Chapitre 51
Attention : mutilation, violence.
Daniel remonta les pieds contre lui sur la banquette et enfonça son dos dans la paroi gauche pour être face à son compagnon de route.
- De quelle putain d’impression tu parles ? lâcha-t-il d’une voix tendue.
- Eh bien…
Rowan fronça les sourcils et effectua un geste de la main vers le genou du garçon qui recula.
- Tu n’es pas content ?
- Ça ne se voit pas ?! explose le mage. Je ne veux surtout pas être le centre de l’attention ! Ça va forcément m’attirer des ennuis !
- Pourquoi tu dis ça ? s’étonna le loup-garou.
- Les gens vont-
Sa voix s’étrangla dans sa gorge et il ne put réprimer un sanglot. Il griffa ses avant-bras dans une tentative désespérée de garder son calme.
- Vont ? interrogea doucement son vis-à-vis.
- Me…Me…Faire du mal…Je suis plus en sécurité…Dans un coin…Invisible…
Il éclata en sanglots désordonnés, et son cœur se mit à battre la chamade.
Soudain les bras du loup-garou furent autour de lui et l’attirèrent dans une étreinte ferme et protectrice.
Il fit glisser sa main le long du dos secoué de hoquets du mage en murmurant des mots réconfortants.
Enveloppé dans sa chaleur, Daniel se calma doucement, et la panique laissa place à une fatigue lourde. Il sentit ses paupières se fermer et ses membres s’engourdirent et il se laissa glisserd dans l'inconscience.
Daniel était assis sur une chaise de bois solide et inconfortable. Il tenta de se lever pour quitter la cave humide et l’odeur de renfermée qui remplissait ses narines, mais ses mains étaient liées au dossier.
Il se débattit pour se défaire des cordes qui le serraient trop fort mais il ne réussit qu’à blesser ses poignets qui lui brûlèrent.
- Tiens-toi tranquille, intima une voix graveleuse, aux intonations de fumeur.
Une bouteille de whisky à moitié vide à la main, Mark Weren tituba vers lui.
- Laisse-moi partir, supplia le garçon en larmes.
Le vieux eut un rire macabre qui s’étouffa dans une toux malsaine. Il cracha par terre avant d’avaler cul sec le reste d’alcool doré.
- On m’a dit que tu avais été insupportable.
- Je n’ai rien fait !
Un poing percuta sa pommette qui se fendit sur le coup et sa tête bascula en arrière. Un liquide chaud lui coula sur le visage et il sentit le goût salé du sang sur ses lèvres sèches.
- Ne parle que quand je te le dis, vermine.
L’homme fracassa sa bouteille vide contre le mur et se saisit d’un morceau de verre brisé.
- Je vais te faire assez mal pour que tu t’en souviennes, sourit-il sadiquement.
Il appliqua le tesson au bras nu de Daniel qui hurla.

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