Mardi 20 mai 2025

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Je niais l’évidence. Je riais. Je n’y pensais pas.
Mais quand, en cours de chinois, la professeure reprit trois fois Katie et Corentin pour bavardage, je ne pouvais plus nier. Ils se regardaient dans le blanc des yeux.
Je me souviens qu’elle eut dit : « dis donc Corentin, tu as beaucoup de choses à dire à Katie aujourd’hui ».

Mon ventre s’était noué. J’avais la nausée. Je sentais la tension en moi et une décharge électrique parcourait mon corps. Il riait. Il ne se souciait pas le moins du monde de l’angoisse qui me nouait la gorge et m’empêchait de répondre quand la professeure me posa une question.
Que s’était-il passé pendant les vacances ? Je ne voulais pas savoir.

La nausée se faisait de plus en plus présente et chaque seconde où je le voyais rire avec elle me fendait le cœur un peu plus. J’avais mal.
Après chinois, il y avait BIA. Nous étions passés par le raccourci au lieu de rejoindre le prof au lieu de rendez-vous avec les autres.

Lïa était à ma gauche et lui à ma droite. La boule de ma gorge était descendue dans l’estomac. J’étais au bord des larmes. Je le savais, j’en faisais tout un plat, mais c’était incontrôlable.

Et là, j’avais ressenti ce besoin, immédiat, presque urgent, comme pour me rassurer, de me blottir dans ses bras. Je m’étais approchée et avais murmuré un inaudible « je peux avoir un câlin ? S’il te plaît ? ».

La nausée m’étouffait et je m’approchais de lui sans demander mon reste, entourant mes bras dans son dos. Mais le plus douloureux ne fut pas de devoir le lâcher, car j’entendais les pas du prof qui arrivait.

Le plus douloureux fut de constater avec horreur qu’il ne me rendait pas mon étreinte. Les mains dans les poches, c’était comme si je n’étais pas là. Mes yeux brillaient et des larmes, désireuses de s’évader de mes paupières, me brûlaient, contrastant affreusement avec la flamme en moi qui venait de rendre l’âme.

Mon cœur se brisait et les miettes s’éparpillèrent, s’envolant ici et là avec la brise chaude d’été. Le choc de la réalité.

Le cours commença et tout se passa comme d’habitude. On riait, on se cherchait, sa main cherchait la mienne, et j’en oubliais cette étreinte non rendue. Peut-être n’était-ce qu’un mauvais moment sans importance.

Le soir, je rentrais, rassurée, sachant que je m’étais fait des idées. Je respirais à nouveau. La boule s’était défaite.

Avant de manger, je décidai de lui envoyer un message : « Demain faudra qu’on parle ». Il devenait nécessaire qu’on ait une conversation au sujet de Katie… J’avais besoin de lui dire à quel point le voir avec elle m’affectait. Pas de cachotteries, c’était ce qu’on s’était promis.

J’avais donc décidé de réunir tout mon courage et de lui dire que… je suis un peu jalouse…

J’étais allée manger je ne sais même plus quoi. En revenant, je lus son nom sur mon écran. J’étais rassurée qu’il me réponde. Je retombais amoureuse, encore. Je déverrouille mon appareil. Des papillons dans mon estomac.

Et je vois le début du message : « Toute façon fallait que je te dise ». Je serre les dents. À quoi il joue… J’ouvre la conversation.

« De toute façon fallait que je te dise, c’est pas contre toi des une fille très bien mais faut qu’on arrête enfaite le problème c’est que je n’ai plus trop de sentiments pour toi et en plus je suis sur un projet que je dois réussir et cela me déconcentre puis il me reste plus qu’une année à la Réunion donc je vais passer un maximum de temps avec mes potes »

Je regarde l’heure mais les chiffres sont flous. Mes yeux sont embués de larmes. Mon cœur se brise. À nouveau. Cette fois-ci, ce message le piétine. Je n’arrive plus à trouver mon souffle.And he kill the butterfly...

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