Chapitre 41
Un murmure indistinct tira Daniel d’une confortable quiétude. Il s’étira et cligna des yeux. Une lueur bleue l’obligea à refermer les paupières.
- Tu es réveillé, commenta une voix inconnue.
Il s’étira de nouveau et grimaça. Son corps était courbaturé.
- Doucement, jeune homme.
Il observa en silence le visage sérieux qui se penchait sur lui : des yeux d’un bleu si clair qu’ils paraissaient translucides, une peau pâle, de longs cheveux blancs.
Il tenta de se redresser, et les longues mains fines de l’ange — du moins supposait-il que c’en était un — l’aidèrent à se positionner.
Ce n’est qu’à cet instant qu’il réalisa qu’il se trouvait entouré d’un halo bleuté. Celui-ci l’enveloppait comme une sphère d’énergie.
Il eut un mouvement de recul paniqué, mais la lumière provenait de lui-même.
- Tout va bien, mon garçon, le rassura la créature en blouse d’hôpital.
- Non, non, non, rétorqua Daniel d’une voix angoissée. C’est quoi ce bordel ?
- Ta magie s’est déclenchée de façon… inattendue. Je suis parvenu à te stabiliser, tu es hors de danger.
- Danger ?
- Tu es en sécurité, intervint une voix grave et familière.
Accoudé à la chambranle de la porte, les bras croisés sur la poitrine, Rowan lui sourit avec douceur.
- Uriel est spécialisé en magie du soin. Tu es entre de bonnes mains.
Daniel souffla avec frustration et serra le poing.
- Est-ce que quelqu’un va enfin me dire ce qu’il s’est passé, putain ?
Les deux hommes échangèrent un coup d’œil. Le loup-garou s’avança et vint s’asseoir à ses côtés, sur le bord du lit.
- Tu te souviens de quelque chose ?
Les mains sur les tempes, le mage se concentra et tenta de se remémorer les événements précédents.
- J’étais au Fil d’Auriel. J’ai récupéré mon carnet et je crois que… je me suis évanoui, non ?
- Oui.
- Pourquoi ?
- Eh bien…
Rowan sembla éprouver quelque difficulté à choisir ses mots.
- Tu as vingt et un ans. C’est tard, d’un point de vue magique, pour découvrir ses pouvoirs. Cela signifie que tu avais en toi une grande réserve d’énergie accumulée. Tu l’as libérée d’un seul coup, sous la pression de la peur, je suppose, et ton corps n’a pas supporté le choc.

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