EPILOGUE

Une minute de lecture

Noor bravait la paralysie et avançait prudemment dans l'allée est du centre commercial. Il était minuit passé, l'éclairage était éteint, les mannequins derrière les baies vitrées la fixaient du regard. Elle tenait à deux mains une barre en métal, un élément du dispositif anti-vol qu'elle avait arraché dans la précipitation. Elle traquait une présence étrange ou c'était peut-être elle qui la traquait. Alors qu'elle terminait l'assemblage d'une machine, une sorte de bras difforme fait d'un noir infiniment profond s'était avancé lentement dans sa boutique, il avait tapoté son bureau comme pour chercher quelque chose. Noor était absolument tétanisée, elle regardait l'entité se servir sans un bruit. Le membre qui semblait n'appartenir à personne et s'étendre sur tout le centre finit par empoigner les disques Faust. Ses grands doigts déformés enveloppèrent soigneusement le paquet puis le tirèrent lentement hors du magasin. Noor avait suivi le bras qui se rétractait dans tout le bâtiment. Il traînait le carnet de disques au sol. L'avant-bras n'avait pas de fin visiblement, juste un gigantesque tube lisse de plusieurs centaines de mètres. Maintenant elle était presque à la sortie, le bras traversa la porte automatique avec les disques et décolla vers le haut. Noor sortit. La canicule avait disparu, le vent était glacial. Aucune fenêtre n'était allumée. L'éclairage public ne fonctionnait plus. Elle leva la tête et lâcha dans la sidération sa barre en fer. Elle comprit qu'elle ne lui serait d'aucune utilité. Une sorte de gigantesque silhouette noire et ronde inspectait son oblongue bras, la chose sans visage mit les disques à l'intérieur d'elle comme un kangourou met son petit dans sa poche.

Elle se retourna lentement sur Noor, juste pour signifier : « Je t'ai vue »

Puis ses deux immenses bras attrapèrent chaque côté du ciel comme si ce n'était qu'une simple toile de fond. Elle le déchira en deux et s'émancipa dans une faille sans un bruit.

Noor sursauta et se réveilla chez elle. Les disques étaient encore là, sur sa table de chevet.

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