Chapitre 7
Chapitre 7.Un terrible secret.
Je me réveillais avec un sourire en voyant mon frère encore endormi. Le soleil du matin filtrait à travers les branches des arbres, projetant une lumière douce sur notre abri improvisé. J’observais Alex, son visage serein, et me sentis un instant envahie par la tendresse.
Il est tellement beau quand il dort. Non, en réalité il est tout le temps.
Je me surpris à me perdre dans mes pensées, observant mon frère avec une affection non dissimulée. Soudain, Alex ouvrit les yeux et me fixa.
- J’ai quelque chose sur le visage pour que tu me fixes comme ça ?
- Non, je regardais juste à quel point tu es beau.
Le rouge me monta aux joues. Oh mon dieu, j’ai vraiment dit ça. Mais qu’est-ce qui m’a pris ?
- T’es sûr que ça va, Eva ?
- Oui, oui, ne t’inquiète pas. Je voulais juste exprimer le fond de ma pensée.
- Si tu le dis. Bon, maintenant que nous sommes tous les deux réveillés, décidons de la marche à suivre.
- On avait pas déjà décidé ? On continue notre avancée dans la forêt, non ?
- Et après ? On trouve un village, on rapporte les monstres tués, puis on fuit de nouveau ? On ne va pas continuer comme ça, Rosy.
- Je m’appelle Evangeline, ne l’oublie pas. Et puis, mère nous a dit de ne jamais dormir deux fois au même endroit.
- Nous serons bien obligés de nous poser un jour où l’autre...
- Si un jour on trouve un endroit caché et protégé, on se posera.
- Tu as raison.
Après notre discussion, nous reprirent la route. La fuite était devenu une routine : affrontements avec des monstres, déplacements incessants, et changement de villages. Cela faisait deux mois que nous avions quitté notre pays natal et dû faire face aux gardes du roi de nombreux fois. Notre voyage nous avait amenés jusqu’au nord du royaume, où le froid mordant était une épreuve en soi.
- Il fait un froid de canard ici.
- Nan, sans blague. Tu pensais qu’il allait y avoir un grand soleil et que les arbres seraient en fleurs, peut-être ?
- Respecte-moi, Evangeline. Je sais que tu aurais préféré aller ailleurs, mais ce qui est fait est fait.
- Je ne sais même pas pourquoi tu voulais tant venir ici. Si tu me donnais la raison, peut-être que je serais plus encline à être poli.
Je n’ai jamais aimée le froid, malgré le fait que je ne sois jamais tomber malade. Et Alex le sait pertinemment.
- Ne t’inquiète pas, on ne va pas rester longtemps.
- Encore heureux, car aucun de nous deux n’a de tenue adaptée à ce climat.
J’ai l’impression de geler sur place.
- Attends-moi ici, je récupère ce dont j’ai besoin et on quitte ce territoire.
- Vraiment ? Car je déteste ce froid.
- Je sais Eva. Plus vite je termine, plus vite on repart.
Je n’étais pas certaine de ce qu’Alex cherchait ici, et mais ça m’intriguais. À son retour, nous avons continué à marcher en silence pendant plus de quatre heures, jusqu’à ce que j’en aie assez.
- Alex ?
Pourquoi ne répond-il pas ?
- Grand frère ?
Toujours pas ?
- Alex !
- Hmm ?
- Je t’appelle depuis tout à l’heure mais tu ne me répondais pas !
- Désolé, c’est la lettre de mère qui m’a distrait.
La lettre de mère ? Elle nous avait pourtant dit de ne pas la joindre.
- Je peux la lire ?
- Tiens. Mais elle est illisible.
Illisible ? Je me penchais pour examiner la lettre. Mes yeux s’agrandirent en voyant les signes inconnus. Une sensation étrange envahit mon esprit. Comme si le contenu de la lettre se déversait directement dans ma conscience.
Rosy, si tu lis cette lettre c’est que nous avons été séparé.
Je suis sincèrement désolé que tu apprennes la vérité de cette manière, mais…
Tu es l’enfant de la déesse.
Il y a 5 ans, la déesse nous est apparue à ton père et moi,
En nous demandant de t’élever et de te chérir comme notre propre fille.
Sache que le lien qui t’unît à ton frère est bien réel.
Tu avanceras aux côtés d’Adam, car tu es Ève. Prends garde au serpent, il n’est jamais bien loin.
Apprends à différencier tes alliés de tes ennemis, tu en aura grand besoin.
Un avenir rempli d’épreuves t’attend petite princesse.
Maman.
— C’est ce que dit la lettre...
Les mots résonnaient dans ma tête, comme un écho douloureux. J’étais incapable de croire ce que je venais de lire.
- Tu es sûre de toi, Eva ? Tu ne l’as pas mal interprétée ?
- Crois-moi, j’aurais voulu l’avoir mal comprise.
Alex m’observa avec une inquiétude palpable.
- Qu’est-ce que tu fais ?
- Je réécris la lettre. Mère l’a écrite de sorte à ce que tu sois la seule à pouvoir la lire. Alors je l’apprends puis je brûle ma feuille. Tu peux me la relire, s’il te plaît ?
- D’accord.
Je regardais mon frère, admirant sa détermination malgré la situation difficile.
- J’ai mémorisé le contenu de la lettre. Continuons notre avancée, on parlera en marchant.
- D’accord...
Nous nous remirent en route, et je me perdais à nouveau dans mes pensées. Une part de moi avait du mal à accepter cette nouvelle, et une autre se demandait comment nous allions affronter ce destin soudain. C’est vrai. Comment tout ceci pouvait être possible. Enfant de la déesse ? Mais qu’elle déesse ! Il y a en a deux. Est-ce Layana ou bien Hécate ? Et comment ce fait-il que je puisse l’être. Et même si c’était le cas, comment mon lien avec Alex pourrait-il être réel ? Et pourquoi suis-je la seule à pouvoir lire cette lettre ? Je ne connaissais même pas cette langue. Et pourquoi faire référence à l’histoire d’Adam et Ève ? Je ne comprends rien. Nous révélé ça dans une lettre… Mère n’a pas eu le choix mais, c’est difficile à accepter.
- Evangeline.
- Oui ?
Pourquoi prend-t-il cette voix là ? Je n’ai pas l’habitude de l’entendre avec une voix aussi grave.
- On va aller habiter dans la forêt interdite.
- La forêt interdite ? Celle qu’on appelle aussi la forêt maudite ? Mais tu veux nous tuer !
Qu’est-ce qui lui arrive ? C’est la lettre qui lui fait dire ça ??
- Tu te souviens quand je suis parti à l’église pendant un an ?
- Oui, mais où est le rapport ?
- J’ai pu lire de nombreuses écritures saintes, et certaines d’entre elles parlaient de la forêt interdite.
- Et que disaient-elles ?
- Savais-tu que la forêt interdite était appelée « forêt de la déesse » dans les temps anciens ?
- Alors c’est pour ça que tu veux qu’on y aille. Es-tu sûr qu’on pourra y habiter ?
- Au vu de nos capacités, je pense que oui. Et puis, on sera là l’un pour l’autre.
Il n’a pas tord.
- Nous voyagerons pendant combien de temps ?
- Ce sera un long voyage de sept ans.
- Sept ans ?! Mais c’est énorme !
- Oui. Partons maintenant, après tout, nous n’avons pas d’autres endroits où aller.
Nous nous mirent en marche avec une détermination renouvelée. On se dirigeait vers un avenir incertain, mais prêts à affronter n’importe quels défis. Le froid mordant du nord ne semblait plus aussi oppressant à la lumière de notre nouvelle mission.

Annotations