7. Bain chaud

2 minutes de lecture

Dans la région des déserts blancs, le sol était percé d'une multitude de petits trous. D'étranges créatures vivaient dans ces terres étirées. Elles se prénommait les carpocapses. Invertébrés souterrains, ils puisaient leur nourriture à des profondeurs extrêmes, puis remontaient à la surface pour respirer. Leurs galeries ouvraient la voie à des matières chaudes poussées par de la vapeur d'eau.
Ces carpocapses étaient inoffensifs et offraient un spectacle spectaculaire lors la saison des amours.
La renommée de la région jaillissait de ses multitudes de sources chaudes, tant que l'on savait faire la différence entre un trou d'eau et un geyser bouillant.

— Qu'est ce qu'on est bien dans ces sources chaudes !
— Et dire que cette nuit on hiberne, et à notre réveil on sera sur Terre.
— Rhô, laisse moi profiter. Je suis détendue là. Va plutôt commander un cocktail au désoifeur.

*Basile leva la main sans un mot*

— Bonjour madame, monsieur. Qu'est-ce qui vous fera t-il plaisir ? Est-ce que je peux me permettre de vous conseiller le cocktail papillon, spécialité de notre région, une merveille qui réveillera vos papilles !
— Avec grand plaisir ! répondirent-ils après un bref échange de regard.

Le verre était multicolore, ni équilibre parfait entre le sucre et l'alcool. Des spores flottaient, bercés par l'éclatement de la boisson pétillante. Le goût était si inouï qu'on se serait sentis nous pousser des ailes.

— Cet endroit, ce cocktail, ces bains chauds, ce paysage, toi, moi, ce monde. On dirait que tous les astres des trois galaxies se sont alignés pour nous. Si tu savais comme je suis heureuse.

*tous les deux éclatèrent de rire*

Toute bonne chose ayant une fin. Le soleil avait déjà décliné depuis longtemps. L'énorme navette s'apprêtait. Les passagers, un à un, passaient le portique de sécurité. N'importe où dans le monde, ils avaient toujours strictement la même disposition. Uniformisés pour une efficacité optimale. Identiques jusque dans les moindres détails pour que chaque technicien puisse être opérationnel dans n'importe quel station.
Un dernier regard derrière. Le ciel prenait des teintes bleues. Le couché de soleil sur Akène ressemblait à une après-midi sur Terre. Ce ciel vert, toujours elle le gardera dans sa mémoire. Un agglomérat de pollen passa haut dans le ciel au même moment. Il avait une forme chat avec une pelote de laine. Bercé par le vent il...

— Madame. Il faut y aller, vous bloquez la file.
— Heu. Pardon. Oui. Désolé.

Basile lui frotta le dos et lui enjamba le pas. Il n'avait pas voulu se retourner. Trop sentimental, il ne voulait pas pleurer. Quitter Akène était comme quitter un nouvel ami de toujours.
Ils avancèrent dans les couloirs aux teintes artificielles jusqu'à leur capsule d'hibernation.

— C'est le moment.
— Oui.
— Je t'aime Élise.
— Je t'aime aussi Basile.

Tous deux avalèrent leur pillule de voyage puis s'allongèrent dans leur capsule respectives.
Juste avant le décollage, elles se refermeront, puis elles se rempliront d'un liquide nourricier blanc et chaud.
Un dernier bain chaud qui n'a pas la même saveur.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Jonathan Aubé ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0