Mamy
Ma petite madeleine de Proust, elles sont plusieurs en fait, mais toutes viennent de ma grand-mère. Elles n’ont rien à voir avec des pâtisseries. Le pâtissier c’était mon grand-père qui confectionnait chaque dimanche deux jolies tartes.
Ma grand-mère, femme de ménage de profession, technicienne de surface comme on dit maintenant, m’emmenait avec elle dans des salons de coiffure, une imprimerie, d’autres lieux avec des bureaux. L’odeur des produits de teinture pour cheveux m’a longtemps poursuivie notamment l’ammoniaque qui était la base des couleurs. L’imprimerie avait une odeur particulière aussi et je retrouve la même en lisant le journal papier parfois (le téléphone n’a évidement pas la même odeur)… mes petites madeleines de Proust disparaissent peu à peu au fur et à mesure que je vieillis mais aussi que la technologie avance. Pourtant, il n’y a pas si longtemps une odeur familière découverte avec ma grand-mère m’est revenue. Je n’avais jamais fréquenté ce genre d’endroits sauf avec elle mais nous n’étions que deux. Enfant de moins de 10 ans, près de quarante ans plus tard j’ai réalisé là où elle m’emmenait. Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas le droit de circuler partout comme à l’imprimerie et au salon de coiffure. Mais en franchissant la semaine dernière la porte de ce célèbre club libertin monégasque j’ai compris … ces effluves de testostérone mêlées aux substances de jouissance tant féminines que masculines … voilà où Mamy m’emmenait faire le ménage : dans une maison close. Ce souvenir n’a que renforcé mon plaisir olfactif et gustatif lors de mon séjour monégasque…. Je ne vous parlerai pas ici des autres plaisirs … sinon je serais hors défi ;-)
jFA

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