Aléa jacta est: Le trouble

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La semaine qui suivit cet événement fut mémorable. Le lundi soir, je me posais des questions, je ne savais que penser. Je ne savais plus qui j’étais ni ce qu’il représentait pour moi. J’étais terrifiée mais intriguée par ces choses qui volaient sans cesse dans mon ventre depuis qu’il m’avait regardée... Et ce que Siyana m’avait rapporté sur le chemin vers l’arrêt de bus n’avait fait qu’empirer la situation. Une rumeur courait comme quoi je sortais avec lui.

Mardi, j’étais arrivée dans la lune, un livre à la main. En déposant mon sac sur les rangs, j’avais entendu une conversation de quelques filles : elles parlaient de cette rumeur. Le soir, au BIA, je sentais quelque chose de nouveau dans son regard sur moi. Dans l’énergie qu’il y avait entre nous — et il le sentait aussi. Je voyais que ce n’était pas comme d’habitude.

Des mains qui s’effleurent une fraction de seconde de trop, un regard échangé qui donne des frissons, des chaises qui se rapprochent un peu trop pour passer inaperçues. Et il y a eu ce moment. Nous venions de recevoir nos résultats d’examens blancs. Il s’était levé et était venu nous voir, Lïa et moi. Il nous avait demandé notre score. Lïa avait eu 47/100 et moi 50/100, je l’aurais eu pile poil.

Il nous avait parlé, un peu, beaucoup, énormément, au point de prendre une chaise et de la tirer entre Lïa et moi pour s’installer. Le professeur nous avait dit de reprendre notre travail. Il avait ouvert sur mon ordinateur sa session Aérogligli (le site sur lequel nous travaillions) et s’était auto-proclamé mon tuteur, parce qu’apparemment j’avais besoin qu’on m’explique les cours. Cela avait beau être la vérité, j’avais nié en bloc, histoire de faire la dure.

Il avait fini de m’expliquer le cours et nous passions au QCM associé. J’avais pris la souris et avais commencé. Une question à laquelle je n’avais pas la réponse me faisait réfléchir depuis quelques secondes. Il avait posé sa main sur la mienne, sur la souris, et avait cliqué sur la bonne réponse. Sa paume embrasait ma peau et un frisson m’avait parcouru le corps. L’air me manquait et je mettais cela sur le compte de la climatisation.

Je levais la main de la souris mais la sienne était toujours là, collée contre ma peau. Mon cerveau n’eut pas le temps de réfléchir plus loin et de se demander comment je m’étais retrouvée dans cette situation que le professeur arrivait, ce qui le fit lâcher ma main et attraper son stylo, l’air de rien. Une sensation de manque me démangea quand la chaleur de sa main commençait à s’estomper.

Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il venait de se passer, mais un message d’erreur système défilait dans ma tête, comme si je ne pouvais plus réfléchir normalement. En remontant sur le chemin, je n’osais pas en parler à Lïa. Oh mais c’est vrai, vous devez vous demander comment nous sommes devenues amies…

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