose, mais rien. Il s’habilla en vitesse, un tee-shirt blanc, un jean, des baskets blanches, une veste en jean. En ouvrant la porte, il vit la professeur sortir de chez elle.

- Bonjour, où allez-vous ?

- J’ai rendez-vous pour le travail. Normalement, vous aussi. Avez-vous allumé votre téléphone ?

- Pas encore. Je n’ai même pas mangé.

Il regarda son téléphone, et il y avait bel et bien une notification : Rendez-vous au Bloc à 12:00. Une annonce sera faite.

Il se tourna vers le professeur, puis dit :

- C’est dans 3 heures… vous avez quelque chose à faire ?

- Non, tu avais une question ? Répondit-elle

- Vous avez reçu ma lettre ? Demanda Lames.

- Oui. Que dirais-tu d’en parler à l’intérieur ?

Il acquiesça, puis ils se dirigèrent vers l’intérieur. A l’intérieur, le mobilier était tout ce qu’il y a de plus banal : table en bois, petite cuisine, étagères avec des livres, un ordinateur fixe. Mais Lames s’en rendit compte directement. Il comprit la disposition de l’appartement, et il manquait 5m². Suffisant pour se cacher ou s’enfuir. C’est quelque chose que Lames n’avait pas, surement car il n’en a pas besoin. Le professeur revint, un carnet et un stylo dans la main, et demanda :

- Alors… Tu dis avoir… des troubles de la mémoire ?

- Ce serait l’idée, oui.

- Quel est le dernier souvenir précis que tu n’aies eu ?

- Je ne sais pas… j’ai beau chercher, je ne trouve pas. C’est justement ce qui m’a fait vous écrire. Répondit Lames.

- Je vois… tu te rappelles de "Nightmare" ?

Lames serra les poings, sans comprendre pourquoi.

- Je ne sais pas qui c’est, mais je ne pense pas qu’on s’entende bien : mon corps a serré les poings, comme par réflexe.

- Effectivement, c’est le moins qu’on puisse dire : il a failli te tuer. Tu as perdu un bras, et tu es devenu inconscient. Dit le professeur.

Elle hésita. Pouvait-elle lui dire ce qu’il s’était ? Pourquoi s’était-elle permise de dire ça ? C’était la phrase de trop.

- Et après ? Demanda Lames.

- Non, rien. On est intervenu, et on l’a battu. C’est juste qu’il t’a fait souffrir. Heureusement, on a retrouvé ton bras, et on l’a recollé grâce à un nouveau produit. On pouvait pas laisser mourir le N°1…

Elle serra les poings. Pourquoi fallait-elle qu’elle mente ? Elle a essayé de mentir à Lames… Lames ! L’arme ultime de la BIMC… C’est plus dangereux que tout… derrière un froid impénétrable, elle cache en vérité un visage de terreur. Elle sait à quel point il est fort, et elle sait qu’il est actuellement incontrôlable.

- Tu as surement perdu un bout de mémoire, et tu ne te rappelle plus d’autre choses. Tu as vengé Fly, ton mentor, et tu as permis d’éliminer une colonne, un des combattants les plus forts du pilier onyx. C’est… tout ce que tu dois savoir, tu as l’air de t’en souvenir. Le reste n’est pas important.

- D’accord, merci. Répondit Lames. Que voudriez-vous faire ? Si ça ne vous dérange pas, j’apprécierais pouvoir vous inviter manger, ou autre chose, selon votre préférence.

- Une invitation ? C’est pas tout à fait comme ça qu’on fait. Tu choisis un endroit que je pourrais apprécier, et après, le dire d’une autre manière, moins formelle. Malheureusement, j’ai pas le temps tout de suite, mais pourquoi pas dîner ce soir ?

- Si ça vous va.

Lames ne semblait pas spécialement heureux, il essayait en fait d’agir comme un civil, bien que ça n’a pas l’air de marcher.

- D’ailleurs, comment t’appelles-tu, déjà ? Demanda Claire.

- Thomas Leroy, j’ai 21 ans.

- D’accord, enchanté. Moi, c’est Claire Voss.

Lames ne compris pas… il le savait déjà. Il hésita, puis dit :

- Bon, et bien je m’en vais. Où voulez-vous aller ?

- Disons… 21h au restaurant de ton choix ?

- Si ça vous va, bien sûr ! Répondit-il.

Il sortit de la pièce, mais il ne ressentait rien. Apparemment, ça ne marche pas avec lui… il voulait essayer le stress, pour voir ce que ça fait. Aussi loin qu’il se souvienne, il n’a jamais stressé. Et il n’y arrive pas, même lors d’épreuves dont les livres parlent : l’invitation à sortir auprès d’une fille "aimée", il n’a jamais aimé. Le danger ? Il n’est jamais en danger. Un proche en danger ? Pareil, il n’en a pas. Il finira par abandonner, il le sait. Ce « Nightmare » lui donne un réflexe défensif, et une envie de meurtre. Mais pourtant, il ne se rappelle pas de lui… de plus, personne ne l’a jamais battu, et là, d’un coup, il est vaincu comme ça ? Il laissa couler. Il ne sentit pas passer l’heure, mais il était déjà quasiment midi… MIDI ! Il va être en retard, alors qu’il est le N°1, le plus important agent ! Il activa son armure, et partit à la vitesse de l’éclair. Il arriva au bloc 5 minutes avant. Ça ne lui ressemblait pas, il n’est jamais en retard, d’habitude… il se passe de plus en plus de choses étranges, en ce moment… haletant, il croisa une femme entourée de 2 agents que Lames n’avait jamais vu.

- Bonjour, je peux vous aider ?

- Bien sûr ! Lames, je me présente : Je suis le professeur Jeanne Malric, et je remplace désormais le professeur Rise.

- Le remplacer pendant combien de temps ? Que se passe-t-il ?

La professeure remit ses lunettes en places, puis se tourna vers son escorte. Elle chuchota quelque chose à l’oreille de l’un d’entre eux, puis se retourna, et dit :

- C’est confidentiel. Tout ce que tu dois savoir, c’est que c’est moi la chef, maintenant.

Lames sentit sa gorge se nouer. Pourquoi ? Rise n’était jamais malade, était surprotégé, rien ni personne ne pouvait l’empêcher de faire son travail, mais d’un coup, il est remplacé de manière permanente. Autre question : qui est-ce ? Qui est cette femme au regard froid qui ne donne envie à Lames que d’une chose : FUIR. Cette femme est dangereuse, au moins autant que les Larmes… Comment se fait-il que Lames ne l’ai jamais vu, même sur les dossiers du personnel de la BIMC, recensant tous les agents ?

Le reste du chemin se fit dans le silence total, avec le son des talons de Malric heurtant le sol en métal blanc.

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