Chapitre 32
Les deux jeunes gens empruntèrent une volée de marches et débouchèrent sur une galerie discrète qui faisait le tour de la salle de réception.
- Tu peux observer sans être vu, glissa Rowan, qui avait saisi l’anxiété du mage sans qu’il ait besoin de se confier. Prends le temps de t’y habituer, puis nous irons saluer ma mère.
Daniel hocha la tête et se pencha légèrement sur la balustrade pour admirer le peuple qui évoluait dans la pièce.
Il reconnut certaines espèces citées par sa mère : les elfes aux oreilles pointues et les fae aux ailes translucides, ou encore les démons à l’aura sombre, ou les anges à la complexion et aux cheveux si clairs qu’ils paraissaient blancs.
D’autres lui étaient inconnues.
- Les êtres mi-homme mi-chèvres sont des satyres, le renseigna Rowan.
Son regard doré parcourait les couples qui discutaient, buvaient ou dansaient. Daniel s’attarda sur son visage, admirant ses longs cils et son nez légèrement de travers.
Il se détourna à la seconde où il sentit le loup se tourner vers lui et se reconcentra sur l’assemblée. Une estrade attira son attention.
Armée d’une canne, Dame Elowen y siégeait, assise avec élégance dans un fauteuil confortable. Les couples se succédaient pour la saluer.
- Tu te sens prêt ?
Le mage prit une lourde inspiration pour chasser au mieux l’angoisse qui lui serrait le cœur et acquiesça.
- Allons-y.
Descendant l’escalier, Rowan et Daniel parvinrent au bord de l’estrade.
Le premier guida le second vers Dame Elowen, dont le visage s’éclaira à la vue du mage tout intimidé qui tentait de se dissimuler en se faisant tout petit.
Elle se leva avec enthousiasme.
- Mon petit !
Des murmures se firent entendre. Qui était donc ce jeune mage que la Matriarche accueillait avec tant de chaleur ?
Le garçon en question aurait voulu disparaître dans un trou de souris, mais l’hôtesse remarqua son trouble et fit signe à l’orchestre de jouer, ce qui lança les couples sur la piste.
- Tu es ravissant.
Dame Elowen se recula pour mieux l’admirer. Du bout de sa canne, elle lui fit signe de tourner sur lui-même.
- Ce cher Auriel a fait des merveilles, tout autant que Lydia.

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