Chapitre 37
Il se contenta d’un pantalon cargo kaki sur lequel il enfila un t-shirt noir basique et une paire de baskets de même couleur.
- Je dois retrouver mon carnet.
Déterminé à joindre Rowan pour lui demander son assistance, il se glissa hors de la chambre et s’aventura dans les immenses couloirs, dans lesquels il erra pendant dix longues minutes sans croiser personne.
- Vous cherchez quelque chose, Monsieur ?
Il se retourna vers la jeune femme au chignon tiré aux quatre épingles, les mains croisées sur son tablier blanc, vêtue d’une robe rouge sombre.
- Vous savez où est Rowan ? C’est la première fois que je dors ici, je crois que je me suis perdu.
Un éclair de compréhension passa sur le visage rond de l’employée.
- Vous êtes l’ami du jeune maître, Monsieur Daniel, n’est-ce pas ?
- Oui, mais inutile de m’appeler Monsieur.
- C’est le protocole.
- Oh.
- Je suis désolée, je me doute bien que ce n’est pas très confortable, mais ce sont les règles, argumenta-t-elle, l’air désolé.
- Ce n’est pas grave.
- Maître Rowan prend son petit déjeuner ; si vous voulez le rejoindre à la cuisine…
- Avec plaisir.
Il emboîta le pas et trottina à sa suite. Ses talons claquaient régulièrement sur le sol, avec un rythme presque dansant qui mit le sourire aux lèvres du garçon.
Ils empruntèrent une volée de marches, traversèrent une grande salle à manger, puis elle poussa la porte devant lui.
Confortablement assis à table, Rowan s’engouffrait un steak saignant accompagné d’une énorme assiette de frites.
— Monsieur Daniel vous recherchait, jeune Maître.
Il s’essuya rapidement la bouche et se leva.
- Merci, Rosa. Tu peux vaquer à tes occupations.
La servante s’inclina et disparut dans un froufrou de tissu et un claquement de talons. Daniel sourit au jeune homme.
- Bien dormi ? s’enquit ce dernier, l’expression inquiète.
La froideur de la veille avait disparu. Daniel se remémora la désagréable nuit passée et afficha un sourire poli.
- Ça va. Et toi ?
- Pas très bien.
Il n’eut pas l’air de vouloir s’étendre sur le sujet, et le mage n’était pas prêt à écouter les cauchemars des autres.
- J’ai une requête.
- Tu as faim ? Sers-toi.
- Non. Tu te souviens de mon carnet ?
- Pas vraiment. Quel carnet ?
- Je l’ai égaré. J’ai besoin de toi pour le retrouver.

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