Entre leurs silences - version 1.1

2 minutes de lecture

La chaleur de la nuit collait à la peau comme une caresse lente. L’air tiède glissait dans la pièce, lourd, presque humide, et chaque respiration semblait soulever les seins, les lèvres, les regards, comme si les corps eux-mêmes commençaient déjà à se répondre.

Claire avait laissé son verre sur la table sans y penser. Ses doigts l’avaient abandonné au moment précis où son attention se posait ailleurs, sur la bouche d’Aline, sur la douceur de sa nuque, sur cette manière qu’elle avait de respirer un peu plus lentement quand quelqu’un la regardait trop longtemps.

Aline sentait ce regard.

Ses yeux revenaient vers Claire comme attirés par une chaleur invisible. Ils glissaient sur ses lèvres, sur son cou, puis plus bas, là où le tissu suivait la rondeur de ses seins à chaque inspiration.

Et Maya…

Maya observait les deux avec cette lenteur tranquille qui appartient aux gens qui savent déjà ce qui est en train de naître.

Le silence devenait épais.

Pas un silence sage.

Un silence chargé de peau, de souffle, de désir qui se cherche.

Claire s’est approchée.

La distance entre elles s’est effondrée comme si les corps avaient décidé à leur place.

Sa main s’est posée dans la nuque d’Aline. Ses doigts se sont enfoncés doucement dans ses cheveux, et la chaleur de cette paume contre sa peau a fait courir un frisson lent le long de son dos.

Aline a fermé les yeux.

Son souffle est devenu plus profond.

Derrière elle, Maya s’est rapprochée à son tour. Sa poitrine frôlait presque son dos maintenant, et la chaleur de son corps passait déjà à travers le tissu.

Sa main s’est posée sur l’épaule d’Aline.

Une paume chaude.

Lente.

Vivante.

Claire a levé les yeux vers Maya.

Un regard.

Un accord.

Aline se trouvait entre elles, entourée de deux présences, deux chaleurs, deux respirations qui glissaient contre sa peau.

Claire a laissé ses doigts remonter le long de sa joue. La pulpe de ses doigts a suivi la ligne de sa mâchoire, puis la courbe de son cou.

La peau d’Aline s’est tendue sous cette caresse.

Maya s’est penchée.

Sa respiration chaude a frôlé la tempe d’Aline avant de glisser lentement vers son cou. Chaque souffle faisait frissonner la peau.

Aline a laissé échapper un soupir.

Un soupir qui ne cherchait plus à se cacher.

Les doigts de Claire ont glissé le long de son bras, puis se sont arrêtés sur sa taille, épousant la chaleur douce du corps sous sa paume.

La pièce respirait avec elles maintenant.

La chaleur.

Les peaux.

Les souffles.

Tout devenait plus proche.

Plus lent.

Plus intense.

Le monde extérieur n’existait plus.

Seulement ces trois femmes.

Trois respirations qui se répondaient.

Trois corps qui comprenaient parfaitement ce qui était en train de se passer.

Et dans cette nuit tiède, il suffisait d’un regard, d’une main qui s’attarde, d’un souffle partagé…

pour que le désir trouve sa place.

Sans un mot.

Juste…

entre leurs silences.

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