Chapitre 8
Bon, repenser à ça, là comme ça, pffff mais quelle drôle d’idée…
Pile ce qu’il faut pour alimenter mon excitation au lieu de me faire revenir à la raison.
Faut dire ce qui est quoi, il y a là un mec venu de nulle part qui est en train de se branler en me branlant.
On a déjà vu des histoires comme ça très mal terminer, il faut certainement que je hurle un bon coup pour rameuter tout le camping.
Heuuuuuuuuuuu, j’avais pas dit qu’à part des sauterelles et des bourdons, y avait personne ici ?
Et ma Sole doit être en train de faire sa sirène au fond de l’eau à l’autre bout du monde, je peux bien beugler tant que je veux, ça va juste aggraver ma situation.
Quitte à mourir autant mourir en plein orgasme finalement.
Il me branle si bien mon kidnapeur, c’est chaud, ferme, moelleux, sensuel, orgasmique quoi.
Ohhhhhh, putain, c’est booooooonnnn.
Petit frisson de doute, il s’arrête, sa main lâche ma vulve se redresse, jette le papier toilette entre mes cuisses, il se lève.
Hein ?
Quoi ?
C’est la fin ?
Au moment où je grimpais ?
Mais mince, ma chatte n’apprécie guère.
Je suppose que vous avez toutes déjà vécu ça, ce quelque chose de doucereux qui s’empare de vous, malgré vous, vous sentez l’emballement, l’apaisement, le plaisir profond vous envahir, le lâché prise total, celui-ci qui, précisément si on y pense n’arrive jamais.
Puis biiiiiiim, un truc casse tout, le mec vous fait mal, le chat vous mord le pied, quelqu’un surgit, ou je ne sais quoi encore qui vous choppe tel un coup de massue à deux doigts de l’implosion de plaisir.
Et là… y a rien de plus frustrant, on se retrouve rapidos limite mal, avec un besoin prégnant, martelant de terminer le travail coute que coute, toute seule dans un coin s’il le faut.
Je me souviens trop de cet après midi surréaliste avec ma pote Cyrine, on était très proches, elle était tactile naturellement mais ça me plaisait, c’était spontané, sensuel, sincère, agréable.
Je crois que c’est elle qui m’a fait me rendre compte qu’avoir une relation intime avec une fille c’était probablement aussi bien qu’avec un mec, et que ce qu’on voulait bien nous faire croire au sujet du couple, du genre, de la femme ceci, du mec cela, c’était des conneries abusives d’endoctrinement social machiste.
Mais ce jour-là, du haut de mes dix-sept ans, j’étais très loin de ce genre de réflexions, les stéréotypes et la pression sociale étaient tels que je n’imaginais pas le moins du monde ce que pouvait être une relation sensuelle entre femmes, c’était en moi bloqué, verrouillé, comme quelque chose qui n’existe pas. De fait, inutile d’y penser ou quoi que ce soit.
Bref, on était potes meufs comme toutes les potes meufs et puis basta, on devait bosser pour le bac, y faisait déjà bien chaud à cette fin de printemps, elle en robe légère moi en dos nu et jupe.
Allongées sur le ventre dans l’herbe de son jardin en train de réviser nos cahiers.
A un moment elle a cueilli une fleur et a commencé à me caresser le dos avec.
-hihiiii ça chatouille
-tu crains beaucoup ?
-ça dépend ou et quand je crois
-et là, ça va ?
-oui sur le cou ça va, ça me donne des frissons mais c’est plutôt agréable
-haha, mais uiiiiiii, je vois ta chair de poule
-oui carrément ça fait des gros frissons parfois
-attends je vais voir ou ça marche le mieux
-hihiihiii, avec une herbe ça chatouille quand même fort hein
-bon d’accord, je teste avec ma main
-ah ouiiiii là c’est bien plus doux, mais je frissonne moins
-mh faut savoir ce que tu veux, attends je fais avec la pointe de mon doigt
-hihihiiii
-ah ouaiiiiis ça marche, et ça chatouille moins ?
-beaucoup moins en effet c’est plutôt agréable
-voyons voir sur les bras
-c’est sympa
-oui mais t’as pas la chair de poule, alors les jambes
-mmmh
-tu aimes ?
-trop !
