25. Parfum

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C'est l'automne sur Terre.
À part les journées qui se ressentent plus courtes et les températures qui baissent timidement, rien ne change.
Les buildings restent de verre. Les routes surchargées s'étendent au-delà de l'horizon brumeux comme le réseau sanguin d'un être coagulé. Le parfum de la ville se mut en lui-même, entre goudrons et chrysanthèmes. Les feuilles des prospectus volettent dans le vent. Elles sont la semence des saisons des soldes suivantes, si souvent similaires, sinistres à souhait, sombres synoptiques des aspirations de la société.

Sur la table du salon trône la graine desséchée de la sorcière. Elle est aussi grande et lourde que la carafe remplie d'eau.
Elise, assise sur une chaise fixe l'étrange artefact.
La porte d'entrée émet son grincement caractéristique. Basile vient de rentrer.

*tap tap tap*

Il retire ses chaussures dans l'entrée.

— Je suis rentré !
— Ça s'est bien passé ta journée ? Pas trop dur ?
— Non ça va, il y a toujours des débiles pour t'embêter au mauvais moment, mais dans l'ensemble, c'était une bonne journée.

Basile entre dans le salon.

— Qu'est-ce que c'est que ça ?
— Je ne sais pas. Une graine.
— Une graine ? Aussi grosse ? Une graine de quoi ? D'un haricot magique ?
— Ce serait bien. Mais je ne sais pas.
— Tu as trouvé ça où ?
— Avant hier soir. Je ne t'en ai pas parlé car je n'y croyais pas moi-même.
— À la soirée ? Quand tu es sortie te rafraîchir ?
— Oui. J'ai marché un moment, puis j'ai rencontré... une sorcière.

*silence*

— Et cette sorcière m'a donnée cette graine. Elle disait qu'elle était l'âme de la Terre. Que cette graine rendrait à la planète sa splendeur d'autrefois. Que cela me ferait oublier... Que cela me ferait oublier Akène.
— Akène ? Je ne comprends pas. Tu es sûre que c'est bien une graine ? C'est bizarre ton histoire !
— En fait, rien me dit si je dois la croire ou pas. Mais je pense qu'il y avait du vrai dans ce qu'elle disait. Enfin. C'était vraiment étrange.

*nouveau silence*

— Tu veux la sentir ?

Basile se rapproche et pose son nez sur la graine.

— Elle sent la myrtilles ! Une odeur de fraîcheur !
— Oui. C'est la chose la plus bizarre que j'ai jamais eu entre les mains.
— Tu sais quoi ? À la fin de l'hiver on la plante, on verra bien si c'est une graine !

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