CHAPITRE FINAL

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Je clignai des yeux, encore étourdie, puis je frappai son torse du plat de la main.

— T’as un sacré culot…

Mes doigts rebondirent contre sa peau chaude.

— C’est toi qui t’es avancé. Depuis que t’es arrivé, tu me parles à peine… et là tu débarques trempé, presque nu, comme si c’était normal…

Ma voix montait, portée par l’adrénaline.

Il me détailla sans répondre, la tête légèrement inclinée, un sourire en coin accroché aux lèvres — lent, insolent.

Quelque chose claqua en moi.

— Si j’avais su que t’étais aussi impulsif… murmurai-je, la gorge soudain sèche… je t’aurais coincé entre mes cuisses depuis longtemps.

Les mots venaient à peine de quitter ma bouche que je regrettai.

Ses pupilles s’élargirent. Son sourire disparut. Les traits de son visage se durcirent, comme si j’avais tiré sur une corde invisible.

Une seconde plus tard, mes pieds quittèrent le sol.

Je lâchai un souffle surpris tandis que ses bras se refermaient autour de moi. Il traversa le couloir en deux enjambées, un grondement sourd vibrant dans sa poitrine. Je me débattis, inutilement — la chambre apparut, puis le lit.

La soie m’accueillit dans un froissement.

Il était déjà au-dessus de moi.

Ses mains écartèrent mes cuisses sans hésitation. Un tissu glissa sur ma peau, repoussé d’un geste précis. Je n’eus pas le temps de protester : sa tête s’abaissa.

Ma respiration se brisa.

Sa bouche… sa langue…

Un frisson violent remonta le long de mon dos. Mes doigts se crispèrent dans les draps, puis dans ses cheveux. Mes hanches cherchèrent à se soustraire autant qu’à se rapprocher, tiraillées par des vagues brûlantes qui me traversaient sans répit.

Je gémis, incapable de me retenir, les jambes refermées autour de sa tête comme pour l’empêcher de partir.

Quand la tension explosa enfin, je retombai contre les oreillers, haletante, les muscles encore secoués.

Je crus que c’était fini.

Je me trompais.

Son visage réapparut au-dessus du mien, perlé de sueur, ses yeux sombres plantés dans les miens. Sa main parcourait ma peau, lente, possessive, s’attardant là où je frissonnais le plus. J’ouvris la bouche pour parler — aucun son ne sortit.

Mon corps ne m’obéissait déjà plus.

Il se pencha, ses lèvres retrouvèrent les miennes au moment même où je sentis sa chaleur contre moi.

Puis il entra.

Je me cambrai, étouffant un cri contre sa bouche tandis qu’il avançait lentement, profondément, comme s’il voulait graver chaque centimètre dans ma mémoire.

Le monde se rétrécit à ce rythme — à ses hanches qui se heurtaient aux miennes, au bois du lit qui cognait contre le mur, à nos souffles emmêlés dans l’air brûlant de la chambre.

Il m’attrapa, je l’agrippai.

Nous roulâmes, changeâmes de place, peau contre peau, bouche contre bouche, animés par la même urgence affamée, la même perte de contrôle.

Quand l’aube filtra enfin à travers les rideaux, nous étions étendus côte à côte, épuisés, encore chauds l’un contre l’autre.

Il se tourna vers moi.

Ses doigts tracèrent distraitement une ligne le long de mon bras.

— Clara…

Sa voix avait changé. Plus basse. Plus nue.

— Ça fait longtemps que j’avais envie de toi. Depuis toujours, en fait. Je me demande comment t’as fait pour ne rien voir.

Je restai silencieuse, tournée vers lui, le cœur encore en désordre.

Je n’avais aucune réponse.

Mais tout avait déjà changé.

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