Chapitre 114

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LELIA

Des bruits de pas crissent dans les gravillons de la cour alors que je déjeune avec mes parents. Mes yeux pétillent en voyant apparaître ma soeur et les deux hommes derrière le muret. Ils montent lentement les quelques marches avant de nous rejoindre, je les regarde à tour de rôle.

  • Ça va mon bébé, c'était bien du coup ce footing ?

  • Pffff tu parles ! (Elle plaque ses mèches de cheveux pleines de sueur derrière ses cheveux et s'affale dans la balancelle à côté de moi ce qui la fait tanguer). Les garçons m'ont eut à l'usure ! Quatre kilomètres, j'étais cuite ! Mais j'me suis bien démmerdée !

Clément et Matt se sont assis sur le muret, bras balants. Mon beau frère a le visage rougit de sa course matinal et ses cheveux blonds perlent à grosses gouttes.

  • Peut-être, mais tu es allée jusqu'au bout alors j'étais très fier de toi ma chérie ! Déclare Clément en lui lançant un regard amoureux. Tu es pleine de volonté !

Anaïs sourit machinalement et se met à nous narrer les exploits de mon mari qui frisait l'état d'inconscience. Je lui jette un oeil en biais, ses pommettes sont presque cramoisies donc je pense qu'il a fourni un sacré effort au footing, lui qui habituellement ne rougit jamais ou que peu. Tout comme son corps qui dégouline de transpiration y compris ses cheveux bien qu'étant très courts sont trempés. L'envie de lui faire un bisou et un câlin pour lui dire bonjour me passe aussitôt. Bien que chez lui ce n'est pas odorant, je n'ai aucune envie d'être pleine de sueur.

  • Vous trois, vous filez à la douche ! Ordonne mon père. Onze heures je veux tout le monde par les places, on va faire un petit tour au marché !

***

Les parfums des trois joggeurs embaument l'air à leur sortie de douche, mon mari accroche ses lunettes au col de son t-shirt blanc et nous rejoint d'un pas dynamique comme si courir ce matin ne lui avait pas suffit.

J'installe notre fille dans son landau et lui met son chapeau rose pour la protéger du soleil.

  • Contente que tu sois revenu, elle a fait que de brâre pendant ton absence ! J'ai du gérer toute seule comme d'hab !

Mon ton n'est pas des plus agréables mais j'aimerai qu'il se rende compte que je me suis bien occupée d'elle jusqu'à son retour. Matt reste bête quelques minutes face à mes reproches puis finit par marcher à ma hauteur alors que je pousse le landau sur le goudron de la route.

  • Comme d'hab ? Comment ça comme d'hab ?! Dit-il en fronçant ses sourcils fournis. Je n'aime pas du tout les reflexions que tu es en train de me faire devant tout le monde, j'estime que je m'occupe tout autant de Lou que toi ! Et que je ne suis pas revenu tard exprès pour être auprès de toi et de notre fille ! Donc franchement ce n'est pas cool Lélia !

  • Mais Matt enfin, c'que je dis c'est purement la vérité après je n'y suis pour rien si tu n'acceptes pas la moindre petite remarque ! En attendant c'est moi qui ai dû supporter ses cris toute la matinée ! Dis-je vivement agacée.

Le ton monte entre nous faisant retourner les têtes des membres de notre famille qui marchent quelques mètres devant.

'' Un ton agressif me perce les tympans, une fois de plus mes parents s'embrouillent entre eux à mon sujet. Je n'ai pas l'impression d'être la bienvenue dans ces moments là et je frise l'inconfort. ''

Lou s'agite dans le landau en tirant sur les petits draps que j'ai mis pour qu'elle soit bien bordée. Son petit visage grimace de plus en plus, son petit nez se retrousse tout comme ses lèvres qui suivent le même mouvement. Les pleurs suivent de peu.

  • Pt'ain c'tte gamine a vraiment un problème ! Ta Schness Lou ! Ta Schness enfin ! Maman n'en peut plus ! Maman t'a entendu toute la nuit et toute la matinée alors stop ça suffit bordel ! Tu me mets les nerfs !

  • Lélia, je t'ai déjà dis de ne pas crier comme ça ! S'emporte Matt. Elle n'aime pas quand on se dispute, tu le sais alors fais y attention ! Et à quel moment tu dis ta gueule à ta fille en fait ?! Tu t'entends parler ?! Ça ne va pas le faire ça Lélia !

  • Mais Matt je ne la supporte plus ! Ça fait un mois qu'elle ruine mon sommeil ! Un mois que je ne ferme pas l'oeil la nuit ! Voir avant sa naissance lorsqu'elle me filait des coups dans le ventre ! Ses cris c'est une horreur en permanence ! Je ne peux plus tu entends ? JE NE PEUX PLUS !!!!

Les yeux verts de mon chéri s'assombrissent pour laisser place à un regard presque méchant, s'il avait eut des mitraillettes à la place, il m'aurait déjà zigouillée. Ses pectoraux se soulèvent de façon exagérée et une tension se créer entre nous deux.

Lou s'agitent dans le landau hurlant à pleins poumons. Anaïs fait demi tour pour revenir à nous, j'ai quasiment envie de l'envoyer bouler mais je me retiens ce n'est pas parce que ça se passe mal avec mon mec que je dois faire chier le monde.