-alors je continue mon exploration de tes frissons
-tu peux c’est délicieux
Cyrine, se tût, et se mis à me caresser les cuisses, puis à remonter ses mains à l’intérieur de ma jupe,
Elle caressait très lentement ma peau nue, alternativement le bas de mon dos, le haut de mes cuisses, puis mes fesses, cherchant la propagation des frissons naissant.
Elle ne se souciait pas le moins du monde de ma petite culotte, glissant par-dessus et parfois au travers de l’élastique.
Ses doigts se rapprochaient à chaque fois au peu plus de ma vulve, que je sentais chauffer comme jamais.
J’étais muette, mais presque haletante, dans un état second, vibrante, bouillonnante, pleine de plaisir, je sentais à chaque geste une irrépressible envie de plus, je me suis même prise à espérer qu’elle me pénètre de son doigt magique.
C’était la première fois que, sans avoir massé mon clitoris je le sentait aussi tendu, d’une soif de plaisir infini, tellement en demande de délivrance, je pense que si j’avais posé ma main dessus j’aurais exulté dans l'instant d’un orgasme des plus intenses.
Mais je ne dis rien, et à un moment elle s’arrêta net.
-je crois que c’est ton dos qui frissonne le plus facilement hihihi, tu viens, j’ai soif, on va boire un truc frais
-….ha….mais….je….tu….oui…. oui, oui
-hé bé tu viens ?
Et la ma chatte s’est mise à pleurer, je me sentais trempée évidement mais elle s'est mise à pleurer de désespoir, je voulais jouir, et à la seconde avant le graal, sa main s’éjecta de mon intimité comme alertée d'un sixième sens de l'approche de ce point de non retour.
Brutalement.
J’en eu presque mal, non pas de son contact mais de l’absence soudaine de son contact.
Une sensation désagréable et terriblement frustrante, je n’ai pas réfléchi, c’est mon entre cuisse qui a parlé.
-je,… ouais,je vais faire pipi d’abord
Je me suis enfermée dans les toilettes, j’ai baissé ma culotte toute mouillée, je me suis assise sur la cuvette, j’ai écarté les cuisses et frénétiquement j’ai propulsé ma main droite en direction du haut de ma fente.
J’ai joui en quinze seconde, pas plus, moins de temps qu’il ne me faut pour pisser, je me suis rhabillée en un instant, soulagée, et ai rejoint ma si sensuelle camarade, sans rien dire.
Je n’ai jamais compris ce qu’il s’était passé, on s’est revues quelques fois, pas souvent car après le bac elle a changé de ville, mais à aucun moment ni elle ni moi n’avons abordé cet instant hors du temps, et encore moins récidivé d’éventuelles caresses.
Je ne sais pas si c'est par pudeur ou naturel brut de sa part, ça devait se faire là comme ça et puis c'est tout. Ca a probablement changé ma vie.
Mais putain, je revis la même chose, c’est flagrant, incompréhension, manque, frustration, il fait quoi celui là, bordel, il devait me violer, me trucider, faire n’importe quoi mais faire un truc quoi, c’est pas possible de me laisser comme une conne à une seconde de l’orgasme.
Je reste ahurie sur mon trône et sur ma faim.
Presque déçue de me voir libérée, je ne sais plus quoi penser, il m’a aliénée, j’ai déjà le syndrome de Stockholm….
Ah… ?
Tiens… ?
Il ne s’en va pas, il s’agenouille.
Voici son visage à hauteur de mon ventre.
Il a des cheveux noirs épais, un peu ébouriffés, mais assez volumineux, peu peignés mais propres, lumineux.
Virulent frisson, ses deux mains empoignent mes fesses, la sensation est tellement intense, faut dire que j’ai de la matière et ses mains sont très grandes, voici mon cul tout enveloppé.
Et sa tête plonge…
Oui, vous avez compris…
Elle plonge en moi, en mon intimité, mon spasme est à peine dilué que le contact de ses lèvres contre, … les miennes le fait renaitre par millions, oh oui pas celles-là, évidemment c’est de celles-ci dont je parle. Celles qui entourent voluptueusement mon organe de plaisirs.
Ohhhhh, sa langue…
Je suis une forêt de bois sec en pleine canicule, sa langue est une braise ardente.
Cette fois je deviens toute rouge, sa bouche baise ma fente.
Je suis une bulle de champagne, je m’envole je m’évade, je n’imaginais pas que son nez me plaise de façon aussi flamboyante.
Je me sens comblée, m’évanouir dans une petite mort lente.
A suivre...

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