Destinée 1ère partie

3 minutes de lecture

1ère partie du chapitre 1

♥•••••♥

1

Destinée

À San Francisco près du Golden Gate Park, non loin de l’artère principale qu’est Lincoln Way, vivait Ysabel Carter, une célibataire de 28 ans. Malgré son travail passionnant d’employée à la Sunset Branch Library et ses passe-temps favoris qu’étaient l’écriture et la lecture, elle restait une personne très solitaire.

Sa citée, elle l’aimait avec son climat océanique et ses magnifiques paysages qui changeaient au fil des saisons. Tantôt telle une palette de peintre, elle prenait des nuances d’ocre et de doré au gré de l’ensoleillement des journées et même de son mythique brouillard accroché aux ponts. Une ambiance qui fascinait la jeune femme toujours émerveillée par les matinées changeantes de celle-ci. Son atmosphère bigarrée et cosmopolite en faisait l’une des villes les plus culturelles des États-Unis. Ses demeures victoriennes avec ses couleurs et son élégance surannée, et le charme de ses collines qui rompait la monotonie de ses rues quadrillées. Chaque journée était un éternel et inlassable recommencement.

Son choix de vouloir travailler en tant que bibliothécaire, c’était pour l’enrichissement que celui-ci lui apportait. Féru de littérature, cet emploi était juste ce qu’il lui fallait dans sa vie monotone depuis la fin de ses études. Elle se délectait de dévorer les manuscrits dont les sujets la passionnaient et s’orientait toujours vers le même thème : les fictions. Au travers de ces lectures, elle se prenait à rêver d’être l’héroïne du roman, que ce soit dans un livre de cape et d’épée, de science-fiction où bien d’une comédie romantique.

Dans son métier, elle côtoyait toutes sortes de personnes. Des étudiants le soir à la sortie des universités venaient chercher les informations nécessaires à leurs devoirs. Les professeurs derrière leur air sérieux et malicieux se délectaient de leur donner de plus en plus de quoi lire. Non nés de la dernière pluie, ils savaient qu’ils iraient automatiquement sur la toile pour y puiser les indices à la rédaction de leur thèse. Cela incitait ceux-ci à chercher de la documentation que seuls les lieux comme les bibliothèques pouvaient leur apporter. Internet était un merveilleux outil, mais il n’offrait pas toutes les informations qu’un manuscrit recelait. Quel plaisir que de feuilleter un livre plutôt que de tapoter sur son téléphone portable, facilité du moment ! Sans oublier les mères de familles qui désiraient pimenter leur existence un peu trop banale choisissaient une romance douce avec des scènes enflammées. Se retrouver dans la peau de l’héroïne leur rappelait leur jeunesse édulcorée qui s’était évaporée au fil du temps. Mais la plupart étaient des habitués. Dans la semaine le plus souvent, la clientèle était principalement des personnes âgées qui trouvaient du réconfort dans de grands chefs-d’œuvre ou des biographies d’auteurs célèbres. La lecture demeurant un lien avec le passé, seul plaisir que la vie pouvait leur apporter dans un monde en proie à la technologie et l’ère des livres électroniques. Il y avait aussi dans ce lieu délaissé par la modernité du numérique, les écoliers en petite session accompagnés de leurs parents. Rêve et espoir d’une génération désirant enrichir leur culture par les livres plutôt que de s’adonner aux jeux vidéos signent de la mode d’une civilisation « scotchée » en permanences aux écrans interactifs. Jour après jour, recevoir une grande diversification de personnes du plus jeune âge au plus ancien était son plaisir.

Assise derrière son bureau, Ysabel lisait un roman d’un écrivain mondialement célèbre dont elle était une de ses plus grandes fans Gabryel Collins. Amoureuse de cet auteur comme beaucoup de jeunes femmes de son âge, elle rêvait en secret d’être l’héroïne de l’un de ces bestsellers et qu’il en soit le personnage principal. Il excellait dans les romans d’aventures en employant des mots percutants à chaque page qui impactaient le cœur de ses fans. Ses premiers lecteurs étaient principalement des femmes friandes de lectures romantiques et d’aventures exotiques et palpitantes. Plongée dans la lecture de l’un d’eux et captivée par l’intrigue, elle ne s’aperçut pas qu’une personne la demandait en tapotant sur le comptoir.

— Mademoiselle, s’il vous plaît ?

Devant elle, une dame élégamment vêtue d’un tailleur gris chiné et d’une blouse blanche en soie et dentelle les cheveux attachés en chignon ainsi que de petites lunettes qui lui apportaient un air sérieux et très distingué la sortit tout à coup de son monde imaginaire avec une voix douce et chaleureuse. Ysabel ferma le livre en lui rétorquant.

— Pardonnez-moi, Madame, j’étais prise dans l’action de ma lecture et je m’en excuse.

À SUIVRE....

Annotations

Vous aimez lire Liliaceae LILIUM ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0