  • Lélé, je vais promener Lou, cède moi le landau ma chérie ! Dit Anaïs en posant ses mains là où on peut le pousser. Coucou bébé, c'est tata ! (Anaïs lui attrappe sa petite main pour l'effleurer puis tire sur son petit pied pour l'agacer, Lou se calme pour fixer sa tante). Voilà ma puce ! C'est mieux quand tu te calmes, tu ne trouves pas ? Tata va te promener, aller c'est partit !

Anaïs reprend de la distance par rapport à nous, je suis embêtée de la façon dont j'ai parlé à mon homme et à notre fille. Ma main se referme sur celle de Matt qui tente de la dégager d'un revers de main.

  • Chéri, ne me fais pas la gueule s'il te plait ! Je suis désolée, c'est juste que c'est beaucoup de changements, d'adaptation depuis sa naissance, je suis surmenée et très fatiguée ! En aucun cas c'était contre toi Matt ! Réponds-moi, dis quelque chose ...

  • Mais je ne la fais pas grogne Matt en accélérant le pas pour me semer. Laisse moi tranquille ! Tu as entendu ?!

  • Mais mon coeur arrête de t'emporter comme ça ! Dis-je suppliante. Excuse-moi si je t'ai blessé mais comprends que je suis à cran et usée !

  • Dans ce cas passe le relais mais ne nous parle pas comme ça ! Articule t-il. Parce que franchement c'est violent pour la petite et moi ça me fait mal !

Je m'excuse de nouveau tout en enroulant mes bras autour de la taille de mon chéri, je me hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser tendrement alors que des larmes roulent sur mes joues.

  • Qu'est-ce qu'ils ont encore les deux ? Demande maman à Anaïs.

  • Maman, on est là alors pose-nous directement la question ?! (Je lui fais remarquer tout en ajoutant un signe de la main '' coucou '').

  • Lélia arrête ça ! Marmonne mon mari en serrant les dents. Tu nous fais remarquer, j'ai justement horreur de ça ! T'inquiètes pas Jade, juste quelques différents entre nous.

MATT

  • Mes petits coeurs, vous devez m'en parler peut-être que j'ai des solutions à vous apporter ! S'exclame Jade, elle est vraiment trop mignonne cette belle maman. Je n'aime pas voir ma fille se déchirer avec mon gendre, pourtant c'est votre petit fonctionnement mais vous seriez mieux sans tout ça !

  • Bien sûr que nous aimerions de l'aide Jade ! Mais le problème vient de nous et beaucoup de Lélia dis-je tout bas. C'est dur pour moi de voir Lélia pas bien et ça se répercute sur notre fille, notre couple, notre vie quoi ! Pour moi, elle a besoin de plus que le traitement que maman t'a conseillé ! Franchement ce n'est pas simple, elle se calme assez vite en ma présence, mais dès qu'elle est toute seule, elle pleure de nouveau ! Et pour Lélia c'est compliqué de voir que Lou se sent mieux avec moi et moi ça me fends le coeur pour elle, mais vu comment elle lui parle c'est normal.

  • Peut-être qu'il faudra que vous ayez une véritable discussion lorsque vous serez chez vous, Matt vous ne pouvez pas laisser traîner ça affirme t-elle. J'aimerai pouvoir lui parler aussi mais elle risque de vraiment mal le prendre si c'est fait devant tout le monde, ma fille est fière ça risque de ne pas lui plaire.

  • Le sujet est compliqué à amener, ça dégénère à chaque fois, mais j'ai peur qu'elle pète un plomb si elle ne dort pas cette nuit... C'est embêtant comme situation ! Dis-je. Je l'aime d'une force ta fille mais on se détruit... Et ça ne peut pas durer comme ça, si ça continue on va bien être obligés de se séparer.

  • C'est ce que tu envisages de faire ? S'étouffe t-elle inquiète.

  • Non c'est l'ultime recours ça mais je reste réaliste on ne peut pas s'abîmer plus ! Après séparés, à mon avis on ne serait pas plus heureux car on ne peut pas se passer l'un de l'autre... Enfin ouais c'est compliqué de base notre couple...

Jade me sourit tout en me caressant l'épaule, je compte bien trouver des solutions pour que l'on vive le mieux possible. Il va falloir que je me penche dessus avant la rentrée au travail.

Lélia a trouvé refuge dans les vêtements locaux, elle décroche les cintres pour mieux les admirer. Ma brunette me demande mon avis par rapport à un joli combi short bleu, ça ne peut que lui aller avec son teint mate. Elle se faufile dans la cabine d'essayage en plein air puis ressort vêtue de ce vêtement qui épouse généreusement ses formes ce qui n'est pas pour me déplaire. Nous partageons un beau moment de complicité qui estompe nos tensions précédentes.

Les femmes reviennent chargées de pleins de sacs de sappes contre nous, les hommes qui repartons avec une chemise et un bermuda un peu classe. Sur le trajet du retour, je pioche régulièrement dans un sac en papier pour grignoter quelques fruits séchés achetés sur le marché local.

Le reste de la journée s'est très bien passé : Balade jusqu'à la plage, baignade, jet ski, restaurant le soir et pour terminer une balade nocturne pour faire prendre à Lou l'air marin pour lui faciliter le sommeil.

Cela semble fonctionner à merveille, je dépose le petit corps de ma fille dans sa gigoteuse et referme la fermeture éclair. Lou respire fort signe d'un sommeil profond, ce soir Lélia et moi, nous ne ferons pas l'amour mais nous mettons à profit cette acalmie pour nous endormir pas trop tard.

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